Wovogu Anglican Primary School, Tamale: Jamila Yakubu (6) and her sister. Caption: Helen Palmer/Oxfam
Le gouvernement ghanéen a investi un cinquième de son budget national pour l'éducation.

L’Allemagne au Ghana : financement de l’enseignement primaire gratuit pour tous

Données clés:

  • Le Ghana a aboli tous les frais de scolarisation en école primaire et a augmenté son soutien financier aux écoles.
  • Depuis, plus de 1,2 million d’enfants supplémentaires ont pu aller à l’école, ce qui équivaut à deux fois la population de Francfort.
  • En 2006, le Ghana a mis de côté un cinquième de son budget total pour le consacrer à l’éducation.

Près de la moitié de la population du Ghana vit avec moins d’un dollar par jour. Au Ghana, 1 enfant sur 10 meurt avant son cinquième anniversaire. Au Ghana, 4 hommes et femmes sur 10 ne savent ni lire ni écrire et ces dernières années seulement 62 % des enfants en âge d’aller à l’école primaire étaient scolarisés. Toutefois, le gouvernement ghanéen, avec l’aide de l’Allemagne et d’autres donateurs, est en train d’intervenir et cela est suivi d’effets.

En 2003, le gouvernement ghanéen a annoncé qu’il abolirait tous les frais de scolarisation en école primaire et fournirait à chaque école une petite subvention pour chaque élève, afin d’aider à couvrir les coûts et à encourager davantage d’enfants à aller à l’école. Comme recommandé par la Campagne Mondiale pour l’Éducation, le gouvernement ghanéen a récemment consacré plus d’un cinquième de son budget national à l’éducation. Toutefois, les seules ressources nationales ne suffisent pas et le programme a été soutenu par des pays riches comme l’Allemagne, qui a fourni 19,6 millions d’euros d’aide directement au gouvernement ghanéen entre 2004 et 2006. L’aide fournie de cette manière, et contrôlée afin de garantir transparence et obligation de rendre des comptes, peut être utilisée pour payer les salaires des enseignants, construire des écoles et financer les subventions octroyées aux écoles pour chaque élève inscrit.

Quels ont été les effets ?

Pendant la première année, le nombre d’enfants en âge d’aller à l’école primaire et effectivement scolarisés a augmenté de 62 à 69 %, et sur deux années scolaires, 1,2 million d’enfants supplémentaires ont pu aller à l’école au Ghana. L’inscription des filles a progressé plus que celui des garçons après avoir stagné au cours des deux années précédentes, ce qui est fondamental puisqu’il est prouvé que les filles qui ont reçu une éducation ont moins de risques de contracter le virus HIV et gagnent plus d’argent lorsqu’elles occupent un emploi. Les inscriptions ont augmenté dans les autres pays qui ont supprimé les frais de scolarisation et rendu l’éducation gratuite pour tous : en Ouganda, les inscriptions à l’école primaire ont augmenté de 4 millions entre 1997 et 2000 ; au Kenya en 2003, elles ont progressé de 1,3 million ; et en Tanzanie, les inscriptions ont plus que doublé en atteignant 3 millions.

Toutefois, malgré ces progrès, le nombre d'enfants ghanéens en âge d’aller à l’école primaire et qui ne sont toujours pas scolarisés est estimé à 150.000 ; ceci équivaut plus ou moins à la population de Heidelberg. Le pays connaît également une pénurie d’enseignants correctement formés ; en 2004, seulement 56 % des enseignants actuels au Ghana avaient reçu une formation complète. Dans de nombreux cas, on attend de ces professeurs qu’ils s’occupent simultanément d’un nombre d’élèves allant jusqu’à 100 voire plus. Le nombre de salles de classe au Ghana est également insuffisant. Pour répondre aux besoins éducatifs de tous, le nombre de nouvelles salles de classe devant être construites est estimé à plus de 1000 par an pendant 4 ans.

Quelles sont les prochaines étapes ?

  • L’Allemagne et les autres pays riches doivent accroître le montant de l’aide qu’ils fournissent directement au gouvernement ghanéen, pour que le Ghana puisse atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en termes d’éducation, en recrutant plus d’enseignants et en construisant davantage de salles de classe. En 2006, l’Allemagne a donné au Ghana environ 1 euro sur 5 de cette manière.
     
  • L’aide est également nécessaire pour financer des améliorations essentielles pour la qualité de l’enseignement et s’assurer que les taux de réussite seront élevés. L’enseignement primaire pour tous est à la portée du Ghana et avec l’aide continue des pays riches, cet objectif pourra être atteint dans un futur proche.

 Autres exemples:

 

L’Italie au Mozambique : investissement dans la santé

 

Le Royaume-Uni au Népal : aide en faveur de la santé maternelle et des soins médicaux gratuits