Mariam. Photo : Lalage Snow/Oxfam
Mariam, membre d'un conseil de la paix de la ville de Charikar

Afghanistan : la paix, pas à pas

“Ces petites solutions peuvent être appliquées aux plus hauts niveaux.”
Mariam
Membre d'un conseil de la paix de la ville de Charikar

Dans un pays ravagé par trois décennies de guerre, la paix est une denrée rare et précieuse. En Afghanistan, où une génération entière n’a connu que la guerre, la violence et l’instabilité, la paix reste fragile.

Dans un petit lotissement à une heure de Kaboul, un groupe d’hommes et de femmes se sont réunis avec la volonté de changer les choses. Ils ont l’espoir de voir une génération d’Afghans qui pourra grandir dans un pays sans conflit ni violence, et qui pourra régler les problèmes qui affectent la vie quotidienne de la population. Ici, sous la houlette d’un formateur d’une organisation partenaire d’Oxfam, l’AWSDC (Afghan Women Skills Development Centre – Centre pour le développement des compétences des femmes afghanes), ce groupe apprend compétences et stratégies de résolution des conflits et de consolidation de la paix. Des connaissances qu’ils partagent ensuite avec leurs communautés.

Ensemble, ils forment l’un des conseils de paix de la ville de Charikar, dans la province de Parwan. Ce Conseil fait partie d’un réseau de 130 conseils soutenus par Oxfam en Afghanistan. En se réunissant et en échangeant sur les conflits et violences auxquelles leurs communautés sont confrontées, les conseils trouvent des solutions pour régler les différends et assurent une médiation. 

Un pays las de la guerre

Peace council

Ces groupes sont essentiels pour le développement futur de l’Afghanistan. Dans ce pays déchiré par la guerre, la violence s’est insinuée dans toutes les dimensions de la vie des communautés.

Mariam* appartient à ce conseil de paix depuis trois ans et sait à quel point ces conseils sont importants, et peuvent aider les communautés locales. « Nous avons connu trois décennies de guerre en Afghanistan, et tous les systèmes ont été détruits, ainsi que la paix. Il n’y a de paix pour personne en Afghanistan, affirme-t-elle. Au cours de ces années, les gens ont souffert de la guerre et ils ont soif de paix. »

La paix doit bien commencer quelque part

Les différends au sein de communautés peuvent sembler insignifiants au regard du conflit qui secoue le pays, mais ces discordes locales peuvent souvent générer des violences, contribuant ainsi à l’insécurité générale du pays. Ainsi, appréhendée à un niveau local, la résolution des conflits peut contribuer à amener la paix dans tout l’Afghanistan.

Dans un pays où les vies et les moyens d’existence ont été détruits par la guerre, la paix doit bien commencer quelque part. « Nous travaillons avec les familles et les membres des communautés. En agissant comme intermédiaires, nous pouvons résoudre les conflits. Nous commençons par des petites solutions pour de petits conflits, explique Mariam. Nous faisons de notre mieux pour apporter la paix dans les régions où nous travaillons : des conflits familiaux, fonciers ou liés à la distribution des ressources en eau. Nous parvenons à rétablir la paix. Ces petites interventions peuvent en fin de compte contribuer à une paix plus large. »

Mariam est persuadée que ces petites solutions peuvent être appliquées aux plus hauts niveaux, tant que les Afghans sont au cœur des processus de réconciliation et de construction de la paix.

Des conseils mixtes et féminins

Dans la province de Parwan, il existe à la fois un conseil mixte et un conseil de femmes. Mariam est membre des deux. Dans certaines régions, où il n’existe pas de conseils de paix mixtes, des conseils exclusivement féminins sont créés. La participation des femmes au processus de construction de la paix est essentielle. Il ne peut tout simplement pas y avoir de paix si la moitié du pays est incapable de participer à sa construction.

Mariam n’a aucun doute sur le fait qu’une communauté en paix est la clé d’un changement réel et durable dans la vie et les conditions de vie des Afghans ordinaires. « Nous voulons vivre, et sans paix il n’y a pas de vie pour nous. C’est pourquoi nous devons essayer d’amener la paix », insiste-t-elle.

* Pour des raisons de sécurité, son nom a été modifié

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