Mme Suri est membre d'un des deux groupes des femmes dans la région établi avec l’assistance d'Oxfam. Photo : Josephine Imelda/Oxfam
Les groupes de femmes permettent de générer des revenus alternatifs.

Indonésie : les groupes de femmes et la flambée des prix alimentaires

Tunda Island est une communauté isolée d’un peu plus de 1.000 habitants, au large de la pointe nord-ouest de Java, à deux heures et demie en bateau du continent. Parmi les habitants de cette île, beaucoup sont des pêcheurs, de petits agriculteurs et des propriétaires de boutiques. Avec la hausse mondiale du prix des denrées alimentaires, la vie des populations pauvres de cette région isolée de l’Indonésie est devenue de plus en plus difficile.

Au cours des six derniers mois, le prix du riz a augmenté ici de plus de 50 %, passant de 3.500 roupies (environ 19 pence) par litre en décembre 2007 à 5.300 roupies (environ 29 pence) en avril 2008. Sur l’île, le travail est très irrégulier : les gens peuvent gagner entre 15.000 et 20.000 roupies (entre 1,40 et 1,75 $) par jour. Ainsi, en considérant qu’une famille moyenne utilise entre 2 et 3 litres de riz par jour, il est facile d’imaginer l’impact de ces hausses de prix.

« Lorsque j’étais petite, le riz coûtait 500 roupies par litre, et puis il a augmenté jusqu’à 700 roupies », déclare Madame Suri, une veuve de 50 ans, mère de sept enfants. « Le prix le plus élevé avait été de 1.500 (environ 8 pence) pendant la crise financière de 1998. Je n’aurais jamais pu imaginer que ce prix grimperait jusqu’à 5.300 roupies. »

La hausse du prix des denrées alimentaires a provoqué une peur généralisée parmi les habitants de l’île. « Les prix continuent de grimper », déclare Madame Sutihat, une mère de 23 ans. « Alors nous essayons de nous nourrir en fonction de notre budget. Pour faire des économies, nous remplaçons le poisson par du « tempeh », un gâteau à base de soja fermenté. »

Madame Sutihat est membre de l’un des deux groupes de femmes de la région, mis en place avec l’aide d’Oxfam. Ces groupes fournissent aux femmes d’autres sources de revenus, pour qu’elles puissent subvenir aux besoins de leur famille lorsque leur mari ne parvient pas à gagner d’argent grâce à la pêche. Ces groupes ont mis en place de petites épiceries et les commerçantes vendent des boulettes de viande et des jus de fruits.

« D’abord, le prix du riz a augmenté, et ensuite ce fut le tour du kérosène et de l’huile pour la cuisine », déclare Madame Sutihat. « Peu de temps après, tous les prix ont également augmenté, y compris la farine de sagou, la farine de blé, le sucre et les oignons. À chaque fois que je suis allée faire des courses sur le continent, tous les prix avaient augmenté. Cela a été pour moi un terrible casse-tête. » En même temps, le prix du kérosène (utilisé pour la cuisine et comme carburant pour les bateaux) a également augmenté de 2.500 à 4.500 roupies par litre.

Pour les propriétaires des boutiques, le prix élevé de certains produits signifie qu’elles vendent d’autres produits que les gens ont toujours les moyens d’acheter. « Nous n’arrivons pas à vendre l’huile pour la cuisine ou la farine de blé car cela est trop cher. Alors, nous ne vendons que les produits essentiels et abordables pour les habitants de Tunda, comme le kérosène, le gasoil et le riz », déclare Madame Sutihat.

Ici, personne ne peut échapper aux effets de la hausse des prix alimentaires. « Nous espérons simplement que les choses iront mieux bientôt », déclare Madame Suri.