Oxfam International travaille avec des organisations partenaires locales somaliennes pour fournir une assistance vitale à plus d’un demi-million de personnes. Crédit: David Levene/Oxfam
Oxfam International travaille avec des organisations partenaires locales somaliennes pour fournir une assistance vitale à plus d’un demi-million de personnes

Analyse approfondie: la crise humanitaire et l’insécurité en Somalie

“La Somalie est considérée comme l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires”

La situation humanitaire en Somalie se détériore à un rythme alarmant. Depuis le début de l’année, le nombre de personnes dans le besoin en Somalie a augmenté de 77 % atteignant 3,25 millions de personnes, soit près de la moitié de la population somalienne.

Quatre facteurs principaux alimentent la crise humanitaire en Somalie :

  • La sécheresse et les inondations : Dans le centre de la Somalie, une importante sécheresse de plus en plus grave et étendue engendre depuis de nombreuses années des récoltes au rendement inférieur à la normale car de nombreuses cultures essentielles ne parviennent pas à pousser. À cause de cela, de nombreuses communautés rurales ont perdu les moyens de subsistance dont elles dépendaient. Dans le sud de la Somalie, des inondations se sont produites le long des deux principales rivières, contraignant les populations à fuir et détruisant leurs plantations.
  • L’hyperinflation: Le prix des produits alimentaires et non-alimentaires a atteint son plus haut niveau, et à cause de cela de nombreuses communautés urbaines et rurales ont du mal à acheter les produits de base nécessaires à leur survie (nourriture, eau, logement, etc.). Le prix de certains produits a même augmenté de 1 600 % alors que les populations les plus pauvres de Mogadiscio survivent avec des revenus aussi bas que 1,70 dollar par mois.
  • L’insécurité: L’ONU a décrit le niveau d’insécurité actuel en Somalie comme étant le pire jamais connu par ce pays depuis le début des années 1990. La population somalienne continue d’être prise entre deux feux puisque les parties opposées se battent toujours pour prendre le contrôle des zones stratégiques. Depuis le début de l’année 2008, le nombre de civils tués suite à la guerre en Somalie est estimé à au moins 9 000. Toutes les parties impliquées dans le conflit ont été accusées de crimes de guerre.
  • Un accès terriblement limité: Pour les agences d’aide comme Oxfam International, l’accès aux populations ayant désespérément besoin d’assistance est terriblement limité en raison de l’extrême insécurité et des attaques de plus en plus nombreuses contre les travailleurs humanitaires. La Somalie est considérée comme l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires. Cette année seulement, plus de 30 d'entre eux (principalement des Somaliens) ont été tués en Somalie et plus de 20 ont été enlevés. Actuellement, les agences comme Oxfam International font ce qu’elles peuvent mais pas ce qu’elles veulent, dans leurs tentatives pour lutter contre cette crise humanitaire qui se creuse de manière incontrôlable.

Oxfam International est extrêmement préoccupé par la situation en Somalie, craignant une aggravation dans les mois qui viennent. Nous appelons la communauté internationale à concentrer son attention sur cette crise de toute urgence et nous demandons à toutes les parties engagées dans le conflit de respecter leurs obligations envers la population somalienne, en lui garantissant de pouvoir accéder à l’aide dont elle a désespérément besoin.

Oxfam intervient sur place

Malgré ces difficultés, Oxfam International travaille avec des organisations partenaires locales somaliennes pour fournir une assistance vitale à plus d’un demi-million de personnes vulnérables dans l’ensemble du pays.

Des repas chauds pour les populations vulnérables de Mogadiscio

En travaillant avec plusieurs partenaires, Oxfam International soutient un programme « d’alimentation liquide » à Mogadiscio, fournissant plus de 60 000 repas chauds par jour aux personnes restées dans la capitale somalienne. En seulement un an, le programme a distribué plus de 14 millions de repas à ceux qui ont dû rester dans la ville, c’est-à-dire les populations les plus pauvres qui n’ont pas les moyens d'échapper aux violences quotidiennes.

Fourniture d’eau et de services sanitaires à l’un des plus grands camps d’Afrique pour personnes déplacées


Nous aidons à fournir de l’eau à 200 000 personnes déplacées vivant dans des conditions de vie terribles à Afgooye, juste en dehors de la capitale Mogadiscio. En partenariat avec des organisations locales, Oxfam a aidé la communauté locale à obtenir de l’eau potable, construit des latrines et éduqué la communauté locale pour une hygiène sûre.

Reconstruction des moyens de subsistance dans le centre de la Somalie


Dans le centre de la Somalie, Oxfam a travaillé avec deux partenaires locaux pour aider à reconstruire les moyens de subsistance des populations vulnérables qui ont tout perdu suite à la crise que traverse leur pays. Oxfam a fourni des outils et des semences aux populations pour faciliter les travaux agricoles, et a secouru les populations les plus vulnérables, comme les femmes et les enfants, en leur donnant de l’argent.

Intervention dans les régions touchées par la sécheresse en Somaliland


Oxfam a travaillé avec 70 000 pasteurs dans 30 communautés pastorales pour lutter contre les causes profondes de la pauvreté et de la vulnérabilité de ces communautés en Somaliland. Nous travaillons avec les communautés pastorales pour atténuer certains des problèmes pratiques auxquels elles sont confrontées, comme le manque d’eau, de soins médicaux et d'enseignement.

Développement des capacités des ONG somaliennes

Oxfam investit dans un projet unique visant à former des ONG locales dans toute la Somalie pour leur permettre d'intervenir face aux menaces que rencontrent leurs communautés, comme la sécheresse, les conflits/la violence, et les inondations. Oxfam a formé 25 organisations somaliennes locales à un grand nombre de compétences en cas d’urgence, y compris aux normes mondiales pour les interventions urgentes, aux systèmes d’alerte rapide, à la sensibilité aux conflits, à la sensibilisation sur l’égalité entre hommes et femmes, au lobbying et aux médias.