Inondations au Pakistan : Oxfam distribue des trousses d'hygiène
L’objectif d’Oxfam : livrer de l’aide à plus d’un million de personnes

Inondations au Pakistan : Questions fréquentes

Voici des réponses aux questions les plus fréquentes que nous avons reçues concernant les inondations au Pakistan.

Qu’est-ce que je peux faire pour aider ?

Nous avons un appel pour $31 millions US pour que notre personnel déjà sur place au Pakistan puisse étendre nos efforts de secours. Nous projetons de fournir de l’aide humanitaire à plus d’un million de personnes. Nous sommes attentifs à chaque don pour s’assurer qu’ils fassent une véritable différence pour les personnes qui en ont désespérément besoin.

Faites un don

Je voudrais vous aider. Est-ce que peux travailler avec vous comme bénévole ?

C’est une bonne nouvelle que gens veuillent aider le peuple pakistanais. Actuellement, nous avons surtout besoin de personnel expérimenté qui possède les connaissances techniques dont nous avons besoin sur le terrain. Si vous voulez vraiment nous aider, la meilleure chose que vous pouvez faire c’est de faire un don aux organisations reconnues comme Oxfam qui pourront en faire bon usage. Vous pouvez donner par l’intermédiaire de notre site Web ou à d’autres organisations.

Que peuvent faire les commerces pour aider ?

Ils peuvent faire un don à notre appel ou fournir des biens appropriés dans le pays même. Toute notre aide doit être approuvée pour s’assurer qu’elle est équitablement produite et provient de sources locales. Nous n’apportons par avion que des fournitures que nous ne pouvons pas nous procurer localement ou dans la région.

Quelle a été la réponse des donateurs internationaux jusqu’à présent ?

Les donateurs ont tardé à réagir de manière aussi importante que l’ampleur du désastre , mais la situation commence à s’améliorer en quelque sorte., Environ 70 pourcent (presque $300 millions) de l’appel de l’ONU ($460 millions) ont été promis (au 26 août). Nous exhortons les donateurs à transformer leurs engagements en argent comptant aussi vite que possible.

Il faut noter aussi que l’appel de l’ONU a été élaboré dans les jours suivant immédiatement la crise, alors l’étendu du désastre commençait à peine à être connue. On estime que le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire directe a sensiblement augmenté depuis, et l’appel sera bientôt actualisé. Il ne faut pas comprendre « 70 pourcent des fonds » comme « 70 pourcent des besoins réels de financement » même pour ces trois premiers mois. Il en faut beaucoup plus, encore. En plus, des milliards seront nécessaires pour la reconstruction à plus long terme.

Pourquoi les donateurs ont-ils été si lents à répondre ?

Il y a plusieurs éléments là-dedans :

  • Le Pakistan a déjà beaucoup reçu : Beaucoup de donateurs ont fait des contributions importantes d’assistance humanitaire au Pakistan au cours des années, surtout en réponse aux déplacements liés aux conflits des deux dernières années. Nous craignons que certains donateurs aient le sentiment d’avoir contribué. Mais c’est un fait que le peuple pakistanais a été frappé de façon répétée par des désastres et se trouve donc doublement vulnérable. C’est une raison de plus pour donner.
  • Le moment est mal choisi : Ce désastre frappe à un mauvais moment, à la suite de la crise financière et du tremblement de terre en Haïti. Bien des donateurs ont pris des grands engagements pour Haïti et pourraient difficilement financer un désastre de plus, surtout pendant la même année fiscale.
  • Le type de catastrophe : les catastrophes attirent des niveaux différents d’attention et de financement selon leur type. Les catastrophes subites comme les tsunamis et les séismes ont typiquement suscité des dons plus importants que les désastres plus lents à se déclarer comme les sécheresses et les inondations. Le nombre de morts relativement bas peut également expliquer pourquoi les donateurs ont tardé à réaliser l’ampleur de la crise.
  • Le manque de confiance dans le gouvernement : Il est possible que les critiques portées sur la gestion de la crise par le gouvernement ait affecté la réponse des donateurs. Certains donateurs ont exprimé des inquiétudes concernant la disposition des fonds d’assistance.
  • Les liens avec le terrorisme : Enfin, certains suggèrent que les liens du Pakistan avec le terrorisme affecte la disposition des gens à donner. Nous avons du mal à le croire.

Que fait-on pour tous ces gens privés d’aide et des secours gouvernementaux ?

L’accès est un défi énorme, mais le gouvernement travaille beaucoup pour dégager et réparer les routes, et de nouvelles zones redeviennent accessibles chaque jour. Dans les deux derniers jours, notre personnel a pu rejoindre plusieurs communautés dans le haut Swat qui n’étaient pas accessible avant, au fur et à mesure que les eaux reculent et les routes sont remises en état. L’aide arrive, malgré les difficultés. Nous avons pu atteindre plus de 375.000 personnes pendant les premiers quatre semaines.

Cela dit, l’ampleur du problème est vaste, et nous n’avons pas pu atteindre des communautés, surtout dans le haut Swat. Nous avons toujours besoin du soutien de la communauté internationale de toute urgence, afin de pouvoir faire face aux contraintes d’accès et que nous puissions faire en sorte telle qu’aucune communauté reste sans aide.

Que fait le gouvernement du Pakistan ?

Le gouvernement est à la tête de la réponse au désastre avec le déploiement d’opérations de sauvetage et de secours. L’Autorité nationale de gestion des désastres affirme avoir fourni presque 100.000 tentes et bien d’autres choses. Le gouvernement est également responsable de la coordination des camps, des opérations de recherches et de secours aux sinistrés, et de l’évacuations des personnes vers des zones hors danger. Le gouvernement fournit aussi aux secours des douzaines d’hélicoptères.

Bien que le gouvernement fasse de son mieux pour répondre au désastre, les autorités de gestion des désastres sont surchargées à tous les niveaux – district, provincial, national. Un soutien supplémentaire de la communauté internationale est nécessaire de toute urgence, pour que les autorités puissent organiser leur réponse avec compétence.

La préparation était-elle suffisante ? Saviez-vous que les inondations arrivaient ?

Oxfam travaille avec les communautés depuis des années pour qu’elles se préparent aux catastrophes en développant des systèmes d’avertissement précoce, et en les aidant à s’adapter aux changements climatiques grâce à desinitiatives aussi simples que des maisons sur pilotis. Après les inondations, nous avons constaté que dans toutes les communautés où nous avions mis en place ces dispositifs, les gens sont restés chez eux au début, tant que les inondations étaient à un niveau bas ou moyen. La plupart de ces communautés ont dû partir par la suite, mais grâce aux bons systèmes d’avertissement en place, les évacuations se sont effectuées dans ont été fait dans le calme.

Le gouvernement a lui aussi un plan national de réponse aux désastres et a beaucoup travaillé, surtout ces dernières années (depuis le séisme) pour renforcer les systèmes de réponse national et provincial. Cependant, il s’agit ici de la pire inondation de mémoire d’homme, avec des villages entiers submergés. L’ampleur de cette inondation est sans précédent et aucun système de gestion de désastres n’aurait été suffisant.

Ces inondations au Pakistan, les pires depuis 80 ans, ne sont-elles pas une indication de l’impact du changement climatique sur notre planète ?

Les inondations au Pakistan ne peuvent pas être attribuées directement au changement climatique, mais des inondations générées par des pluies plus intenses comme celles-ci sont tout à fait cohérentes avec les prévisions de temps extrêmes en raison du changement climatique. Elles illustrent le genre d’événements que nous pourrions anticiper, plus fréquents et plus sévères au fur et à mesure que le changement climatique s’accélère.

Néanmoins, des désastres comme celui-ci nous rappellent clairement l’impact du changement climatique sur les personnes les plus pauvres au monde. Pendant que les nations développées continuent à traîner les pieds pour parvenir dans les négociations sur le climat à un nouvel accord, juste et contraignant, on peut déjà calculer le coût en vies humaines. Les gouvernements doivent faire des progrès à Cancun en décembre prochain – surtout en s’accordant sur le sfinancements pour aider les communautés vulnérables à s’adapter au changements climatiques et anticiper les catastrophes.

L’aide pourrait-elle être détournée par des organisations extrémistes ?

Nous n’avons eu vent d’aucun cas de détournement de l’aide au profit d'organisations extrémistes. La plupart de l’aide est canalisée par les ONG locales et internationales, des agences de l’ONU et le gouvernement du Pakistan.

Vous travaillez avec des partenaires locaux. Comment pouvez-vous être sûrs qu’ils ne soient pas corrompus ou que l’argent ne soit pas détourné ?

Nous avons une longue histoire et expérience de collaboration avec des organisations locales. Nous surveillons et évaluons constamment nos efforts pour nous assurer que l’aide est fournie de manière équitable et responsable. Nous procédons à de soigneuses vérifications avant daccepter toute organisation comme partenaire, et nous avons des processus bien établis de comptabilité.

Et le gouvernement pakistanais ? Comment les donateurs peuvent-il s’assurer que leurs fonds arriveront là où on en a besoin au lieu d’être siphonnés pour finir dans les poches de fonctionnaires corrompus ?

Nous n’avons eu vent d’aucun cas de détournement de fonds d’assistance vers les poches de fonctionnaires corrompus. Il faut noter que le gouvernement lui-même a redirigé des ressources importantes vers les efforts de secours et a suspendu des dépenses de son budget de développement, déjà maigre. En plus, seulement une portion de l’aide internationale passe par le gouvernement – actuellement, environ 25 pourcent. C’est aux donateurs de choisir ce qu’ils font de leurs fonds. Notre expérience au Pakistan et ailleurs montre que l’argent donné directement aux ONG arrive plus vite aux populations.

Est-ce que l’augmentation de l’aide réduira le soutien des Talibans ? Et réduira les périodes d’instabilité ? Devrions-nous plaider pour une aide allant dans ce sens ?

Non, nous ne devrions pas. Le but de l’aide humanitaire devrait être d’alléger la souffrance et réduire la pauvreté, et c’est dans ce but que les gouvernements agir. Si l’assistance humanitaire se mêle à des objectifs politiques et militaires, alors l’aide sera donnée pour de mauvaises raisons et d’une manière erronée, et souvent mal dirigée. Par exemple, des zones considérées comme sensibles l’extrémisme pourraient bénéficier d’aides au détriment de celles qui en ont le plus besoin. Il est vrai que le développement peut aider à réduire une possible instabilité. Et pourtant, cibler une région pour cette raison pourrait en fait exacerber des tensions existantes associée à la négligence historique ou à la marginalisation.

En savoir plus

L’intervention humanitaire d’Oxfam dans les inondations au Pakistan

La position d’Oxfam concernant la livraison d’aide par les forces armées (en anglais)

Mis à jour le 26 août 2010.