Oxfam se porte à la défense des droits des Masai et les aide à faire face à la hausse des prix. Nous contribuons à la construction de greniers qui sont exploités par des comités d'anciens. Credit: Caroline Irby/Oxfam
Les comités utilisent un fonds de caisse pour acheter des céréales en vrac à bas prix.

Tanzanie: Appuyer les moyens de subsistance des pasteurs Masaï

Les sécheresses à répétition, ainsi que la hausse des prix des aliments et du carburant ont durement frappé les pasteurs Masai en Tanzanie. Une banque de grains mise sur pied par Oxfam joue un rôle déterminant dans une collectivité du Ngorongoro, en Tanzanie.

Les sécheresses à répétition, ainsi que la hausse des prix des aliments et du carburant ont durement frappé les pasteurs Masai en TanzanieClimat de plus en plus imprévisible

Les pasteurs Masai du nord de la Tanzanie sont parmi les gens les plus marginalisés du pays. Ils vivent souvent dans des régions en proie à la sécheresse et à des catastrophes, et le bétail constitue leur moyen de subsistance. Or, l'imprévisibilité du climat, conjuguée à des pluies successives fortes peu abondantes, ont affaibli les animaux au point qu'ils ne peuvent plus donner de lait, de sang et de viande. Comme leur bétail est trop faible, les Masai doivent se nourrir de gruau fait à partir de céréales dont le prix est très élevé.

Prix des aliments de base à la hausse

Le prix des aliments de base comme le maïs a grimpé de 136 % en Tanzanie, à cause de l'augmentation du prix du carburant et des sécheresses. Dans les régions éloignées, les prix sont plus élevés qu'ailleurs. Un contenant de 25 kg de grains de maïs, soit la quantité nécessaire à une famille de cinq personnes pour une semaine, coûte jusqu'à 10 000 shillings de Tanzanie, environ le double du prix de janvier 2008. Pour nourrir leurs enfants, les femmes Masai ont dû vendre leurs ornements traditionnels fabriqués avec des perles, souvent des objets de famille et des cadeaux de mariage, à des touristes dans des hôtels safaris de la région.

Pour nourrir leurs enfants, les femmes Masai ont dû vendre leurs ornements traditionnels fabriqués avec des perles, souvent des objets de famille et des cadeaux de mariage, à des touristes dans des hôtels safaris de la région.Tourisme : un facteur aggravant

Les effets de la hausse des prix sont aggravés par le tourisme. Plusieurs communautés Masai ont perdu l'accès à des sources d'eau, monopolisées par les hôtels, et sont départies de leur droit de cultiver leurs terres traditionnelles. Comme elles n'ont pratiquement pas de poids politique, leurs moyens de subsistance traditionnels sont menacés.

Greniers à céréales

Oxfam se porte à la défense des droits des Masai et les aide à faire face à la hausse des prix. Nous contribuons à la construction de greniers qui sont exploités par des comités d'anciens. Les comités utilisent un fonds de caisse pour acheter des céréales en vrac à bas prix au moment des récoltes. Les villageois peuvent par la suite, malgré les fluctuations des prix au fil de l'année, s'approvisionner en céréales à un prix plus stable et inférieur.

Résultats

Cette mesure permet aux Masai de payer leurs provisions hebdomadaires de maïs 7 000 shillings au lieu de 10 000 shillings. Et elle a des retombées connexes : elle réduit considérablement le fardeau des femmes, et améliore la santé de la population. Certaines femmes devaient parcourir au moins 120 km, avec des ânes, deux fois par mois pour s'approvisionner en céréales. Elizabeth Lemakanga déclare : « Ce voyage était très fatiguant. Nous devions dormir à la belle étoile et nous devenions malades. » Oxfam continuera d'aider à protéger les Masai contre la flambée des prix et les chocs climatiques et, ainsi, à préserver leur mode de vie d'une génération à l'autre.

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