Terrain d'un future ferme éolienne, Afrique du Sud. Photo : Thys Dullaart/Oxfam

Oxfam et le changement climatique

Changement climatique, conférence des Nations unies, développement international... Pour mieux comprendre les enjeux, retrouvez ici nos réponses à quelques unes des questions les plus fréquemment posées.

Le climat est en train de changer à l’échelle mondiale. L’eau potable est plus difficile à trouver, des habitations sont ravagées et le nombre de personnes souffrant de la faim ne cesse d’augmenter. Le changement climatique nous affecte tous, mais ce sont les populations des pays en développement qui sont touchées en premier et le plus durement.

Si les enjeux liés au changement climatique sont considérables, les opportunités le sont tout autant. En nous attaquant au changement climatique et en réduisant la pollution atmosphérique, nous pouvons conférer aux communautés démunies les moyens de continuer à se développer sur un modèle de développement faible en carbone.

Quels sont les enjeux ?

Les effets du changement climatique sont complexes. Qu’ils se produisent brutalement ou bien progressivement, ils touchent presque toujours les populations pauvres en premier, et le plus durement. Mais les responsables politiques mondiaux n’ont pas encore fait preuve du courage et du leadership dont nous avons besoin pour trouver une solution juste.

  • Les réductions volontaires des émissions de gaz à effet de serre proposées par les gouvernements nous entraîneraient, collectivement, vers un réchauffement de la planète de l’ordre de 3 à 4 degrés supplémentaires, soit un niveau catastrophique ;
  • Les pays d’Afrique sub-saharienne risquent, en raison du changement climatique, d’accuser une baisse catastrophique de leur rendements agricoles de 20 à 30 % d’ici à 2080, baisse qui pourrait même atteindre 50 % au Soudan et au Sénégal ;
  • Selon de récentes estimations, seulement 10 % des fonds que les pays en développement reçoivent pour lutter contre le changement climatique sont affectés au financement de l'adaptation ;
  • En Afrique, bon nombre de personnes, et surtout des femmes, dépendent pour leur survie de la nourriture que leur fournissent leurs propres cultures. Mais le climat changeant a un effet dévastateur sur leurs récoltes. L’évolution du schéma des précipitations, des sécheresses plus longues et plus sévères, les inondations et la hausse des températures, représentent de réels défis pour les agriculteurs, qui ont de plus en plus de mal à identifier le moment propice pour faire leurs semis, cultiver ou récolter leurs cultures. 

La COP 17

Lors du Sommet des Nations unies sur le climat qui s'est déroulé en décembre 2011 à Durban, en Afrique du Sud, les gouvernements avaient enfin l'occasion de prendre plusieurs mesures qui semblaient évidentes et tout à fait réalisables :

  • Maintenir le Protocole de Kyoto en vie : la première étape du Protocole de Kyoto, l’accord mondial en vigueur pour lutter contre le changement climatique, arrive à son terme. Il s’agit du seul cadre de travail légalement contraignant. Il doit se poursuivre pour une deuxième période, qui servira de tremplin à un accord mondial juste, ambitieux et contraignant sur le climat ;
  • Montrer l’exemple : les pays développés doivent augmenter leurs objectifs de réduction d'émissions, pour parvenir à un niveau d’émissions de 40 % inférieur à celui de 1990 d’ici à 2020 ;
  • Convenir de mécanismes pour lever les 100 milliards de dollars par an pour financer le Fonds vert qui aide les pays en développement à lutter contre le changement climatique. Il y a de réelles possibilités de réaliser des progrès cette année, avec notamment l’établissement de deux nouvelles sources de fonds, une taxe sur les émissions mondiales produites par le transport maritime et une taxe sur les transactions financières. Cet argent devrait être dépensé à part égale pour atténuer les effets négatifs du changement climatique et pour aider les communautés à trouver des moyens de s’adapter à la réalité du changement climatique. 
  • Établir ce fonds et le rendre opérationnel, en plaçant les besoins et les droits des femmes au centre de ses préoccupations, et distribuer les fonds en fonction des besoins identifiés par les pays en développement eux-mêmes et non de façon imposée.

Oxfam est convaincu que le changement climatique est un problème mondial qui nécessite une solution mondiale – un accord des Nations unies qui soit équitable aussi bien pour les pays riches que pour les pays pauvres. Nous demandons pour cela le soutien des dirigeants mondiaux.

Résultats ? L'accord conclu à Durban met en œuvre un fonds dépourvu de sources de financement, ménage une étroite marge de manœuvre pour éviter les 4 °C de réchauffement et adopte une seconde période d'engagement du protocole de Kyoto mais sans la participation de certains membres clés. 

Pour en savoir plus, lire le blog L'accord sur le climat laisse les populations pauvres sur le carreau et voir la vidéo Après la COP 2011, le combat contre le changement climatique continue

Le coût de l’inaction

Selon l’Agence internationale de l’énergie, chaque année de retard d’investissement dans des sources d’énergie à faible intensité de carbone représenterait à l’échelle mondiale entre 300 et 400 milliards supplémentaires d’euros.

  • Le niveau de la mer sera probablement plus élevé de 30 à 70 centimètres d’ici à 2100 qu’il ne l’était au début du siècle. La hausse du niveau de la mer causée par le réchauffement de la planète sera susceptible de toucher environ 150 millions personnes vivant dans les zones côtières de faible altitude, entre autres dans certaines des plus grandes métropoles du monde ; 
  • Selon les estimations des scientifiques, il y aura d'ici à 2050 un milliard de personnes déplacées à cause du climat, et une personne sur 45 qui en sera victime ;
  • D’ici à 2030, le changement climatique causera de manière indirecte la mort d’un million de personnes chaque année et infligera 157 milliards de dollars de dommages, selon les estimations présentées dans le cadre des négociations des Nations unies ; 
  • Il faudra deux fois plus d’eau pour nourrir 3 milliards de personnes supplémentaires, ce qui pourrait impliquer une réduction de 18% dans la disponibilité mondiale de l’eau destinée à la production agricole d’ici à 2050. 

Pourquoi les Nations unies ?

Les négociations des Nations unies sur le climat sont peut-être lentes et parfois imparfaites, mais elles sont d’une importance capitale. La lutte contre le changement climatique nécessite une ampleur, une action collective et des engagements financiers qui ne peuvent être atteints qu'au niveau mondial. Le processus des Nations unies ne résoudra pas la situation en un tour de main. C’est un processus de longue haleine. Et c’est le bon processus. Nous ne pouvons pas espérer des solutions éclairs, mais nous pouvons et nous devons espérer des résultats concrets.

En savoir plus

Lire le blog CULTIVONS pour en savoir plus sur l'action d'Oxfam face au changement climatique et des exemples concrets de réussites

Pour suivre Oxfam au sommet de Durban : www.oxfam.org/climat

Permalink: http://oxf.am/oJE