FRUSAN : les ouvrières vérifient que les prunes n'aient pas de coups, des fentes et soient parfaites pour être exportées.
Dans le secteur de la cueillette de fruits, 75 % des femmes travaillent plus de 60 heures par semaine

L’histoire des cueilleuses de fruits chiliennes

Le Chili est fier d’être l’un des pays les plus ouverts au monde. Il a signé 47 accords de libre échange, dont un avec les États-Unis. L’économie du Chili connaît une croissance générale mais ce succès s’obtient en payant le prix fort.


L’argent supplémentaire ne parvient pas aux populations les plus pauvres ; en fait, les accords les ont plongées dans un état de pauvreté plus avancé. Même s’il y a plus d'emplois temporaires, la qualité de ces emplois n’est pas élevée.


Dans l’industrie agricole, le Chili exporte des produits comme le raisin (pour le vin), les fruits et le saumon. Les bénéfices générés par cette industrie finissent dans la poche d’entreprises transnationales alors que les femmes qui travaillent dans les champs gagnent moins que le salaire minimum et sont privées de droits dans le domaine du travail. Le commerce qui s’est créé au Chili a permis aux grosses entreprises de se remplir les poches et a donné lieu à une augmentation de l’insécurité pour des millions de travailleuses.


Rosa Palleres travaille pour un groupe d’ouvrières agricoles temporaires à Andacollo au Chili : Elle raconte son histoire…


« Imaginez cela : un conteneur de raisin se vend 200.000 dollars, mais où sont les dollars pour celles qui travaillent ? Nous sommes payées un salaire de misère. Il existe un salaire minimum mais ils ne le paient pas aux ouvrières agricoles. Si les Européens savaient ce qui arrive aux travailleuses ici… est-ce qu’ils voudraient de nos produits ? En théorie, les accords de libre échange exigent que les travailleuses se portent bien et qu'elles aient des droits. Mais nous trouvons que les accords de libre échange au Chili n’ont pas du tout renforcé nos droits. Nous continuons à nous appauvrir. Les hommes d’affaires s'enrichissent et les travailleuses s’appauvrissent, dans tous les sens du terme : économiquement, spirituellement, moralement ; nous sommes dégradées à tous les niveaux. »


Dans le secteur de la cueillette de fruits, 75 % des femmes travaillent plus de 60 heures par semaine pendant la haute saison, en contrat temporaire, et un tiers des femmes ne gagnent même pas le salaire minimum. La moitié de ces femmes n'ont pas de contrats et ne bénéficient donc pas de système de santé pour les prendre en charge si elles tombent malades.


« Une ouvrière agricole ne prend pas de vacances car elle serait licenciée immédiatement ; elle devrait aller ailleurs et n’aurait pas les moyens d’acheter de quoi se nourrir. La situation est très difficile. On observe beaucoup d’injustice dans tout le pays… J’ai l’impression d’être perdante…


Nous sommes toutes perdantes, le gouvernement ne fait pas preuve de transparence. Si les choses ne changent pas, tout ce qui nous reste, à nous les travailleuses, est de se faire exploiter pendant que d'autres récoltent tous les bénéfices.

 

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