Angeela Wassel et Freshta porte-paroles d’Afghanistan  où la campagne : «  Nous pouvons faire Campagne » n’a pas encore était officiellement lancée. Crédit Annie Bungeroth/Oxfam
La microfinance aide les femmes Afghanes.

Afghanistan: Les petits crédits font une grande différence pour les femmes afghanes

“Elles semblent être complètement différentes, elles ont plus confiance en elles et vous pouvez constater à quel point elles sont enthousiastes et motivées.”
Nasima Sahar
Chargée des questions hommes-femmes, Oxfam au Badakhshan

Assise par terre dans son magasin, Alam mesure avec précision un kilo de blé pour son voisin. Avec l'aide d'Oxfam et d'autres femmes de son village, Alam a créé son propre commerce il y a six mois.

« Avant, je dépendais de mon mari, mais maintenant je gagne mes propres revenus, » dit-elle, le sourire aux lèvres.

Alam est membre d'un groupe d'entraide dans le petit village de Shar-i-Buzurg dans la province du Badakhshan, dans le nord de l'Afghanistan. Dans le cadre d'un vaste programme sur les modes de vie ruraux financé par Oxfam Canada et l'Agence suisse pour le développement et la coopération, Oxfam a mis en place, dans 10 villages, des groupes d'entraide destinés aux femmes.

Circulation des prêts et Apprentissage

Chaque groupe comprend en moyenne 20 femmes et reçoit 300 dollars en prêt sur fonds de roulement, avec pour objectif d'aider les femmes à démarrer leur propre entreprise. Oxfam offre aussi une formation et un soutien continu pour aider les femmes à gérer leur entreprise.

Alam est l'une des trois premières femmes sélectionnées par les membres du groupe pour démarrer son propre commerce. Elle a récemment fini de rembourser son emprunt et le groupe est maintenant en train de sélectionner les prochaines femmes qui bénéficieront de ces prêts.

« Nous soutenons chacune les entreprises des autres, » ajoute un autre membre du groupe. « Dès que j'ai besoin d'acheter quelque chose, je me rends dans le magasin d'une des autres femmes. »

Alam confie que son mari était initialement réticent à l'idée de voir sa femme commencer son propre commerce. Mais il a vu le succès que le magasin connaît, et il est devenu l'un de ses fervents supporteurs.

« Mais si mon mari a besoin de quelque chose dans le magasin, il doit payer, comme tous les autres clients, » dit Alam en riant.

Tenter sa chance

Le Badakhshan, une province majoritairement rurale avec peu d'infrastructures, connaît l'un des taux de pauvreté les plus élevés de tout l'Afghanistan. Les sécheresses persistantes signifient que de nombreuses familles ne mangent pas à leur faim dans les années de vaches maigres et que le niveau de malnutrition est élevé chez les femmes et les enfants car leur régime est peu varié et manque d'aliments riches en vitamines.

En outre, les femmes du Badakhshan doivent traverser des épreuves encore plus importantes. Cette province est considérée comme l'un des pires endroits au monde pour donner naissance : sur 100 000 naissances vivantes, 6 500 femmes décèdent ; de plus, seule une femme sur cinq est alphabétisée. Les normes sociales particulièrement conservatrices limitent l'accès des femmes aux quelques cliniques qui emploient des docteurs de sexe féminin. Le mariage des filles dès l'âge de 12 ans est répandu, et peu de femmes adultes ont terminé leur éducation primaire.

Toutefois, Nasima Sahar, chargée des questions hommes-femmes pour Oxfam au Badakhshan, constate l'existence de quelques changements positifs.

« Lorsque j'ai commencé de travailler ici en 2002, les femmes hésitaient même à me dire leur nom parce qu'elles pensaient que cela jetterait le déshonneur sur elles et sur leur famille, » explique Nasima. « Maintenant, elles semblent être complètement différentes, elles ont plus confiance en elles et vous pouvez constater à quel point elles sont enthousiastes et motivées. »

La formation et le soutien des groupes d'entraide consistent entre autres à éduquer les femmes au sujet de la violence conjugale et du mariage des enfants. De plus, une formation sur la question des rôles hommes-femmes est aussi offerte à plus de 1 400 « vecteurs de changement » à travers le Badakhshan - des hommes et des femmes qui ont le pouvoir de changer les opinions et les attitudes, tels que les chefs religieux, les docteurs et les fonctionnaires du gouvernement.

Faire des progrès

Oxfam apporte aussi son appui à une organisation partenaire locale qui offre des cours d'alphabétisation à 450 femmes du Badakhshan et qui dirige un programme d'incitation dont le but est d'encourager les enseignantes établies dans la capitale de la province à s'installer dans des zones rurales plus reculées du Badakhshan.

« En l'absence d'enseignantes, de nombreuses familles hésitent à envoyer leurs filles à l'école, » ajoute Nasima. « Seules 70 filles étaient scolarisées avant que ne débute le programme d'incitation, alors qu'elles sont aujourd'hui plus de 1 100. »

Encouragé par ce succès, Oxfam élargit actuellement cette initiative afin d'inciter un plus grand nombre d'enseignantes à se réinstaller.

Bien qu'elle n’ait jamais eu la chance de finir son éducation primaire, Alam entretient de plus grands espoirs pour ces filles. « Je me suis mariée quand j'avais 12 ou 13 ans, » dit-elle. « Mais maintenant ma fille est à l'école secondaire et je ne la laisserai pas se marier tant qu’elle n'aura pas fini ses études universitaires et qu'elle n'aura pas au moins 22 ans! »

- Ashley Jackson

Histoire originale publiée par Oxfam Canada

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