Améliorer les moyens d’existence rurale en Haϊti

Notre correspondante Coco McCabe a rendu visite à la municipalité d’Anse-a-Veau dans la campagne haϊtienne.  Nos projets y créent des opportunités pour que les gens gagnent leur vie, renforçant ainsi le développement rurale en tant que clé de la reconstruction du pays.

Il y a quelques mois seulement, quelqu’un qui voulait des biens fabriqués—de l’huile végétale, des piles électriques, du spaghetti—devait traverser la Grande Rivière de Nippes et trouver son chemin pour sortir de cette municipalité dans le sud de Haϊti. Mais actuellement une petite boutique perchée au bord de la place centrale, a ouvert pour offrir aux habitants des produits de base difficiles à obtenir.

Cette boutique est soutenue par le Projet d’Assistance au Développement Local et à l’Agro-arboriculture de Nippes (PADELAN), une collaboration entre Oxfam et le Ministère de l’Agriculture.  Il utilise de l’argent provenant de l’Agence Canadienne du Développement International pour financer des projets que les comités de développement local ont identifiés comme prioritaires.

Pour Anse-a-Veau, la boutique était bien prioritaire—on en avait désespérément besoin.

A quelques portes plus loin, M. le maire Telisme Dutelien est assis derrière son bureau, dans une petite salle à la mairie. C’est la mi-mai, et là-dedans il fait sombre et étouffant.  Il n’y a pas de lumière, pas de ventilateur. Le générateur communal qui fournissait l’électricité est tombée en panne il y a un mois, explique Dutelien. Ce n’est que l’un des problèmes qui tourmente Anse-a-Veau ces dernières années, depuis que la population s’est mise à diminuer dans les années 1980 en tirant vers le bas la vitalité commerciale de la communauté.

Ce déclin est symptomatique de ce qui s’est passé à travers Haϊti: La capitale Port-au-Prince, centre d’opportunité a tiré des gens de la campagne pour des emplois, des écoles, une vie meilleure—ou sa promesse. Puis en janvier le désastre y a frappé. Un tremblement de terre a nivelé de grandes parties de la ville, tuant 230.000 personnes et agitant la nation jusqu’à la moelle. Cette calamité a mis en relief les désavantages de centrer sur un seul lieu étalé autant du sang (pour ainsi dire) qui faisait vivre le pays.

Maintenant on sonne de nouveau l’appel à la décentralisation, pendant longtemps un objectif national. Puisque les donateurs internationaux promettent des vastes ressources pour aider Haϊti à se reconstruire, quelles sont les démarches qu’il doit prendre pour répondre à cet appel ?

On peut trouver quelques idées dans les initiatives lancées par Oxfam avant le séisme—des programmes basés sur les besoins de la communauté tels qu’ils ont été exprimés par les gens qui y habitent. Ce sont des pas en avant petits mais sûrs, y compris la boutique à Anse-a-Veau. Ouverte depuis le mois de décembre 2009, elle fonctionne six jours par semaine, ses étalages remplies de lait en conserve, des biscottes, des allumettes et des lames de rasoir, répondant aux besoins domestiques que les agriculteurs locaux ne peuvent pas satisfaire.

 

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A propos de l’intervention d’Oxfam en Haïti 

Carte de l’intervention d'Oxfam en Haïti

Rapport d’Oxfam: Haïti : Une occasion unique de tout changer -- Recommandations pour la reconstruction équitable du pays