Photo: Tineke D'Haese/Oxfam

Les terres et ressources des communautés laotiennes ne sont pas des marchandises !

Le Laos est un pays riche en ressources naturelles, ce qui n'a pas échappé à ses voisins. Les IDE (investissements directs à l'étranger) dans les secteurs minier, hydroélectrique et agricole à grande échelle ont crû rapidement. Le gouvernement du Laos poursuit une stratégie visant à attirer des capitaux étrangers pour favoriser la croissance économique du pays et ainsi le sortir du groupe des « Pays les moins avancés (PMA) » d'ici 2020. Mais la ruée sur les ressources naturelles qu'entraîne cette politique risque d'exclure les populations les plus vulnérables, surtout les 70% des Laotiens qui vivent de la terre et de ses ressources. L'absence de structures démocratiques empêche un dialogue ouvert en matière de développement.

Oxfam appuie les femmes et les hommes des régions rurales du Laos dans l'exercice de leurs droits, notamment en matière d'accès et de contrôle en ce qui concerne les ressources naturelles, et leur capacité à cultiver des produits sains et nutritifs qui permettent de satisfaire les besoins alimentaires de leurs familles et du pays de manière durable. Parce que les partenariats renforcent nos actions, Oxfam appuie le “Land Issues Working Group” dans ses démarches de renforcement du contrôle social sur les terres, les forêts et les autres ressources naturelles.

Le “Land Issues Working Group” (LIWG) a été fondé en 2007 par un nombre d'ONG internationales craignant que le nombre croissant de projets d'exploitation des terres ait des effets négatifs sur les moyens de subsistance des populations vulnérables du Laos. Même s'il est vrai que l'investissement privé améliore l'accès aux services ou crée des emplois au niveau local, les paysans se voient dans le même temps interdire l'accès aux terres vendues par concession. Ainsi, ces investissements ouvrent la voie à une économie extractive qui, par sa nature-même, n'est pas durable. Le LIWG appelle à l'action immédiate pour renverser ce processus.

Les communautés accroissent leur contrôle sur les ressources naturelles

« Après la présentation, des membres de l'Assemblée nationale m'accostaient pour me dire qu'ils s'intéressent, eux aussi, aux problématiques foncières, mais qu'ils ne disposent pas du personnel, ni des ressources, ni des informations du terrain qui leur permettraient de gérer la situation. Ils savent maintenant que nous, en tant que membres de la société civile, pouvons les aider », raconte M. Hongthong, co-président du LIWG.

À ses débuts, le LIWG a été conçu comme une plateforme permettant d'échanger des informations sur des problématiques en rapport avec la terre et d'y apporter des réponses communes. Oxfam a rejoint le groupe dès le début et n’a eu de cesse de l'appuyer depuis. Aujourd'hui, le LIWG regroupe surtout des représentants d'organisations de la société civile locale et internationale, ainsi que des individus, dont le travail concerne les problématiques foncières.

Le LIWG développe des études, facilite le dialogue et récolte et diffuse les informations concernant les projets fonciers afin de promouvoir une prise de conscience de leurs effets économiques, sociaux et environnementaux. La recherche fondamentale et les études de cas servent à informer le pouvoir central de la situation au niveau local, afin de renforcer l'implication de la société civile dans les décisions foncières. Et ce, dans le but d'augmenter le contrôle des communautés rurales sur leurs ressources naturelles.

Prudemment, le LIWG a su engager le dialogue avec le gouvernement du Laos sur la problématique des terres. Récemment, le LIWG a organisé une session à l'Assemblée nationale concernant la terre, les eaux et l'énergie, où étaient présentées des études de cas démontrant que des entreprises, en violation des contrats, s'en prennent aux forêts vierges ou détruisent les propriétés villageoises. Plus de 200 membres de l'Assemblée nationale assistaient à cette session qui portait pourtant sur un thème délicat – un grand succès pour LIWG!

Dialogue politique et renforcement des communautés rurales

Pour le LIWG, cette session constituait une opportunité importante de renforcer les relations avec un grand nombre de membres de l'Assemblée.
“Le dialogue et les contacts dans les cercles politiques sont essentiels pour aboutir à des changements politiques et législatifs concernant la terre et les ressources naturelles. Ce sont deux atouts qui permettent à des organisations comme le LIWG de protéger les intérêts des peuple du Laos et promouvoir le contrôle des communautés locales sur les terres et ressources naturelles,” dit Dominique Van Der Borght, Directeur Pays pour Oxfam au Laos.

Ainsi, les organisations et les individus membres du LIWG se sont unis pour informer des villageois des lois en vigueur, ce qui leur permettra de protéger et de défendre leurs intérêts. Dans le même temps, ils pratiquent le plaidoyer sur les questions foncières au sein de la société civile, du secteur privé et parmi les acteurs du développement au Laos, comme par exemple le gouvernement ou encore l'Union européenne.

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