Un réfugié ougandais devenu hydraulicien pour Oxfam

“Beaucoup sont tristes et stressés ici, mais par expérience, je sais qu’ils ont un avenir. ”
ingénieur

Les combats qui ont éclaté récemment dans la ville de Kamango, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont contraint des milliers de personnes à passer en Ouganda. Au début de cet afflux, Richard Ochaya, un ingénieur ougandais qui habite à proximité, a reçu un appel de l’administration du district en pleine nuit : il fallait trouver de toute urgence une source d’alimentation en eau pour les réfugiés, le long de la frontière.
 
L’administration l’a ensuite envoyé travailler dans le centre de transit de Bubukwanga, où il a croisé le chemin d’Oxfam.

« Je cherchais des sites où stocker l’eau dans le camp quand j’ai rencontré Humphrey Marangu, ingénieur en santé publiquechez Oxfam, explique Richard. Il m’a demandé si je pouvais évaluer les lacunes dans l’approvisionnement de l’eau et nous avons commencé à travailler ensemble. »

De l’eau pour le repas

Richard travaille à présent pour Oxfam à l’installation de plusieurs réservoirs d’eau souples dans le centre de transit. « Quand je suis arrivé, il n’y avait pas assez d’eau pour la population, ce qui posait des problèmes. Partout, des enfants criaient parce que le manque d’eau retardait les repas et qu’ils avaient faim », se souvient-il.

En l’espace de deux jours, Oxfam avait installé trois réservoirs fournissant de l’eau pour la préparation des repas des réfugiés.

Il y a un avenir

Richard sait ce qu’est la vie de réfugié. À 15 ans, il est déplacé par l’insurrection de la LRA qui embrase le nord du pays et passe trois ans dans un camp de déplacés internes. Il en connaît donc les difficultés. « Beaucoup sont tristes et stressés ici, mais par expérience, je sais qu’ils ont un avenir. »

Richard emploie à présent cinq réfugiés principalement pour l’aider à préparer le terrain où seront placés les réservoirs, les conduites et les  rampes de distribution d’eau. « J’essaie de motiver les gars avec lesquels je travaille en leur disant qu’ils doivent contribuer aux infrastructures mises en place ici pour pouvoir se les approprier. Et travailler, rester occupépermet de soulager le stress des réfugiés. »

Aider les autres

Kulimu, l’un des réfugiés employés par Richard, témoigne : « Après avoir passé quelques jours ici sans travailler, je me sentais déprimé. Je n’ai pas l’habitude de rester à ne rien faire. À la maison, j’avais ma propre entreprise de charpente qui me permettait de subvenir aux besoins de ma famille. Un jour, j’ai abordé Richard sur un chantier de construction. J’ai demandé à pouvoir donner un coup de main et j’ai commencé à travailler le lendemain.

« Je suis si content de me lever chaque matin en ayant quelque chose à faire. Je ne dois pas rester à ressasser mes problèmes. Avec mon salaire, j’ai acheté des vêtements à mes enfants. Ma femme est ravie que j’aie du travail. Quand je traverse le camp, ça me réjouit énormément de voir les gens se servir en eau potable aux robinets. »

Chaque jour, plus de vingt réfugiés demandent du travail à Richard et, s’il n’en a pas à leur offrir, il s’efforce de les mettre en contact avec d’autres organisations humanitaires présentes sur le terrain et ayant besoin d’aide. « Les hommes avec lesquels je travaille se sentent respectés et gagnent un peu d’argent pour contribuer aux dépenses de base. »

L’intervention d’Oxfam

Oxfam s’efforce de fournir des installations d’alimentation en eau, d’assainissement et d’hygiène aux milliers de réfugiés (actuellement près de 17 000) vivant dans le centre de transit de Bubukwanga, dans l’ouest de l’Ouganda. Selon les estimations de la Croix-Rouge, les récents combats en RDC ont poussé environ 66 000 personnes à franchir la frontière avec l’Ouganda où beaucoup ont un besoin urgent de biens et de services de base. Oxfam fournit 80 000 litres d’eau par jour au centre de transit et a installé des réservoirs, des conduites et des bornes-fontaines pour offrir aux réfugiés un accès sûr à l’eau potable. En collaboration avec l’ONU et d’autres organisations humanitaires, Oxfam installe également des sanitaires et fait la promotion des bonnes pratiques en matière d’hygiène.


Texte: Grace Cahill y Dorah Ntunga. Photo: Grace Cahill/Oxfam

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