Bilhuda Ibrahim et sa famille. Crédit: Mubashar Hasan/Oxfam
Les enfants de Bilhuda Ibrahim sont déjà en train de tomber malade

Inondations au Pakistan : le combat d’une famille pour survivre

“Nous pouvons reconstruire notre maison mais cela prendra du temps.”
Bilhuda Ibrahim

Bilhuda Ibrahim et sa famille vivent entassés dans une seule tente montée dans un camp bondé où sont installés quatre mille autres survivants de la catastrophe.

Quatre semaines après que les eaux les aient contraints à partir de chez eux, elle ne peut toujours pas voir la fin de leur calvaire.

« Je ne sais pas quand nous pourrons rentrer chez nous », explique Bilhuda, cette mère de 35 ans et de six enfants, originaire de Mardan, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, au nord-ouest du Pakistan.

« Nous avons tout perdu. Notre maison est détruite, notre bétail est mort. Il ne nous reste que les vêtements que nous portions en fuyant la maison et ce que les gens nous ont donné depuis que nous sommes arrivés au camp. »

Elle sait pourtant qu'ils font partie des plus chanceux. Depuis leur arrivée au camp de la ville de Nowshera le 4 août dernier, ils ont pu s'abriter sous une tente et avoir accès à de l'eau salubre et de la nourriture. Elle est cependant extrêmement inquiète de ce que l'avenir réserve à sa famille.

Les maladies se propagent

Les enfants âgés de un à 18 ans sont déjà en train de tomber malade. La diarrhée se propage rapidement à travers le camp où les gens sont entassés les uns sur les autres. Une de ses filles a un bouton de moustique infecté, l'autre une infection à l'œil. Des maladies bénignes en temps normal mais depuis le 29 juillet, rien n'est plus normal pour les Ibrahim.

« Avant les inondations la vie était dure mais ça allait bien, » raconte Bilhuda. « On avait une maison à nous. Mon mari faisait du gardiennage pour une entreprise locale et on arrondissait les fins de mois avec le bétail. »

« Et puis la pluie s'est mise à tomber et le niveau du fleuve a monté. On n'avait jamais rien vu de pareil. On s'est levé pour la prière de cinq heures et nous n'avions jamais vu le niveau de l'eau aussi haut. Ensuite l'eau a envahi la maison et à midi nous savions qu'il fallait partir.

Le bureau de mon mari a aussi été emporté par les eaux donc il n'a plus de travail. Tout ce qu'il nous reste à faire c'est de rester dans le camp et attendre. Nous sommes reconnaissants de l'aide que nous recevons mais ici il fait constamment très chaud. Le matin on nous sert du thé et du pain et du curry le soir. A la maison on mangeait trois fois par jour et on buvait du thé toute la journée ! La nuit nous sommes huit à se partager deux lits de camp et quelques matelas en plastique. »

Inquiêts pour l'hiver

L'histoire des Ibrahim est commune à des millions de personnes victimes des inondations au Pakistan. Certaines survivent dans des camps mis en place par l'Etat, d'autres ont installé des tentes ou trouvé refuge où ils peuvent. D'autres vivent juste au bord des routes.

Bilhuda explique : « Nous pouvons reconstruire notre maison mais cela prendra du temps. Il n'y a plus d'eau ni d'électricité et les pièces sont couvertes de boue. Nous y allons tous les jours pour nettoyer et nous assurer que personne n'ait volé ce qu'il nous reste.

J'ai peur de l'hiver. Je pense qu'il nous faudra au moins deux à trois mois rendre notre maison habitable. Nous devons rentrer chez nous avant l'arrivée de l'hiver car nous n'avons pas de vêtements ou de literie adéquats. Que ferait-on si on devait vivre sous une tente ? On doit rentrer chez nous. »

Neva Khan, le directeur d'Oxfam au Pakistan explique : « Ces personnes ne veulent pas demander la charité. Ils veulent retourner dans leur village, rebâtir leur maison et reconstruire leur vie. Oxfam fait partie des organisations qui ne leur fournissent pas seulement de l'aide d'urgence à court-terme mais les ressources nécessaires au long-terme. Pour ce faire nous avons besoin de recevoir beaucoup plus d'aide de la part des donateurs et du public. »

En savoir plus

Faites un don à notre réponse d'urgence au Pakistan

Que fait Oxfam face aux inondations au Pakistan?

Inondations au Pakistan : La situation et la réponse d'Oxfam