Plus d'un million de réfugiés ont besoin d'eau, de nourriture, d'abris
Galerie de photos - Les inondations au Pakistan: Trois mois après
Trois mois après les inondations, le Pakistan est loin de voir la fin de la crise.
Oxfam a donc lancé un appel à la générosité des donateurs afin que le Pakistan reçoive des fonds en cette période difficile et pour aider les interventions d'urgence dans le sud du pays ainsi que les efforts de reconstruction dans les zones touchées par les inondations.
Trois mois après les inondations qui ont dévasté le Pakistan l'été dernier, les maladies se propagent et, dans la province de Sindh, la région la plus touchée, de nombreuses zones sont encore sous les eaux.
Dans la province de Sindh, au sud du pays, plus d'un million de personnes ont été déplacées, leur maison endommagées ou détruites. Des dizaines de milliers de familles qui s’étaient réfugiées dans les écoles doivent à nouveau déménager car les écoles rouvrent leurs portes.
Famida Ghancha, six enfants, est arrivée au camp d’urgence de Shabaz (province de Sindh), où travaille Oxfam. Elle et ses enfants ont dû quitter l’école où ils s’étaient réfugiés. « Ils ont voulu que nous partions pour pouvoir rouvrir les classes. Nous sommes arrivés hier soir. Nous ne pouvons pas rentrer chez nous car notre village est encore inondé. Ne plus avoir de toit est vraiment mon plus gros problème. Ici je n’ai aucune intimité. C’est humiliant de vivre ainsi.»
Une école de garçons inondée dans le Sindh. Avec l'hiver qui arrive, on craint l’augmentation des taux de malnutrition, de pneumonie et d’autres infections respiratoires. Depuis le début des inondations, 99 cas de choléra ont été confirmés et 78 cas de polio ont été signalés ce mois-ci, soit 26% de plus que l'an dernier.
Actuellement la population a besoin en urgence de nourriture et de matériel pour abris. Selon l'Organisation des Nations Unies, 10 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire d’urgence. Le manque de fonds est tellement grave qu’il risque même d’affecter les rations alimentaires de 3,5 millions de personnes.
Un groupe d’agriculteurs tente de sauver les récoltes. De vastes étendues de terre sont encore inondées et certaines communautés vivent toujours au cœur de ces zones. Par conséquent, de nombreux agriculteurs ne peuvent pas semer les cultures d'hiver. Le gouvernement pakistanais affirme même qu’il faudra six mois pour que l’eau se retire des zones les plus touchées.
Mohamad Razi, 19 ans, a emprunté pour acheter un tracteur et doit faire des remboursements mensuels. « J’espérais rembourser après les récoltes mais les cultures ont été détruites et il faudra du temps avant de pouvoir replanter. Mon tracteur sera peut-être saisi. C’est une vraie catastrophe. »
Hidayat Siyal, de Bubak, dans la province de Sindh, devra attendre des mois avant de retourner dans son village qui est toujours inondé. Elle s’est réfugiée dans le camp d’urgence de Sehwan Sharif du district de Jamshoro. « Nous sommes au chômage et n’avons pas d’argent. Habituellement nous cultivons les terres de notre propriétaire et nous sommes extrêmement endettés.»

