La hausse des prix alimentaires menace des millions de vies
Des millions de gens parmi les plus pauvres seront confrontés à de graves problèmes en raison de la forte hausse des prix alimentaires.
En effet, le système alimentaire mondial présente de sérieux problèmes que les décideurs politiques n'ont pas le courage de prendre en main, préférant miser sur les ressources bon marché qu'ils ont tenues pour acquises pendant 30 ans. Mais cette époque est désormais révolue.
Les pays en développement et leurs habitants les plus pauvres doivent s'attendre à subir les lourdes conséquences de la hausse des prix du maïs, du soja et du blé.
Les populations fragiles, partout dans le monde, qui vivent déjà sous le seuil de pauvreté ou s’en approchent, seront les premières touchées par la hausse et la volatilité des prix. Près d’un milliard de personnes n’ont déjà pas les moyens de se nourrir. La hausse des prix alimentaires viendra donc, à terme, menacer la vie de millions d'individus qui parviennent encore à s'en sortir pour l’instant. La baisse continue des stocks de maïs est elle aussi inquiétante. Ils atteignent aujourd'hui leur plancher record depuis six ans.
L'histoire se répète et continuera à se répéter tant que les problèmes fondamentaux à l'origine de la famine d'un milliard de personnes ne seront pas résolus.
- Nous devons cesser de gaspiller les aliments et de les brûler sous la forme d’agrocarburants pour nos camions et nos voitures.
- Nous devons lutter contre le changement climatique, l’accaparement des terres et la spéculation.
- Nous devons renforcer nos stocks de nourriture et favoriser un investissement intelligent dans les petites entreprises agricoles pour une agriculture durable.
Note d’information d’Oxfam sur la hausse des prix et les crises alimentaires (PDF, 251KB)
Plus d’informations sur la flambée des prix alimentaires
Comment la hausse des prix affecte déjà les populations :

Au Sahel, la production de céréales a baissé de 26% par rapport à l'an dernier. Les stocks sont à un niveau dangereusement bas. Les prix alimentaires sont jusqu'à 30 à 60% supérieurs à la moyenne des 5 dernières années (et même 90% dans le nord du Mali). La majeure partie de la population (60%) achète sa nourriture et y consacre plus de 80% de ses revenus. Dans une région où sévit une crise alimentaire à long terme, toute hausse des prix mondiaux s’avèrerait donc catastrophique.
La Bolivie risque d’être durement touchée par la hausse et l'instabilité des prix alimentaires mondiaux. Les Boliviens consomment de plus en plus de viande, de sucre et d'huile importés, tandis qu’1 million d'hectares des meilleures terres arables (soit 1/3 de l'ensemble des terres arables du pays) est maintenant utilisé pour la production agro-industrielle d'exportation, les terres les plus productives allant généralement au plus offrant sans se soucier de la sécurité alimentaire locale.
Au Brésil, les données du Secrétariat national de la défense civile indiquent que 1 123 villes sont en état d'urgence – soit 8,3 millions d'habitants de 9 états de la région semi-aride – suite à la pire sécheresse que le pays ait connue au cours des 30 dernières années. L'ONG Articulação do Semiárido (ASA) estime que la sécheresse pourrait se poursuivre jusqu'en 2013. La Conab (Compagnie nationale d'approvisionnement) estime que la production céréalière de 2012 sera en baisse.
Le Mexique a connu une « crise de la tortilla » suite à une hausse des prix de 25%, entre 2005 et 2007, de la galette de maïs, principale source de calories de nombreux Mexicains pauvres. Le prix de la tortilla a encore augmenté de 52% entre 2007 et juin 2012. Aujourd'hui, le Mexique est confronté à une double catastrophe : une forte sécheresse affecte 40% du pays – ce qui tend à accroître sa dépendance vis-à-vis des importations – et la flambée des prix internationaux est imminente.
Il y a vingt ans, le Guatemala était en situation d'autarcie alimentaire. De nos jours, en raison d'un sous-investissement chronique dans l'agriculture locale et d'une libéralisation rapide des échanges, le Guatemala est devenu très dépendant du maïs, riz et soja américains et dépendant à 100% du blé américain. Près de 80% des terres sont aux mains d'une élite qui représente 8% de la population, pour la plupart des producteurs commerciaux.
La moitié de la population du Yémen, pays le plus pauvre du Moyen-Orient, vit avec moins de 2 dollars par jour. 10 millions (44% du pays) ne mangent pas à leur faim, 5 millions ont besoin d'une aide urgente et 267 000 enfants risquent de mourir de malnutrition. Des familles sont contraintes de vendre leurs biens, sautent des repas, dorment pendant la journée pour tromper la faim, marient leurs filles jeunes pour avoir une bouche de moins à nourrir.

