La position défendue par l’Union européenne dans les discussions sur le commerce est intenable

Publié le : 17 Mars 2006

Lundi se tiendra à Bruxelles une conférence des Ministres des affaires étrangères qui débattra de l’avancée des négociations à l’OMC. En prévision de cette réunion, l’agence internationale Oxfam a demandé à l’Union européenne de revoir sa position dans les débats sur le commerce mondial. Si elle ne change pas radicalement sa position, l’Union européenne condamnera à un échec certain les discussions sur le commerce mondial.

Lundi se tiendra à Bruxelles une conférence des Ministres des affaires étrangères qui débattra de l’avancée des négociations à l’OMC. En prévision de cette réunion, l’agence internationale Oxfam a demandé à l’Union européenne de revoir sa position dans les débats sur le commerce mondial. Si elle ne change pas radicalement sa position, l’Union européenne condamnera à un échec certain les discussions sur le commerce mondial.


La semaine dernière, suite à la divulgation d’une lettre signée par 13 Etats membres de l’Union européenne, Oxfam a qualifié d’ « intenable » la position défendue par l’UE au cours des négociations à l’OMC et a mis en garde contre le fait qu’aucun accord favorable aux pays en développement ne sera possible cette année à moins que des changements importants aient lieu.

« Il est stupéfiant de constater à quel point certains Etats membres sont intransigeants et prônent la politique du « deux poids, deux mesures ». La France, l’Italie et d’autres pays insistent pour que l’UE adopte une position forte et défensive au cours des débats sur l’agriculture, tout en contraignant de nombreux pays en développement à ouvrir leurs marchés industriels et de services. Cette division montre que d’importants Etats membres européens n’avaient aucunement l’intention de négocier un Cycle du développement. Seuls les intéressaient les profits qu’ils pourraient obtenir », a déclaré Luis Morago, directeur du bureau d’Oxfam International à Bruxelles.

« Il faut à présent faire preuve d’une véritable capacité politique à prendre les choses en main. La conférence de lundi offre une belle opportunité aux Etats membres qui n’ont pas signé la lettre de s’engager en faveur d’un véritable Cycle de développement. S’il n’y a pas de nouvelles propositions, l’Europe abandonne en réalité la partie ‘développement’ du Programme de Doha », a ajouté Morago.

La lettre a été signée par 13 Etats membres, notamment la France, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et la Pologne. Elle a été envoyée aux Commissaires européens au commerce et pour l’agriulture, respectivement Peter Mandelson et Mariann Fischer Boel, avant la conférence de l’OMC à Londres fin de semaine passée. Elle mettait les Commissaires en garde contre le fait que la proposition européenne « épuisait », voire « allait bien au-delà » de la marge de manœuvre dans les domaines de l’accès au marché agricole et de soutien national.

La lettre soulignait également que si les pays en développement n’offraient rien de plus dans les secteurs de l’industrie et des services, l’Union européenne reviendrait alors sur les offres qu’elle avait faites  pour l’agriculture.

Morago : « Il est tout simplement inacceptable que les Etats membres de l’Union européenne se servent des menaces comme de moyens de pression sur les pays en développement pour que ceux-ci fassent des concessions qui pourraient être extrêmement nuisibles à leurs économies ».

L’OMC a jusqu’au 30 avril pour décider d’une esquisse d’accord sur les nouvelles règles commerciales.
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Contacts

Louis Belanger, porte-parole d’Oxfam à Bruxelles, au + 32 2 502 0391 ou + 32 4 73 562 260