Les pays de l’UE montrés du doigt pour leurs déclarations à propos de l’aide au développement

Publié le : 30 Mars 2006

Bruxelles, 3 avril 2006 : La semaine prochaine, les Ministres des affaires étrangères de l’Union européenne débattront de la question fondamentale qui consiste à savoir si l’UE atteindra ses objectifs en matière d’aide au développement. En prévision de ces débats, les ONG ont critiqué l’attitude d’Etats membres importants de l’UE, comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui ont gonflé leurs chiffres concernant l’Aide publique au développement (APD). Les ONG avancent la preuve qu’un total de 12,5 milliards de dollars de l’aide officielle de l’UE ne correspond pas à des ressources nouvelles pour la réduction de la pauvreté, mais à l’annulation de la dette, « l’accueil » de réfugiés en Europe et la formation d’étudiants étrangers dans les universités européennes. Dans son exposé, la coalition formée d’organisations européennes et de plates-formes nationales représentant des centaines d’ONG à travers l’Europe*, a demandé aux gouvernements européens de tenir leurs promesses et exigé de nouvelles règles pour assurer que l’annulation de la dette ne se fasse pas au détriment d’une aide nouvelle pour les pays en développement.

Bruxelles, 3 avril 2006. La semaine prochaine, les Ministres des affaires étrangères de l’Union européenne débattront de la question fondamentale qui consiste à savoir si l’UE atteindra ses objectifs en matière d’aide au développement. En prévision de ces débats, les ONG ont critiqué l’attitude d’Etats membres importants de l’UE, comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui ont gonflé leurs chiffres concernant l’Aide publique au développement (APD). Les ONG avancent la preuve qu’un total de 12,5 milliards de dollars de l’aide officielle de l’UE ne correspond pas à des ressources nouvelles pour la réduction de la pauvreté, mais à l’annulation de la dette, « l’accueil » de réfugiés en Europe et la formation d’étudiants étrangers dans les universités européennes. Dans son exposé, la coalition formée d’organisations européennes et de plates-formes nationales représentant des centaines d’ONG à travers l’Europe*, a demandé aux gouvernements européens de tenir leurs promesses et exigé de nouvelles règles pour assurer que l’annulation de la dette ne se fasse pas au détriment d’une aide nouvelle pour les pays en développement.


L’an dernier, les gouvernements européens ont pris l’engagement historique d’augmenter de façon conséquente leur aide pour les pays les plus pauvres et se sont mis d’accord pour atteindre l’objectif fixé par l’ONU qui consiste à attribuer 0,7% de leur Revenu national brut (RNB) pour combattre l’extrême pauvreté d’ici 2015.

Dans leur exposé, les ONG font l’éloge de quelques pays comme la Suède et le Luxembourg qui ont attribué un niveau d’aide élevé et à peine gonflé leurs chiffres.

Pourtant, l’exposé montre que la majorité des Etats membres gonflent artificiellement leur niveau d’APD. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni seraient les gouvernements dont les chiffres d’aide en 2005 ont été les plus gonflés. Ils auraient dépensé respectivement 3,50, 2,96 et 2,26 milliards d’euro pour l’annulation de la dette, « l’accueil » des réfugiés en Europe et la formation d‘étudiants étrangers dans les universités européennes. Les ONG affirment également que l’Italie n’atteindra probablement pas ses objectifs en ce qui concerne l’aide au développement et dépense même moins d’argent dans ce domaine que certains nouveaux Etats membres de l’UE bien moins riches qu’elle. Cette accusation tombe la veille de l’assemblée extraordinaire du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE à Paris où les chiffres officiels de l’aide pour 2005 seront discutés.

« Certains pays européens gonflent artificiellement leurs chiffres d’APD y compris avec des éléments qui ne représentent pas de l’argent nouveau pour les pays pauvres. Nous invitons ces gouvernements à mettre de l’ordre dans leurs rapports sur l’aide au développement et respecter leurs objectifs en injectant de l’argent véritablement nouveau. Les pays en développement ont besoin de plus d’argent venant de l’aide au développement pour sauver des vies et non pas que les donateurs sauvent les apparences », a déclaré Hetty Kovach du Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) au nom de la coalition des ONG.

Parmi les faits d’importance, on compte :

  • Le fait que, ensemble, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie aient attribué un montant édifiant de 8,47 milliards d’euro d’annulation de la dette à l’Irak et au Nigeria en le déclarant comme de l’Aide publique au développement (APD).
  • Le fait que l’Autriche, actuellement en charge de la présidence de l’UE, ait probablement gonflé ses chiffres de l’aide de 50% en 2005.
  • L’Italie manquera avec certitude son objectif d’aide et le niveau officiel de l’APD du pays est proche de celui de nouveaux Etats membres comme Malte, la Slovénie et la République Tchèque.


« La crédibilité de l’UE en tant que responsable mondial de l’attribution de l’aide au développement aux pays pauvres est en jeu. Les ONG surveillent de très près tous les pays pour faire en sorte que leur gouvernement respecte ses engagements » a déclaré Han Verlayen au nom de 11.11.11 et de la plate-forme belge de CONCORD.

Bien que les règles de l’OCDE le permettent techniquement, l’insistance des gouvernements de l’Union européenne pour que l’annulation de la dette soit comptée dans leurs chiffres d’APD est en contradiction avec l’accord des Nations Unies signé à Monterrey en 2002. Cet accord demande que l’annulation de la dette soit financée en supplément de l’APD.

Contacts

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Adam Davies, CONCORD : +32 (0) 2 743 87 65
Adam.DAVIES@concordeurope.org