Oxfam pousse l'Organisation Mondiale du Commerce à écouter l'Union Africaine et rendre le commerce plus équitable pour l'Afrique

Publié le : 13 Avril 2006

Les pays de l’Afrique de l’ouest ne doivent pas être contraints à hypothéquer leur avenir par l’adhésion aux Accords de partenariat économique actuellement négociés avec l’Union européenne, a déclaré aujourd’hui l’agence internationale Oxfam.Cet appel a été lancé au moment où la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ouvrait, à Abuja, une réunion des ministres du commerce et des experts pour débattre des APE, des mécanismes considérés par l’Union européenne comme des accords réciproques de libre-échange négociés avec différents pays ou groupes de pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Les pays de l’Afrique de l’ouest ne doivent pas être contraints à hypothéquer leur avenir par l’adhésion aux Accords de partenariat économique actuellement négociés avec l’Union européenne, a déclaré aujourd’hui l’agence internationale Oxfam.

Cet appel a été lancé au moment où la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ouvrait, à Abuja, une réunion des ministres du commerce et des experts pour débattre des APE, des mécanismes considérés par l’Union européenne comme des accords réciproques de libre-échange négociés avec différents pays ou groupes de pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

« Les pays de l’Afrique de l’ouest doivent avoir la capacité de décider par eux-mêmes quand, comment et dans quelle mesure choisir d’ouvrir leurs marchés » a déclaré sur la question des APE Bertram Zagema, conseiller en matière de commerce à Oxfam International.
« Sous leur forme actuelle, ces accords compromettront les moyens d’existence des agriculteurs, ainsi que leur capacité à développer l’industrie, en inondant les marchés ouest-africains de marchandises européennes subventionnées. »

Les tomates ghanéennes et le poulet sénégalais sont deux produits dont les prix ont déjà été cassés par la réduction imposée des tarifs d’importation, et les menaces qui pèsent sur ces produits pourraient s’étendre à d’autres secteurs, si les APE étaient signés.
En raison de la baisse des droits de douane, leurs marchés sont inondés de poulet et de tomates bon marché, ce qui a fait chuter la production locale.

Les usines, qui transformaient la tomate en concentré ou qui traitaient la volaille, ont fermé, ce qui signifie la perte d’emplois qui faisaient cruellement défaut.

Les producteurs ont vu les prix de leurs récoltes s’effondrer, ce qui a acculé beaucoup d’entre eux à un endettement plus profond et en a contraint d’autres à quitter les terres que leurs familles cultivaient depuis des générations.

« Contraindre les pays de l’Afrique de l’ouest à libéraliser leurs marchés prématurément signifie qu’ils n’auront pas le temps de développer leurs industries dans l’avenir » a déclaré Zagema. « Il est illusoire de croire que les APE sont un outil de développement ; tout ce que l’on est en train de développer, c’est la capacité de l’Europe à inonder les pays pauvres de ses produits. »

L’intégration régionale par l’intermédiaire de groupements tels que la CEDEAO est essentielle pour la croissance et le développement africains et doit pouvoir s’épanouir, avec des pactes commerciaux qui maintiennent les préférences spéciales en matière d’exportation pour les pays les moins avancés (PMA) du monde.

Tant que les pays africains ne tireront pas davantage de recettes de sources autres que les tarifs d’exportation, ces préférences doivent être maintenues.

« L’Europe n’a pas réussi à mener à terme ses efforts visant à élargir sa présence dans les marchés africains lors des discussions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de l’an passé, et tente de le faire de nouveau avec ces APE, » a déclaré Zagema.

« Les ministres du commerce de la CEDEAO doivent résister à de telles mesures et exiger le pouvoir de négocier ce qui convient le mieux à la région, en regardant vers l’avenir. »

Contacts

Contactez : Sally Baden, Conseillère politique commerciale Afrique de l’ouest (221) 666-1084 sbaden@oxfamamerica.org
Dominique Jenkins, porte-parole pour le commerce Afrique de l’ouest (221) 574-6642 djenkins@oxfamamerica.org
Bertram Zagema, Porte-parole pour les APE Oxfam International (31) 7034-21787

En savoir plus sur :