Les réponses actuelles à la crise alimentaire sont un échec pour les pauvres d’Afrique

Publié le : 21 juillet 2006

Après 5 décennies au cours desquelles Oxfam s’est attachée à apporter une réponse aux crises alimentaires, l’Organisation humanitaire demande à la communauté internationale d’examiner sérieusement ses approches actuelles pour savoir si oui ou non, elles sont probantes.

Dans son nouveau rapport, Oxfam soutient que de nouvelles méthodes et de plus amples moyens sont requis si nous voulons répondre à long terme aux besoins et à la lutte contre de famine en Afrique.

Dans son rapport intitulé « Les Causes de la Faim : examen des crises alimentaires qui secouent l’Afrique », Oxfam prévient que la moyenne des urgences alimentaires en Afrique a triplé, depuis le milieu des années 80. Ce rapport soutient que bien souvent les interventions alimentaires d’urgence ne répondent que partiellement au problème et qu’un appui à long terme de l’agriculture, des infrastructures et des systèmes sanitaires et sociaux est vitale dans les pays vulnérables.

Alors que l’aide alimentaire est appropriée dans certaines situations, le rapport montre qu’elle est souvent trop tardive, trop onéreuse et trop politisée. Il fait également remarquer que les ravages du VIH/SIDA, les conflits et les changements climatiques sont des causes majeures de crise alimentaires. Des causes pour lesquelles une réponse est possible.

Barbara Stocking, Directrice d’Oxfam a déclaré :

“Le cycle de désastre et l’insécurité alimentaire dans certaines régions d’Afrique peuvent être amoindris, mais uniquement si le monde répond aux causes de ces crises. Alors que l’aide humanitaire est toujours plus importante, les donateurs et les gouvernements n’appuient pas complètement les stratégies de long terme, nécessaires pour aider réellement les pauvres d’Afrique ».

Le rapport est publié alors que de nouvelles crises humanitaires menacent le Niger où au moins un million de personnes font face par une crise alimentaire sévère, à l’approche de la période de soudure qui s’étend de Juillet à Octobre. Pendant ce temps là, en Afrique de l’Est, prés de 11 millions de personnes ont un besoin urgent d’assistance. On qualifie la situation de « tsunami silencieux », et les appels constants des Nations Unies ne sont jamais entendus.

L’idée que l’aide alimentaire d’urgence demeure l’outil incontournable pour répondre à l’insécurité alimentaire, est tenace au sein de la communauté internationale. Hormis les récentes initiatives de quelques-uns des principaux donateurs qui ont acheté leur aide alimentaire dans les pays en développement, la majeure partie de l’aide alimentaire est encore importée. Cela signifie donc qu’elle peut mettre jusqu’à cinq mois pour arriver à destination et coûter prés de 50% de plus que la nourriture produite localement.

Bien que l’aide alimentaire joue un rôle important dans les situations d’urgence, en sauvant des vies, elle ne doit pas être considérée comme la seule et unique réponse à l’insécurité alimentaire, particulièrement dans les régions ou la pauvreté est la cause principale de famines. D’autres solutions innovantes peuvent également être apportées tels que le transfert d’argent, les bons d’alimentation et les programmes « argent contre travail ».

Une estimation a court terme montre que ces dernières années, les dépenses en faveur de l’aide humanitaire n’ont cessé d’augmenter, alors que l’aide en faveur de la production agricole a chuté de 43% entre 1990-92 et 2000-02.

Les conflits, le VIH/SIDA et les changements climatiques aggravent les crises alimentaires en Afrique.

Les conflits africains sont à l’origine de plus de la moitié des crises alimentaires du continent. La situation actuelle au Darfour où 3,4 millions de personnes sont sous assistance alimentaire est un exemple probant de la désastreuse urgence humanitaire qu’engendrent les conflits.

Le VIH/SIDA met à mal un de ces outils les plus important dans le développement de la production agricole : sa population. On estime que vers 2020, un cinquième de la main d’œuvre agricole en Afrique du Sud aura été décimé par le VIH/SIDA..

Les changements climatiques menacent la vie des petits propriétaires terriens et des pasteurs nomades d’Afrique. Les recherches prédisent que vers 2080, environ 60m d’africain en plus seront menacés par la famine, en raison d’une augmentation globale des températures.

Barbara Stocking poursuit,

« Cela coûterait bien moins cher au monde de faire, aujourd’hui, des investissements massifs pour mettre a mal les racines de la famine au lieu de continuer ce cycle du trop petit, du trop tardif qui, jusque là et pendant prés d’un demi-siècle, a été la seule réponse apportée à la famine. »

Selon la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour le développement de l’Agriculture, la proportion d’envois d’urgence de nourriture a plus que doublé, sur les vingt dernières années. Mais ce que les hommes ont perturbés, ils peuvent tout autant le réparer. Voilà pourquoi, aujourd’hui, Oxfam en appelle à certaines actions.

Les donateurs et particulièrement les Etats Unis, doivent réexaminer leur politique d’aide alimentaire, amoindrir leur contribution et faire en sorte d’accroître la part de la nourriture achetée localement. Ils doivent également assurer plus de travaux d’interventions pour venir en aide aux vies les plus menacées.

Les gouvernements africains doivent se soumettre aux engagements pris par les chefs d’Etats lors du sommet de l’Union africaine en 2003. Des engagements qui visent à augmenter les dépense en faveur du secteur agricole, a hauteur de 10% de leur budget annuel. Les gouvernements doivent également établir, a long terme, des programmes de protection sociale à destination des populations menacées par une insécurité alimentaire chronique et rendre la ressource disponible en cas de nécessité.

Les Organisations humanitaires, les donateurs, les Nations Unies et les gouvernements doivent également renforcer l’utilisation de solutions alternatives à l’aide alimentaire, tels que des programmes d’aide au développement local, afin d’offrir aux populations une assistance flexible et durable.

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