Le G8 risque de faire marche arrière sur l'aide au développement, prévient Oxfam

Publié le : 5 Juin 2007

Alors que le sommet du G8 vient de débuter à Heiligendamm, en Allemagne, il est scandaleux que les pays du G8 ne puissent se mettre d'accord sur le respect ou non des promesses d'aide au développement faites en 2005.

"Les pays du G8 rivalisent d'immobilisme", constate Max Lawson, expert politique d'Oxfam. Les discussions de dernière minute entre les différents leaders n'ont pas pu aboutir, certains pays ne souhaitant d'ailleurs pas réitérer les promesses d'aide au développement annoncées auparavant.

"Les responsables du G8 se sont engagés dans des négociations sur les textes finaux, mais n'ont pas réussi à s'entendre" poursuit Lawson. "L'Italie, le Canada et le Japon font tout pour revenir en arrière et refusent de réitérer les promesses d'augmentation de l'aide au développement faites en 2005. Logique, quand on sait que ces pays n'ont cessé d'agir en ce sens depuis l'annonce de ces promesses..."

"L'aide supplémentaire promise au sommet du G8 de Gleneagles il y a deux ans permettrait d'envoyer des millions d'enfants à l'école, d'engager des infirmières, des médecins et des enseignants ou encore d'acheter des médicaments pour les personnes atteintes du SIDA. Bref, de sauver des vies. Mais il apparaît aujourd'hui que près de 30 milliards de dollars feront défaut pour que le G8 tienne ses promesses. Si les pays du G8 ne se décident pas à agir dans le bon sens, 5 millions de personnes supplémentaires mourront d'ici 2010. Les promesses d'aide représentent donc bien plus que de simples chiffres sur un bout de papier."

Les changements climatiques constituent une autre pierre d'achoppement du sommet, l'Allemagne poussant pour un consensus en faveur d'un objectif de stabilisation mondiale et avançant des propositions relatives à des négociations multilatérales pour l'après-2012. La première phase du Protocole de Kyoto s'étend de 2008 à 2012.

"Ces derniers jours, nous assistons à une pléthore de nouvelles initiatives sur les changements climatiques, portées par d'anciens opposants à ce type de mesures", constate Lawson. "Mais nous n'avons pas besoin d'un nouveau processus ou d'une nouvelle approche. Il existe déjà un processus en place au niveau des Nations unies. Les Etats devraient le suivre et le G8 devrait le supporter afin que l'on trouve une solution globale à ce problème global."

"Dans les pays en développement, les populations pauvres souffrent déjà des effets des changements climatiques. Elles ne peuvent attendre les résultats d'un défilé d'initiatives portées par différents pays. Elles ont besoin que les pays du G8 fournissent des fonds afin de les aider à s'adapter aux changements climatiques et qu'ils se mettent d'accord sur des mesures de réduction des émissions afin de maintenir le réchauffement global bien en-dessous de la barre des 2 degrés. "

Au cours du week-end, des protestations violentes ont attiré l'attention des médias et des observateurs du G8. Malheureusement, la campagne pacifique a été éclipsée par ces violence et les dommages causés.

"Ce sommet ne doit pas rester dans les mémoires pour des raisons de voitures brûlées ou de promesses non tenues", conclut Lawson. "Le sommet offre une véritable occasion aux pays les plus riches du monde d'assumer leurs responsabilités en soutenant le développement et la lutte contre la pauvreté dans les pays du Sud. Un échec dans ce domaine serait impardonnable."

Contacts

Contacts au centre de médias :
Ami Barry +49 (0)176 68118422,
Tricia O''Rourke : +49 (0) 176 6803 1077,
Jörn Kalinski : +49 (0) 171 8360 631

Contacts à Rostock :
Malcolm Fleming : +49 (0) 176 6805 7409 ;
Beatrice Karanja : +49 (0) 176 6809 417

En savoir plus sur :