De « nouvelles » annonces pour camoufler l'échec global du sommet

Publié le : 8 Juin 2007

Les chefs d’État du G8 quittent l’Allemagne aujourd’hui sans avoir réussi à restaurer leur crédibilité ou à garantir qu’ils tiendront leurs promesses envers l’Afrique, indique l’organisation internationale Oxfam. Bien qu’il ait annoncé des fonds pour le VIH/Sida et d’autres maladies, le G8 ne s’est absolument pas replacé sur la voie menant à la réalisation de ses promesses en matière d’aide à l’Afrique et demeure loin du compte dans certains domaines, dont la santé et l’éducation.

Max Lawson, expert politique d’Oxfam déclare : « La triste vérité, c’est qu’au moment même où ils quittent l’Allemagne, les chefs d’État sont toujours en passe de briser leurs promesses de Gleneagles, alors que quelque 27 milliards de dollars font toujours défaut. Une série de chiffres sur un bout de papier ne sauveront pas de vies. Seules des promesses tenues le feront. Les contribuables du G8 exigent une aide accrue. L’Afrique en a besoin. Il n’y a pas d’excuse valable pour ce qui s’est passé ici à Heiligendamm. »

« Les gros titres impressionnent, mais ils ne veulent pas dire grand-chose. Au lieu de réaliser ses promesses, le G8 a essayé de défrayer le plus possible la chronique avec la plus faible augmentation de l’aide possible. Les 60 milliards de dollars pour le VIH/Sida, la santé, la tuberculose et le paludisme représentent, tout au plus, une augmentation de l’aide de 3 milliards en 2010. Elle est la bienvenue, mais elle est de 27 milliards de dollars en deçà de l’augmentation promise par le G8 en 2005. »

Dans le domaine des changements climatiques, Oxfam est satisfait de la déclaration du G8 visant son adhésion à un processus de négociation des Nations unies pour l’après-2012, et son engagement à réaliser des réductions marquées des émissions. Oxfam prévient toutefois que les mesures prévues dans le texte sur les changements climatiques sont nettement insuffisantes pour protéger les populations les plus pauvres et vulnérables de la planète qui souffrent déjà des effets des changements climatiques, et que les objectifs numériques brillent par leur absence.

Max Lawson ajoute : « Le gouvernement allemand a le mérite d’avoir persévéré dans sa quête d’un accord sur les changements climatiques. Nous avons maintenant une orientation précise pour l’action urgente qui s’impose. Nous sommes cependant très préoccupés du fait que nous quittons l’Allemagne sans objectif de réduction des émissions pour l’ensemble du G8 et sans engagement à maintenir le réchauffement global en deçà de la barre des 2 degrés Celsius. Les effets sur les gens pauvres et le développement seront dévastateurs. Ils en seront les premières et les pires victimes. »

Pour ce qui est de l’aide officielle au développement, Oxfam indique que l’augmentation de 60 milliards de dollars annoncée pour le VIH/Sida inclut une bonne part des niveaux de dépenses existants et est largement insuffisante pour remettre le G8 sur les rails en matière d’aide globale. Selon les calculs d’Oxfam, qui tient pour acquis que l’argent sera versé sur 5 ans, l’augmentation de l’aide globale n’aura atteint que 23 milliards de dollars en 2010, alors que le G8 avait promis une augmentation de 50 milliards à Gleneagles en 2005.

En outre, Oxfam prévient qu’une approche extrêmement musclée relativement aux règles sur la propriété intellectuelle pourrait annuler les retombées des sommes supplémentaires promises, du fait qu’elle entraînerait la hausse des prix des médicaments essentiels à la survie dans les pays en développement et bloquerait l’accès à des médicaments génériques à prix abordables. Le G8 a réaffirmé son engagement à permettre aux pays en développement de se soustraire à un ensemble restreint de règles internationales relatives à la propriété intellectuelle en matière de santé publique, mais il a proposé parallèlement un nouveau cadre qui prévoit la négociation de règles plus strictes pour les grandes économies émergentes. Oxfam prévient que cette mesure pourrait empêcher l’approvisionnement en médicaments génériques de pays qui en ont désespérément besoin.

« Concernant les médicaments et la santé, le G8 donne d’une main et reprend de l’autre. À la fin de la journée, si cette proposition sur la propriété intellectuelle est adoptée, nous pourrions bien avoir reculé, puisque des médicaments essentiels à la survie deviendront inaccessibles, » conclut monsieur Lawson.

Oxfam ajoute que le G8 aurait dû engager des fonds spécifiques pour les 4,25 millions de travailleurs de la santé dans le monde , et convenir d’un mécanisme de coordination international pour financer les régimes de soins médicaux qui assureraient la santé pour tous.

Contacts

Contacts au centre de médias :
Ami Barry +49 (0)176 68118422,
Tricia O''Rourke : +49 (0) 176 6803 1077,
Jörn Kalinski : +49 (0) 171 8360 631

Contacts à Rostock :
Malcolm Fleming : +49 (0) 176 6805 7409;
Beatrice Karanja : +49 (0) 176 6809 417

En savoir plus sur :