Europe-Amérique centrale : un accord à haut risque

Publié le : 27 Février 2008

Les préférences commerciales actuelles doivent être le point de départ de l’Accord d’association entre l’Amérique centrale et l’Union européenne. Et la reconnaissance du fossé qui sépare les deux régions doit absolument prévaloir dans les négociations.

Pas d’accord sans préférences !

"La Commission européenne doit accepter que le Système Généralisé de Préférences Plus (SGP+) soit le point de départ des négociations de l’Accord d’association (AdA) avec l’Amérique centrale", ont affirmé aujourd’hui les ONG et réseaux européens CIFCA, APRODEV, CIDSE, Grupo Sur et Oxfam International.

"L’Union européenne propose que les conditions de départ des négociations soient inférieures à celles qui accordent actuellement des avantages à l’entrée des produits d’Amérique centrale. Ceci est inadmissible. On ne peut pas s’attendre à un AdA équitable si le débat commence par un rabais des avantages commerciaux dont l’un des partenaires bénéficie", constate Erik Van Mele, porte-parole d’Oxfam International.

"Les gouvernements centraméricains ne doivent pas accepter de prendre part à des négociations qui ne partiraient pas des préférences déjà obtenues. Tout dialogue doit même viser à élargir ces préférences", ont rappelé les ONG et réseaux européens avant le début du Deuxième Cycle de Négociations.

L’UE pousse le libre-échange

"Tous les Accords d’Association incluent un Traité de Libre-Echange (TLE). Bien que cela puisse permettre d’augmenter les flux commerciaux entre les deux régions, ceci n’implique pas forcément un meilleur développement pour tous. En particulier pour les populations les plus pauvres d’Amérique centrale" a affirmé Suzan Van der Meij, porte-parole d’APRODEV pour l’Amérique Centrale.

Les ONG et réseaux ont critiqué la position agressive de l’UE dans les négociations politiques et commerciales avec l’Amérique centrale. L’UE cherche en effet à inclure les thèmes qui ont été exclus du Cycle de Doha de l’Organisation Mondiale du Commerce, tels que les thèmes Singapour qui comprennent des chapitres sur les investissements, les contrats publics et la concurrence.

Jeu égal ?

"Nous ne parlons pas de deux blocs égaux. Les différences entre les deux sont énormes et les négociations ne peuvent se faire d’égal à égal. Si la faible compétitivité des pays centraméricains n’est pas prise en compte, alors leur développement et le futur de plusieurs millions de personnes sera en danger" a rappelé Martin Wolpold Bosien, porte-parole de CIFCA.

Les réseaux européens insistent pour que les grandes différences qui existent entre les deux régions se traduisent par des propositions concrètes de l’UE en matière de transfert de technologie et d’élimination des droits de douane pour les produits centraméricains (sans exiger de réciprocité), en particulier en matière agricole. De plus, Bruxelles doit rendre les négociations plus flexibles afin que les pays centraméricains puissent avancer dans leur processus d’intégration avec des modèles de développement adaptés aux besoins de l’Amérique centrale.

Iosu Perales, coordinateur du Grupo Sur, conclut : "Demander aux pays centraméricains d’offrir aux entreprises européennes le même traitement qu’à leurs entreprises nationales est absurde. Les entreprises européennes doivent remplir certains critères de performance et contribuer au développement centraméricain au lieu de l’empêcher."

Contacts

Plus de renseignements :
Erik van Mele, porte-parole d’Oxfam International
Tél. : +32 (0)2 501 67 47