Sauver l'éducation pour tous

Réformer l'initiative Fast Track en un Fonds mondial pour l'éducation

Publié le : 18 Janvier 2010

Des progrès remarquables ont été réalisés ces dix dernières années pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d'éducation. Grâce à une aide mieux déployée et à un engagement politique fort au sein des pays en développement, le nombre de filles scolarisées a augmenté et les taux d'inscription dans les écoles ont évolué dans le bon sens. Ces résultats risquent toutefois d'être mis à mal par la crise économique mondiale, avec une tendance à la diminution des aides et l'apparition de nouveaux défis en termes d'éducation.

Avec 72 millions d'enfants toujours non scolarisés, les pays les plus démunis ont besoin d'un programme mondial d'urgence pour financer les mesures en faveur de l'éducation pour tous.

S'appuyant sur un nouveau rapport de recherche d'Oxfam, la présente note se penche sur les effets positifs et les limites du partenariat EPT-FTI (Éducation pour tous-Initiative Fast-Track).

Elle appelle à la réforme du FTI en un Fonds mondial pour l'éducation plus ambitieux et plus efficace. Cette refonte doit permettre une gestion autonome et une gouvernance inclusive, une appropriation nationale plus forte grâce à une aide de meilleure qualité, des structures de responsabilité améliorées et davantage de souplesse pour répondre aux besoins des enfants vivant dans des régions instables ou en conflit. Cette transformation doit être la priorité des donateurs pour 2010.

Recommandations

  • Lors du sommet G8-G20 de 2010 au Canada, les états donateurs devront mettre en place une nouvelle Initiative Globale de Financement de l'Education, un Fonds mondial pour l'éducation, dans le cadre d'un partenariat étroit avec la société civile et les états des pays du Sud. Cette initiative doit découler d'une réforme profonde du FTI, refondu en une initiative capable d'atteindre l'objectif de l'Éducation pour tous.
     
  • Dans cette perspective, les donateurs doivent s'engager à réapprovisionner entièrement le Fonds catalytique du FTI. Ce financement doit être conditionné par la réforme intégrale du FTI. Le réapprovisionnement est urgent pour éviter toute interruption de l'aide dans les pays FTI, qui aurait des conséquences dramatiques pour les enfants. Ainsi, les donateurs ne doivent pas attendre la fin du processus de réforme pour agir. Un groupe de travail technique doit être constitué immédiatement pour mettre en place un nouvel instrument de financement et pour transférer rapidement les fonds CF actuels vers un instrument plus souple et plus rapide dans le cadre d'une initiative réformée.
     
  • À l'approche du G8 de 2010, le Conseil du FTI doit former un Groupe de travail de transition représentant mieux le partenariat FTI étendu, chargé d'élaborer des réformes stratégiques profondes de l'initiative Fast Track. Ce groupe devra répondre aux recommandations de l'Évaluation intermédiaire et travailler en étroite collaboration avec le Secrétariat Fast Track afin de capitaliser sur ses vastes connaissances institutionnelles. Les états des pays en développement et les partenaires de la société civile, au Nord comme au Sud, devront participer activement à l'élaboration des réformes.
  • Tous les donateurs doivent augmenter d'urgence leur aide en matière d'éducation de base afin de garantir que la crise économique ne donnera pas lieu à des interruptions de l'aide à court terme qui auraient des conséquences durables pour les enfants les plus pauvres.
  • La Banque mondiale doit augmenter ses allocations en faveur de l'éducation dans les pays les plus pauvres qui en ont le plus besoin et redoubler d'efforts en matière de qualité et de résultats éducatifs. Elle doit abandonner sa mainmise sur le FTI tout en renforçant sa participation dans l'initiative réformée, en tant que partenaire donateur clé.
     
  • Les états des pays en développement doivent continuer de privilégier l'éducation de base en augmentant la part des ressources nationales consacrées à l'éducation et en améliorant la qualité de leurs systèmes éducatifs.
     
  • Tous les partenaires doivent veiller à la participation et à l'implication réelles de la société civile dès le début du processus. La participation étendue des pays du Nord et du Sud est essentielle.