A home in Shariatpur, in Bangladesh surrounded by flood-water. When the flood was at its full height, a few days before, this land was completely submerged (1998). Credit: Shafiq Alam/Oxfam
Sans action immédiate et année après année, la promesse de 2050 restera un rêve chimérique

Climat : le G8 ne peut réussir qu’avec des objectifs de réduction à court terme et un financement d’adaptation

“Plus besoin de marchandage ou de désignation de coupables. À présent, il faut intervenir d'urgence.”
Antonio Hill
Conseiller Changement climatique, Oxfam
Publié le : 8 juillet 2008

« À moins que les dirigeants du G8 conviennent d’une action immédiate et d’objectifs à moyen terme pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, toutes les promesses à long terme seront inaccessibles », a déclaré Oxfam aujourd’hui au Japon.

L’agence a également exigé une augmentation considérable du financement destiné aux pays en développement pour leur permettre de s’adapter au changement climatique, dans des proportions bien supérieures à celles envisagées par le nouveau Fonds d’Investissement sur le Climat du G8.

« Pour des millions de pauvres vivant déjà avec les effets désastreux du changement climatique, ce Sommet du G8 est une occasion importante à ne pas manquer », a déclaré Antonio Hill, porte-parole d’Oxfam. « Nous n’avons pas besoin de plus de marchandage ou de désignation de coupables. À présent, nous avons besoin d’une intervention en urgence pour veiller à ce que le pic des émissions soit atteint dans les toutes prochaines années. Sans une telle intervention, les progrès accomplis depuis plusieurs décennies en matière de lutte contre la pauvreté seront à refaire. »

« Sans action immédiate, tout objectif de réduction des émissions pour 2050 restera un rêve chimérique », a ajouté Hill. « Le Canada, les États-Unis et le Japon retiennent le monde en otage quant aux objectifs de 2020, et les populations pauvres en paient le prix ». À Bali, la Chine, l’Inde et tous les autres pays en développement ont déjà accepté de remplir leur part du contrat. Les grands pays en développement et les quatre membres européens du G8 conviennent que les objectifs de 2020 sont une référence pour la réussite de l’actuel Sommet du G8.

Oxfam a reconnu que le nouveau Fonds d’Investissement sur le Climat pourrait aider les pays pauvres à s'adapter aux changements à présent inévitables, mais a déclaré qu’il représentait une goutte d'eau dans l’océan et qu’il pourrait être prélevé sur l’aide servant à financer la santé et l’éducation. Selon l’agence, les besoins immédiats de l’Éthiopie pour s’adapter au changement climatique coûtent à eux seuls 800 millions d’USD. En plus des nouveaux fonds, les pays riches ne se sont engagés qu’à hauteur de 170 millions d’USD concernant le fonds d’adaptation de l’ONU pour l’ensemble des 49 pays les moins développés.

Oxfam a critiqué le déséquilibre entre le nouveau fonds du G8 sur les technologies propres (4 ou 5 milliards d’USD) et son fonds d’adaptation (500 millions d’USD). « Les priorités du G8 sont sens dessus dessous », a déclaré Jeremy Hobbs, Directeur exécutif d’Oxfam International. « Des milliards sont destinés à leurs propres entreprises pour financer la technologie, et des miettes pour l’adaptation des plus pauvres. Les dirigeants du G8 parlent de promesses pour réduire les émissions d’ici une date à laquelle ils ne seront plus vivants, et pourtant ils refusent de prévoir les toutes prochaines années, c’est-à-dire la période véritablement cruciale pendant laquelle ils peuvent faire la différence. »

« Le changement climatique n’est pas sans lien avec la hausse désastreuse du prix des denrées alimentaires au cours de l’année écoulée », a déclaré Oxfam. Un rapport de la Banque Mondiale a été divulgué et indique que 75 % de la hausse des prix s’explique par la modification des cultures en faveur de récoltes destinées aux biocarburants, en particulier l’éthanol de maïs aux États-Unis et au Canada, et le biodiesel à base d’oléagineux en Europe. « Les gouvernements ont vanté les mérites des biocarburants comme étant la solution au changement climatique, mais les dernières études scientifiques indiquent qu’ils produisent autant d’émissions que l’essence », a ajouté Oxfam.

« Le monde des riches ne peut pas brûler de la nourriture pendant que des êtres humains souffrent de la faim », a déclaré Hill. « De plus, les biocarburants actuels ne représenteront jamais plus qu’une infime partie de la réduction nécessaire en matière de gaz à effet de serre. »

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