Oxfam appelle les troupes de l’UE à soutenir les Casques bleus de l’ONU au Congo

“La situation est actuellement trop instable pour se rendre auprès d’une grande partie des personnes qui ont fui pour échapper aux combats.”
Juliette Prodhan
Responsable d’Oxfam au Congo
Publié le : 3 Novembre 2008

« Les ministres européens se réunissant à Marseille demain (lundi 3 novembre) doivent accepter d’envoyer des troupes européennes pour soutenir les Casques bleus de l’ONU dans l’est du Congo ».

Bien que le cessez-le-feu déclaré par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du général Laurent Nkunda soit maintenu, celui-ci est très précaire et la situation est toujours très tendue. Avec le déplacement de milliers de personnes vers des zones inaccessibles à l’extérieur de la ville de Goma, les agences d’aide ont du mal à porter assistance aux populations qui en ont désespérément besoin.

Des troupes supplémentaires assisteraient la force de maintien de la paix de l’ONU, la MONUC (Mission de l’ONU en République démocratique du Congo), dans sa mission essentielle visant à assurer la sécurité de la population congolaise. La MONUC était déjà à la limite de ses possibilités avant le début des récents combats marqués par leur intensité, et a clairement eu des difficultés à maintenir la sécurité. Avec l’insécurité régnant partout ailleurs dans les provinces de Kivu et dans l’est du Congo, le redéploiement des troupes de ces régions vers Goma risquerait sérieusement de rendre ces civils vulnérables à des attaques.

« L’Union Européenne est bien placée pour fournir rapidement des troupes supplémentaires dont la population congolaise a désespérément besoin. Compte tenu de la fragilité du cessez-le-feu et des craintes de déclenchement d’autres combats intenses autour de Goma, davantage de troupes doivent être déployées le plus vite possible », a déclaré Juliette Prodhan, responsable d’Oxfam au Congo.

Les troupes européennes devraient travailler en étroite consultation avec les communautés locales et les agences intervenant pour aider les populations vulnérables. Leur rôle ne devrait pas être de fournir de l’aide directement mais de faciliter la création d’un environnement sûr où les populations seront à l’abri des attaques, et permettant aux agences humanitaires d’acheminer de l’aide à ces personnes qui en ont tellement besoin.

Le déploiement des troupes européennes devrait être associé à une pression diplomatique soutenue, pour parvenir à une solution politique au conflit et à des mesures immédiates pour améliorer la capacité de la MONUC à protéger les civils. Oxfam demande la nomination immédiate d’un envoyé spécial de haut niveau pour unifier les efforts de paix internationaux et traiter les causes sous-jacentes du conflit.

« Un engagement politique du plus haut niveau est nécessaire pour unifier les activités diplomatiques que nous avons observées ce week-end. Des accords ont été signés dans le passé par toutes les parties impliquées dans ce conflit. Le soutien inégal des dirigeants du monde entier a contribué à leur échec. Un envoyé de haut niveau peut fournir le leadership nécessaire pour veiller à ce que le monde ne se détourne pas du Congo comme cela a été le cas tant de fois dans le passé », déclare Juliette Prodhan.

Aujourd’hui, Oxfam a commencé à acheminer de l’eau par camion jusqu’aux populations ayant trouvé refuge dans la région de Kanyabayonga, au nord de Goma, et continue de fournir de l’eau et des installations sanitaires à 65.000 personnes dans quatre camps de Goma.

« La situation est actuellement trop instable pour se rendre auprès d’une grande partie des personnes qui ont fui pour échapper aux combats. Elles sont dispersées dans une vaste zone inhospitalière. Beaucoup se cachent dans les forêts et la brousse, sans pouvoir trouver d’abris, d’eau, de nourriture et de médicaments. Nous devons pouvoir accéder à ces zones afin d’aider ces populations », a déclaré Juliette Prodhan.