Emelina Dominguez, 42 ans, s'occupe de ses plants dans un serre du potager collectif de COMUCAP, Mescalito, Marcala, La Paz, Honduras. Janvier 2007. Crédit: Gilvan Barreto/Oxfam
Cette aide est la bienvenue, mais l'UE doit s'attaquer aux causes structurelles de la crise

Réaction d’Oxfam sur le milliard d’aide de l’UE face à la crise alimentaire

Publié le : 24 Novembre 2008

L’Union européenne vient, finalement, de débloquer l’aide d'un milliard d’euros qui avait été promise aux paysans des pays les plus pauvres lors du sommet de la FAO, à Rome en juin dernier.

Oxfam International salue cette décision et notamment le fait que cette somme soit destinée au soutien de l’agriculture vivrière et familiale et que près des deux tiers des montants soient des financements additionnels.

« Cette aide est vitale pour aider les personnes les plus durement touchées par la crise alimentaire, au Sud. Un milliard de personnes sur terre - un sixième de la population mondiale - ne mangent pas à leur faim et les populations des pays pauvres peuvent dépenser jusqu’à 80% de leur budget pour leur alimentation. Face à l’urgence de cette situation, il est toutefois malheureux que les pays de l’Union européenne aient mis cinq mois à tergiverser avant de tenir leur promesse » affirme Elise Ford, responsable du bureau européen d’Oxfam International.

Ces fonds vont permettre d’aider à gérer l’urgence de la crise alimentaire. Pourtant, l’Europe et les autres pays riches ne régleront rien s’ils ne s’attaquent pas aussi aux problèmes structurels à l’origine de la crise : des règles commerciales faussées, la faiblesse des investissements agricoles, le soutien sans faille aux agrocarburants ou les questions de changement climatique.

Plusieurs rendez-vous clé vont marquer les prochains mois. Lors de la conférence de Doha sur le financement du développement, l’Union européenne devra de toute urgence trouver un compromis pour augmenter l’aide agricole de manière bien plus significative qu’une facilité à court terme. Lors des négociations sur le climat prévues à Poznan en décembre prochain, des fonds pour financer l’adaptation des pays pauvres au changement climatique devront être garantis. Sur les questions de développement international, les dirigeants européens doivent mettre de côté leurs différents et parler d’une seule voix pour proposer des objectifs ambitieux lors de ces deux conférences.