Zimbabwe: le choléra ravage une population affaiblie par la faim

“Si les donateurs ne nous envoient pas d’argent supplémentaire, les rations alimentaires vont devoir être réduites.”
Peter Mutoredzanwa
Directeur régional d’Oxfam pour le Zimbabwe
Publié le : 9 Décembre 2008

Oxfam exhorte les donneurs internationaux à réagir aux besoin

Plus de 300 000 personnes, déjà sérieusement affaiblies par un manque de nourriture, sont gravement menacées par l’épidémie de choléra qui ravage actuellement le Zimbabwe.

Le gouvernement du Zimbabwe a déclaré un état d’urgence sanitaire national. C’est une déclaration satisfaisante pour Oxfam, qui espère que cela va inciter les donneurs internationaux à réagir de façon plus urgente aux besoins humanitaires.

« Cela fait des mois que les gens ne mangent pas suffisamment. Ils ont faim, ils sont faibles et vulnérables aux infections. Certains donneurs ont immédiatement mis des sommes à disposition, et cela va vraiment faire une différence. Mais c’est loin d’être suffisant. Si la communauté internationale ne fournit pas immédiatement de l’argent pour l’alimentation et l’assistance médicale, la situation déjà épouvantable va beaucoup empirer, dit Peter Mutoredzanwa, directeur régional d’Oxfam pour le Zimbabwe.

« Des millions de personnes doivent déjà affronter la faim. Avec un chômage supérieur à 80 %, et un manque de nourriture dans tout le pays, il faut maintenant faire face au choléra et à d’autres maladies – puisque les systèmes d’alimentation en eau et les installations sanitaires arrêtent de fonctionner. Avec la saison des pluies qui arrive, l’épidémie va se répandre encore plus rapidement. Les agences d’aide ont besoin d’une aide urgente de la communauté internationale, afin de pouvoir étendre leur action » ajoute Peter Mutoredzanwa.

Les Zimbabwéens ordinaires ont désespérément besoin de soins de santé, d’eau propre et d’installations sanitaires. Le choléra, une maladie d’origine hydrique, a fait son apparition à cause de la rupture des systèmes d’égouts dans les villes, d’un mauvais entretien des systèmes d’adduction d’eau – y compris des pompes manuelles, d’une sévère pénurie d’eau potable, et du manque d’articles d’hygiène de base tels que le savon.

« Avec presque la moitié de la population qui est affaiblie par une grave pénurie alimentaire, quand le choléra frappe il est plus souvent mortel », dit Peter Mutoredzanwa. « Tout porte à croire que plus de 5 millions de personnes auront besoin d’une aide alimentaire d’urgence d’ici à janvier. »

Oxfam distribue 12 000 tonnes de semoule de maïs, d’huile végétale et de légumes secs en collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM), au bénéfice de 150 000 personnes vulnérables. La réaction d’Oxfam au choléra va maintenant prendre de l’ampleur, avec l’objectif d’atteindre 615 000 personnes, et se concentrer sur les trois zones les plus durement touchées : Beitbridge – près de la frontière avec l’Afrique du Sud, Budiriro – une banlieue d’Harare, et Mudzi – une région proche du Mozambique. L’agence prévoit également de commencer à couvrir les zones encore non affectées par le choléra, afin d’activement prévenir l’épidémie.

« Nous sommes très inquiets du fait que si les donneurs ne nous envoient pas d’argent supplémentaire maintenant, les rations alimentaires devront être réduites », dit Peter Mutoredzanwa. « Personne ne devrait attendre pour aider qu’une solution politique soit trouvée au Zimbabwe – ce sera trop tard pour des millions de Zimbabwéens vulnérables. »