Résultats de la Conférence ONU changement climatique de Poznan: L’analyse d’Oxfam

“Un accord à Copenhague nécessitera un changement radical dans le niveau d’urgence et d’engagement politique.”
Publié le : 13 Décembre 2008

La conférence de Poznan devait être une étape clé entre le début des négociations à Bali l’année dernière et leur conclusion à Copenhague l’année prochaine. Mais au lieu de cela, Poznan a fait preuve d’un manque de progrès déplorable.

Au moment de cette conférence, les nations développées (Annexe 1) devaient avoir fait des propositions sur la réduction des émissions, le financement et la technologie, mais cela n'a pas été fait. Ces pays ont essayé de retarder les choses, de rejeter les torts, et dans le cas du Canada, de revenir sur leurs obligations actuelles concernant le changement climatique.

En revanche, un grand nombre de pays en développement sont venus à Poznan avec des propositions claires, une volonté de faire preuve de flexibilité et, dans le cas de pays comme l’Afrique du Sud, le Mexique et la Chine, des plans d’action nationaux pour réduire les émissions.

Un accord ambitieux à Copenhague est encore possible et plus que jamais nécessaire, mais cela nécessitera des progrès bien plus rapides que pendant l’année qui vient de s’écouler. Plus précisément, il faudra que les pays de l’annexe 1 se rendent aux négociations début 2009 avec bien plus de volonté politique et de flexibilité lors des négociations.

Les informations suivantes fournissent une vue d’ensemble des négociations de Poznan et ce qui doit être fait pour arriver à Copenhague avec la préparation et la volonté politique requises.

Définition de l’objectif à long terme

Aucun accord n'a été convenu sur un objectif à long terme visant à éviter les effets dangereux du changement climatique…

De nouvelles preuves scientifiques démontrent qu’un objectif ambitieux sera nécessaire pour éviter d’énormes souffrances. Tuvalu et d’autres petites nations insulaires ont appelé à une intervention urgente et à un objectif de réchauffement inférieur à 1,5 °C.

Le manque de propositions de la part des pays de l’annexe 1 sur des objectifs de réduction des émissions intermédiaires s’est traduit par l’impossibilité de parvenir à un accord.

Un accord à Copenhague nécessitera un objectif pour maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C…

Des propositions solides et ambitieuses sur cet objectif doivent être élaborées dès que possible.

Réduction des émissions

Il n’a pas été convenu d’objectifs sur la réduction des émissions…

Au lieu de faire des propositions, les pays de l'annexe 1 sont arrivés à la conférence en invoquant des circonstances spéciales.

Ils ont essayé de rejeter les torts en demandant des réductions de la part des pays en développement.

Le GIEC a appelé les pays de l'Annexe 1 à effectuer d’ici 2020 des réductions de 25-40 % par rapport aux niveaux de 1990 ; ceci aurait dû être convenu à Poznan.

Un accord à Copenhague nécessitera des propositions d’ici février et ensuite des négociations urgentes.

Adaptation

Enfin, plus d’une décennie après le début des négociations, un fonds d’adaptation visant à répondre aux besoins des pays en développement, a reçu le feu vert…

Ceci représente une étape importante : cela permet un accès direct par les pays les plus vulnérables.

Les négociations ont été acerbes et ont contribué à une perte de confiance entre les pays, mais les pays de l’annexe 1 ont finalement accepté un compromis et ont répondu aux exigences clés du G77.

Les pays de l’annexe 1 ont refusé d’accepter une augmentation du financement pour l’adaptation par de nouveaux mécanismes comme la mise aux enchères des autorisations d’émissions (AAU).

Les contributions volontaires de fonds par la Suède et d’autres pays sont les bienvenues mais pas les substituts à un mécanisme de financement fournissant une source de fonds prévisible et obligatoire, qui seraient un complément aux budgets d’aide.

Un accord à Copenhague nécessitera de s’entendre sur une augmentation importante du financement pour l’adaptation.

Les fonds doivent être fournis grâce à des mécanismes dans le cadre du CCNUCC (comme le fonds d’adaptation), avec transparence, l’obligation démocratique de rendre des comptes et la participation de la société civile.

Transfert technologique

Aucun progrès n’a été fait en faveur du développement et du partage des technologies propres…

Les pays en développement ont soumis de nouvelles propositions en août 2008, mais il n’y a pas eu de réaction constructive de la part des pays développés.

Un accord à Copenhague nécessitera des propositions de la part des pays de l’Annexe 1 d’ici février, pour aider les pays en développement à avancer vers un développement faible en carbone.

Financement permettant d’atténuer les effets
Aucun progrès n’a été fait en matière de mécanisme financier soutenant l’atténuation des effets dans les pays en développement…

Les pays de l’Annexe 1 n’ont pas réagi de manière constructive aux propositions des pays en développement.

Un accord à Copenhague nécessitera des propositions ambitieuses de la part des pays de l’Annexe 1 d’ici février.

Déforestation

Des négociations sur la déforestation évitée ont eu lieu mais elles suscitent de profondes inquiétudes…
Le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis se sont opposés aux dispositions visant à protéger les droits des peuples autochtones.

Un accord à Copenhague nécessitera des modifications importantes du projet d’accord sur la déforestation…
L’accord devra respecter les droits des peuples autochtones, des populations locales et des communautés, protéger la biodiversité et examiner les causes de la déforestation.

De Poznan à Copenhague

Les progrès ont été lents au cours de l’année qui vient de s’écouler et peu de choses ont été accomplies à Poznan…

Le programme de travail demande des propositions d’ici février et un document de négociation d’ici juin.
Les chefs d’État se réuniront en septembre lors de l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU.

Un accord à Copenhague nécessitera un changement radical dans le niveau d’urgence et d’engagement politique.

Le rôle du Secrétaire général de l’ONU sera crucial, travaillant avec les chefs d’État déterminés à parvenir à un accord ambitieux incluant les pays vulnérables.

Si les positions ne convergent pas de manière significative d’ici mars, une Conférence des Parties sera nécessaire en milieu d’année, afin de convenir enfin du mandat politique.

Les pays de l’Annexe 1 doivent modifier leur approche des négociations, en acceptant leur responsabilité consistant à agir les premiers et le plus en profondeur, et à soutenir les efforts des pays en développement.

L’objectif doit être de convenir d’un texte négocié complet, pas d'une simple déclaration politique.