Crise à Gaza - Situation critique en raison d’approvisionnements dangereusement faibles en nourriture et carburant

“Nous avons dû suspendre un programme d’aide à au moins 65.000 personnes.”
John Prideaux-Brune
représentant d'Oxfam à Jerusalem
Publié le : 31 Décembre 2008

Oxfam International est très déçue du rejet par Israël de la moindre pause dans les bombardements pour permettre l’accès humanitaire.

 



Oxfam a déclaré aujourd’hui que la crise à Gaza a atteint un seuil critique. En plus des bombardements, la diminution des stocks de nourriture et de carburant est devenue la préoccupation humanitaire majeure. L’organisation internationale ajoute que, même si une pause de 48 heures dans les bombardements aurait été très insuffisante pour répondre aux besoins des populations assiégées, elle est très déçue que ce petit geste humanitaire ait été rejeté. Pour Oxfam, un cessez-le-feu immédiat est urgent.



« Nous avons dû suspendre un programme d’aide à au moins 65.000 personnes. Nos travailleurs humanitaires à Gaza sont assiégés, restreints à leur logement et dans la crainte pour eux et leur famille. Il y a neuf mois, les organisations humanitaires avaient averti que la crise à Gaza était la pire jamais vue depuis la guerre des six jours de 1967. Des mois de blocus serré et les dernières opérations militaires disproportionnées l’ont encore aggravée, » a déclaré John Prideaux-Brune, le représentant d'Oxfam à Jerusalem



« Les stocks de nourriture et de carburant sont dangereusement bas. Quatre-vingts pour cent de la population de Gaza dépendait de l’aide alimentaire. Il reste un peu de nourriture, mais les bombardements ont empêché sa distribution par les organisations humanitaires. Et quand des denrées alimentaires sont disponibles sur le marché, leur prix est multiplié par trois. La crise devient terrible pour les plus vulnérables. Même quand ils accèdent à la nourriture, ils n’arrivent pas à la faire cuire en raison de la pénurie de carburant et de gaz. De nombreuses boulangeries sont à court de farine et de carburant et n’ont plus de pain à vendre. »



« Une pause de 48 heures dans les bombardements pour permettre d’acheminer l’aide essentielle aurait donné un minimum de répit et nous sommes très déçus que même ce petit geste humanitaire n’ait pas été posé. »



« La pénurie de carburant signifie que les coupures de courant sont longues. Les hôpitaux ont des génératrices et disposent de réserves de carburant qui tiendraient à peine une semaine. À cela s’ajoute la pénurie de pièces pour réparer le matériel. Le plus gros problème est le nombre extrême de victimes dont doit s’occuper le personnel médical, nombre qui dépasse largement celui des lits disponibles. »



« Miraculeusement, les systèmes d’eau et d’assainissement ne sont pas complètement effondrés et, comme les hôpitaux, ils dépendent de génératrices pour fonctionner. Dans certaines zones de la ville de Gaza, l’électricité a manqué pendant quatre jours et il est de plus en plus dangereux de ravitailler en eau les populations qui manquent d’eau, » conclut Prideaux-Brune.



Oxfam se réjouit des récentes pressions diplomatiques sur Israël et le Hamas pour que cesse la violence et de la position prise par la ministre canadien des Affaires étrangères en faveur d’un cessez-le-feu. Oxfam encourage les gouvernements  à tout mettre en œuvre pour un arrêt rapide des combats et à appuyer les efforts de la communauté internationale dans ce sens.