La réduction des émissions dues au transport maritime pourrait mobiliser des milliards qui contribueraient à combattre le changement climatique

“C'est une occasion unique pour que la navigation soit moins une source et plus une solution pour la crise climatique.”
Tim Gore
Conseiller en politiques sur le changement climatique d'Oxfam
Publié le : 27 Septembre 2010

L'industrie du transport maritime peut faire davantage, afin de lutter contre le changement climatique, et mobiliser des milliards de dollars pour aider les pays pauvres à faire face à ses effets dévastateurs, a déclaré Oxfam avant une importante réunion de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) qui commence aujourd'hui à Londres.

Oxfam lance un appel aux représentants gouvernementaux et aux experts maritimes de l'OMI – chargée de la réglementation maritime internationale – afin qu'ils envisagent des mesures pour réduire les émissions du transport maritime, qui ne sont pas plafonnées et ne cessent de croître – tout en recueillant plus de 10 milliards de dollars par an pour le climat, grâce à la mise aux enchères d'autorisations d'émissions. Des progrès dans ce sens rapprocheraient le monde des 100 milliards de dollars promis par les pays riches lors des négociations de l'ONU sur le climat de l'an dernier, afin d'aider les pays pauvres à se protéger contre les effets du changement climatique et leur permettre de se développer d'une manière sobre en carbone.

Tim Gore, conseiller en politiques sur le changement climatique d'Oxfam, a dit : « C'est une occasion unique pour que la navigation soit moins une source et plus une solution pour la crise climatique. Cette industrie pourrait apporter aux communautés vulnérables une aide importante dans leur lutte contre le changement climatique, à la fois en contrôlant une source importante – et croissante – des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et en générant l'argent dont il y a vraiment besoin afin qu'ils puissent faire face à ses effets dévastateurs.

« Le transport maritime joue un rôle essentiel dans le mouvement du commerce mondial. L'Organisation Maritime Internationale pourrait mettre en place un régime équitable pour le contrôle des émissions, qui ne pénaliserait pas le commerce des pays en développement et fournirait une partie des ressources indispensables à la lutte contre le changement climatique. »

L'OMI se réunit juste avant la prochaine session de négociations sur le climat des Nations Unies en Chine (du 4 au 9 octobre) et la dernière rencontre du Groupe consultatif sur le financement (AGF), qui a été établi afin de définir les moyens d'augmenter les 100 milliards de dollars par an qui ont été promis à Copenhague. Les recommandations du groupe doivent être publiées en octobre.

Tim Gore explique : « En dépit de la récession mondiale continue, les gouvernements des pays riches peuvent trouver les milliards nécessaires à aider les pays pauvres à faire face au changement climatique sans puiser dans leurs budgets déjà maigres. L'industrie du transport maritime ne peut pas y parvenir seule, mais cela peut faire partie d'un ensemble de mesures financières innovantes, comprenant celles liées aux émissions dues aux activités non plafonnées de la navigation et de l'aviation internationales, un impôt « Robin des Bois » sur les transactions financières et une réorientation des sommes octroyées aux combustibles fossiles par les pays riches.

« Aucune possibilité ne doit être oubliée pour rechercher de l'argent nouveau pour le climat, et l'industrie du transport maritime doit y participer afin de trouver des dizaines de milliards pour un nouveau fonds pour le climat des Nations Unies, et pour garantir aux communautés pauvres l'accès aux ressources dont elles ont besoin. »

En savoir plus

Télécharger le rapport : Les financements "climat" après Copenhague: Les questions à 100 milliards de dollars

Voir la vidéo (en anglais) : Post-Copenhagen: What next for Oxfam's Climate Change Campaign

Lire le blog : Le soutien des financements innovants est à la hausse

Agissez : Engagez-vous pour le climat

Notes aux rédactions

Séance de photos pour les agences d'images – les militants d'Oxfam manifesteront à l'extérieur du bâtiment de l'OMI à Londres de 08H15 à 09H00 le lundi 27 septembre

Statistiques

  • Les émissions du secteur maritime ont doublé depuis 1990, et la tendance à la hausse devrait se poursuivre à un taux de 2,5 pour cent par an.
  • La moyenne des scénarios d'émission montre que, d'ici à 2050, en l'absence de politiques adaptées, les émissions des navires pourraient augmenter de 150 à 250 % (par rapport aux émissions en 2007) en raison de la croissance dans le transport maritime.
  • Le secteur du transport maritime mondial a été responsable de 847 millions de tonnes d'émissions de CO2 en 2007 – ce qui est supérieur aux émissions de CO2 de l'Allemagne dues aux combustibles fossiles.
  • En 2005, le transport maritime international a été responsable de près de six fois plus d'émissions de CO2 que le transport ferroviaire.

(Toutes ces statistiques proviennent d'une étude de 2009 de l'OMI sur les gaz à effet de serre)

Renseignements généraux sur l'OMI

  • L'OMI est une agence spécialisée de l'ONU, qui régit les normes internationales réglementant l'industrie du transport maritime. Ses membres se réuniront pendant cinq jours du lundi 27 septembre au vendredi 1er octobre. Parmi les autres sujets qui sont au programme, il y a un rapport interne d'experts au sujet des mécanismes permettant de contrôler les émissions de gaz à effet de serre, et de l'augmentation des revenus qui pourraient servir au financement des questions climatiques.
  • Bien que les cibles de réduction des émissions du transport maritime international puissent être convenues dans le cadre de la CCNUCC, tous les mécanismes destinés à parvenir à des réductions devront être en fait conçus et mis en œuvre par l'OMI.

Contacts

Pour les interviews, les photos et plus de détails veuillez contacter :

Georgette Ginn, Service de presse d'Oxfam au +44 (0)1865 472037 / +44 (0)7824 503108, gginn@oxfam.org.uk