G8 : un communiqué final "à la normande"

“A Deauville, 19 milliards de dollars peuvent être équivalent à 1,27 milliards mais dans la vraie vie, il y a une différence que des millions de personnes parmi les plus pauvres apprécieront.”
Emma Seery
Porte-parole d'Oxfam
Publié le : 27 Mai 2011

Alors que le sommet de Deauville touche à sa fin, Oxfam prévient que le G8 perd encore en crédibilité en publiant un communiqué dénué de toutes décisions concrètes.

"Tout est relatif à Deauville, oui peut vouloir dire non*, obligatoire signifier volontaire, 19 milliards de dollars être équivalent à 1,27 et de nouvelles promesses s'additionner à d'anciennes non tenues", souligne Emma Seery, porte-parole d'Oxfam.

Le G8 ne s'est toujours pas mis d'accord pour accepter les chiffres d'aide de l'OCDE qui démontrent que 19 milliards de dollars manquent sur les 50 milliards de dollars promis. Le communiqué final se contente simplement de mettre côte à côte ces chiffres avec leurs étonnants calculs ignorant cinq ans d'inflation, indiquant ainsi des objectifs d'aide pratiquement atteints.

"A Deauville, 19 milliards de dollars peuvent être équivalent à 1,27 milliards mais dans la vraie vie, il y a une différence que des millions de personnes parmi les plus pauvres apprécieront", ajoute Emma Seery.

Bien que le G8 n'ait pas réussi à mener à bien son partenariat avec l'Afrique, il en a lancé un nouveau aujourd'hui.

"A moins que le G8 ne s'engage à également honorer ses engagements financiers existant contre la pauvreté, ses nouvelles promesses en soutien au printemps arabe pourraient s'avérer à moitié vides, comme les précédentes."

Le "partenariat de Deauville" entre le G8 et le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord reconnait que la vie des populations pauvres ou marginalisées en Egypte et en Tunisie doivent pouvoir profiter concrètement des récentes avancées permises par les révolutions dans leur pays. Des milliers de personnes manifestent toujours en Egypte contre les violations des droits de l'Homme dans leur pays.

"Tout partenariat digne de ce nom doit se fonder sur un respect mutuel vis-à-vis des droits fondamentaux et des libertés politiques, indispensable à une véritable transition démocratique."

Il est également essentiel que toute aide en faveur de ces pays n'entraîne en aucun cas leur endettement.

Oxfam salue la mention par le G8, dans le cadre de leur engagement en faveur de plus de transparence, de législations et régulations plus fortes sur les comptes des compagnies pétrolières, gazières et minières. Mais cette bonne nouvelle est atténuée par l'insistance de certains pays du G8 à garder dans le communiqué des éléments de langage laissant la porte ouverte à l'aspect "volontaire" de ces publications.

"En soutenant la publication 'obligatoire ou volontaire' des paiements effectués par les compagnies pétrolières, gazières et minières aux gouvernements, le G8 a réussi à transformer une réelle opportunité en un oxymore", souligne Mamadou Biteye, directeur d'Oxfam en Afrique de l'Ouest.

Oxfam appelle le G8 à cesser de tergiverser. Seule une publication obligatoire et totale des informations relatives à leurs activités donnera aux citoyens les moyens d'exiger des comptes vis-à-vis de leurs gouvernements et contribuera à ce que ces pays reçoivent une juste contrepartie de ces multinationales.

En savoir plus

> Oxfam se mobilise pour le G8 : voir notre page spéciale G8 2011

Contacts

Magali Rubino: + 00 33 6 30 46 66 04 MRubino@oxfamfrance.org

Laura Rusu: + 00 1 202 459 3739 LRusu@oxfamamerica.org

Permalink: http://oxf.am/4kv