Jordan’s Za’atari refugee camp. Photo: Jonny Bonny/Oxfam

Syrie : Oxfam alerte sur les risques sanitaires à l’approche de l’été

“La réponse humanitaire doit être financée de manière adéquate et viser à fournir aux réfugiés un logement abordable et décent où ils pourront habiter dignement. ”
Rick Bauer
Coordinateur humanitaire régional d’Oxfam.
Publié le : 20 Mai 2013

L’aide financière est de plus en plus urgente afin de porter assistance à plus de 1,4 million de réfugiés

Alors que les températures locales vont atteindre plus de 40°c dans les semaines à venir, Oxfam est très préoccupée par l’augmentation des risques sanitaires pour les réfugiés syriens provoquée par cette hausse des températures. Selon l’ONG, les plus vulnérables, tels que les personnes âgées, les femmes et les enfants, doivent déjà faire face à de graves risques sanitaires dus à l’absence d’abri, d’eau et d’installations sanitaires.

Le flux continue de réfugiés arrivant au Liban et en Jordanie pousse Oxfam à alerter sur l’urgence de répondre à ces risques sanitaires. Les cas de maladies entrainées par de mauvaises conditions d’hygiènes, telles que la diarrhée et les infections de la peau, sont en augmentation alors que le nombre de réfugiés vivant dans les camps est de plus en plus important. Dans la seule vallée de la Bekaa au Liban, il y a désormais 240 campements de tentes, soit six fois plus que le nombre enregistré en Jordanie.

Le ministre de la santé publique libanais a déclaré que plus de 100 cas de leishmaniose cutanée, mieux connue sous le nom de Bouton d’Alep, ont été diagnostiqués dans des cliniques privées au cours des deux dernières semaines. La plaie, si elle n’est pas traitée, peut se transformer en une lésion cutanée de plusieurs centimètres de diamètre. Elle est au départ causée par un parasite unicellulaire transmis par un insecte, le phlébotome. Un accès à des soins médicaux, de l’eau potable et une bonne hygiène sont absolument nécessaires afin de traiter ces infections.

Malgré la générosité du peuple libanais et de son gouvernement, la plupart des réfugiés syriens ont un accès très restreint à l’eau et aux installations sanitaires. Le HCR s’est déclaré très préoccupé la probable augmentation de maladies hydriques dans les prochains mois. Dans les cliniques de MSF installées dans la vallée de la Bekaa, 84 cas de diarrhées ont été diagnostiqués au mois d’avril. Selon l’ONG, le nombre ne devrait faire qu’augmenter dans les mois à venir à cause du manque d’eau potable, de sanitaires non conformes et de la hausse des températures.

International Medical Corps (IMC) rapporte qu’au Liban 7% des patients souffraient de maladies gastro-intestinales, un pourcentage en augmentation. L’accès à de l’eau propre et potable est essentiel pour pallier la déshydratation que peuvent provoquer ces maladies.

Appel d'urgence

Oxfam, qui a des décennies d’expérience dans la gestion des risques liés à la santé publique via l’amélioration de l’accès à l’eau et aux sanitaires, souligne l’urgence d’apporter des fonds afin de fournir des abris, de l’eau potable et des installations sanitaires adéquates aux réfugiés. Oxfam espère récolter 53,4 millions de dollars au cours de cette année, même si son appel à don n’est financé qu’à 23% (10,6 millions de dollars) pour le moment.

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« Nous commençons à être véritablement inquiets pour la santé des réfugiés syriens. Trop d’entre eux vivent dans des logements inadaptés, comme par exemple un centre commercial désaffecté ou en périphérie d’un cimetière. Ces abris n’ont pas de toilettes, peu d’eau et les ordures commencent à s’y entasser. A l’approche de l’été, les réfugiés qui vivent dans des mauvaises conditions sanitaires sont menacés par de graves risques de maladies », déclare Rick Bauer, coordinateur humanitaire régional d’Oxfam.

« Au cours des mois d’été secs qui s’annoncent, il est de notre devoir de minimiser les risques et cela commence par donner aux réfugiés un abri convenable. Le coût élevé des loyers en Jordanie comme au Liban force des milliers de réfugiés à dormir et vivre entassés à plusieurs, dans des conditions insalubres et sans presque aucune intimité. La réponse humanitaire doit être financée de manière adéquate et viser à fournir aux réfugiés un logement abordable et décent où ils pourront habiter dignement. C’est la priorité numéro un pour les réfugiés comme pour les communautés d’accueil. »

Alors que les besoins ne font que s’accroître en Syrie et dans les pays d’accueil, l’appel à don de l’ONU lancé en janvier n’est pour l’instant financé qu’à 58%, ce qui signifie qu’il manque encore 650 millions de dollars. Les agences de l’ONU ont prévu de lancer un nouvel appel le 7 juin pour les six prochains mois à venir.
En Jordanie, où plus de 55% des réfugiés ont moins de 18 ans, les Syriens vivant dans des communautés d’accueil manquent d‘argent pour subvenir à leur besoins les plus basiques tels que du savon et de l’eau pour se laver. Dans un campement de tentes de Balqa-Ouest, Oxfam a relevé que certains enfants ne pouvaient prendre un bain qu’une fois tous les dix jours. L’ONG a déjà pu constater une augmentation des infections de la peau, particulièrement chez les jeunes enfants.

L’ONG cherche aussi à accroitre son assistance directe à Balqa et Zarqa afin de venir en aide aux réfugiés ainsi qu’aux communautés locales pour qu’elles puissent avoir accès à de l’eau potable et des accessoires d’hygiène essentiels. Oxfam va travailler étroitement avec les réfugiés et les communautés d’accueil afin d’introduire des mesures de conservation de l’eau et promouvoir des mesures d’hygiène permettant de réduire la consommation en eau pour tous les résidents, les communautés locales inclues. De plus, l’ONG est en train d’accroître son programme d’eau et d’assainissement dans le camp de réfugiés de Zataari, le plus grand de Jordanie, afin de faire face à la hausse des températures et aux risques sanitaires qui en découlent. L’OMS a identifié la déshydratation, la diarrhée et la conservation de la nourriture comme les risques les plus importants dans le camp.

Au Liban, le gouvernorat du Nord accueille la plus forte concentration de personnes qui ont besoin d’eau potable et de sanitaires de base. En mai 2013, environ 635 000 personnes ont besoin d’aide – tant les réfugiés que les communautés d’accueil - et Oxfam prévoit que ce nombre va augmenter jusqu’au-delà de 740 000 d’ici à novembre 2013.

Des communes de la vallée de la Bekaa ont déclaré aux ONG internationales qu’elles étaient incapables de mettre en place un réel système de collecte des ordures pour les réfugiés. EIles ont appelé à un soutien financier afin d’être capables de garantir que la collecte des ordures soit faite de manière régulière dans ces camps de fortune où vivent désormais des milliers de réfugiés.
        
« La triste réalité est que la majorité des réfugiés syriens ne vont pas rentrer chez eux avant longtemps. Il est aussi évident que les communautés d’accueil au Liban et en Jordanie ont besoin d’une aide urgente. Ces deux pays ont fait preuve d’une immense générosité et solidarité en accueillant les réfugiés, mais ils ont besoin d’aide afin de prévenir les graves risques sanitaires et les potentielles infections qui vont affecter les réfugiés et les communautés d’accueil dans les mois prochains », déclare Rick Bauer.

« Au cours des mois estivaux, il faut sécuriser les ressources en eau afin de permettre de bonnes pratiques d’hygiène et prévenir les maladies infectieuses. Mais si les ONG et les autorités locales veulent étendre leurs programmes, elles ont besoin de plus de fonds. Il n’y a pas d’autres solutions. Fournir de l’eau potable, des sanitaires et un accès aux soins médicaux adéquats est coûteux. Il est temps que les principaux bailleurs de fonds se réveillent et affrontent cette réalité. »

Contacts

Louis Belanger
Liban +961 360 7348
USA +1 917 224 0834 |
skype: louisoxfam
Twitter: @louis_pres

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