Ramos Nelmo producteur de café (Olopa, Guatemala). Foto: Saul Martinez/Oxfam
En Amérique centrale, le changement climatique a ravagé dans la zone commerçante de café.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre: une nécessité pour lutter contre la faim dans le monde

“L’impact du changement climatique sur l’approvisionnement alimentaire mondial ne fait plus aucun doute. La course à la réduction des émissions, dans laquelle chaque pays joue son juste rôle, est engagée.”
Winnie Byanyima
Directrice générale d’Oxfam
Publié le : 7 Avril 2014

L’organisation internationale de développement Oxfam avertit aujourd’hui que tous les pays du monde doivent contribuer équitablement aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, si nous voulons réduire les effets préjudiciables du changement climatique sur l’approvisionnement alimentaire mondial.

Cet avertissement est lancé alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) se réunit à Berlin afin de finaliser son rapport de référence sur la réduction des émissions mondiales. Il y a une semaine, lors de sa rencontre au Japon, les États ont reconnu que le changement climatique aura un impact sur la production agricole plus grave que ne le prévoyait le précédent rapport d’évaluation du GIEC, en 2007.

Oxfam estime que chaque pays doit prendre part à l’effort mondial visant à maintenir le changement climatique sous contrôle, mais de façon équitable, en fonction des responsabilités et des capacités. Les pays riches doivent procéder aux réductions les plus significatives et aider les pays pauvres à s’engager dans un développement sobre en carbone et à s’adapter à l’aggravation des effets. Quant aux économies émergentes, dont la responsabilité et les moyens s’accroissent, elles doivent intensifier leurs efforts de réduction. De plus, étant donné que la majeure partie des populations les plus pauvres vit désormais dans des pays à revenu intermédiaire, les États doivent assurer une répartition interne plus équitable, la plus grande part incombant aux plus aisés.

Tous les pays doivent réduire leurs émissions

« L’impact du changement climatique sur l’approvisionnement alimentaire mondial ne fait plus aucun doute, déclare Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam. La course à la réduction des émissions, dans laquelle chaque pays joue son juste rôle, est engagée. Les pays riches sont responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre et doivent, à ce titre, montrer l’exemple pour limiter les émissions à un niveau qui permettra d’éviter l’aggravation de la faim et des souffrances. »

Le rapport du GIEC sur les mesures d’atténuation devrait en principe indiquer qu’il est encore possible de maintenir le réchauffement en dessous de 2 °C, mais à condition de renforcer rapidement les réductions. Il devrait également évaluer les moyens de déterminer la juste part de chaque pays dans l’effort mondial, puis conclure qu’il appartient en premier lieu et dans une plus grande mesure aux pays riches de réduire les émissions. Jusqu’à présent, ceux-ci n’en ont pas fait assez. L’Union européenne envisage actuellement de parvenir à des réductions de 40 % par rapport aux niveaux de 1990 à l’horizon 2030, mais cela reste en-deçà de sa part dans l’objectif d’éviter un réchauffement de plus de 2 °C. Oxfam exhorte l’UE à se préparer à réduire ses émissions d’au moins 55 %.

Les combustibles fossiles doivent être remplacés

Oxfam demande également un remplacement progressif des combustibles fossiles, qui représentent plus de 80 % des émissions mondiales annuelles de CO2, par des carburants alternatifs à faible intensité carbone qui bénéficient aux plus pauvres. Oxfam pointe également les entreprises du secteur agroalimentaire et les invite à réduire les émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Si nous ne prenons pas dans les plus brefs délais les mesures qui s’imposent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’impact du changement climatique continuera de s’aggraver. Selon les estimations, le changement climatique pourrait porter le nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition à 25 millions en 2050, soit l’ensemble des enfants de moins de cinq ans que comptent les États-Unis et le Canada réunis.

Notes aux rédactions

Philippines – Des femmes et des hommes planteurs de cocotiers, riziculteurs et pêcheurs parlent de la modification des conditions météorologiques et des difficultés de reconstruire leur vie après le typhon Haiyan. Photos, témoignages et vidéo :

http://wordsandpictures.oxfam.org.uk/?c=15789&k=8359fdf9fb

Nicaragua et Guatemala – Photos et témoignages sur la propagation de la rouille du café qui a réduit les récoltes et sur les difficultés accrues des agricultrices et agriculteurs pour gagner leur vie et nourrir leur famille.

Nicaragua http://wordsandpictures.oxfam.org.uk/?c=15756&k=fae8f064fa

Guatemala http://wordsandpictures.oxfam.org.uk/?c=15721&k=acfa89804d

Contacts

Oxfam disposera d’une équipe à Berlin. Pour organiser des interviews et obtenir de plus amples informations, contacter :

Berlin, Allemagne : Steffen Kuessner, +49 30 45 69 710 / +49 177 880 9977 / skuessner@oxfam.de

Oxford, Royaume-Uni : Lucy Brinicombe / +44 (0)1865 472192 / +44 (0)7786 110054 / lbrinicombe@oxfam.org.uk

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