Questions et réponses sur les accaparements de terres




Des populations de pays pauvres se retrouvent privées de logement et de nourriture à la suite de grandes transactions foncières, dénoncent plusieurs enquêtes d’Oxfam. Des familles sont injustement expulsées de leurs terres et perdent ainsi leur seul moyen de produire des denrées alimentaires et de gagner leur vie. Pour les grands investisseurs, l’accaparement des terres est une activité très lucrative, mais ce sont les populations pauvres qui en paient directement le prix.
Qu’est-ce que l’accaparement des terres ?
L’acquisition de terres se transforme en accaparement dès lors qu’elle viole les droits humains, qu’elle se déroule sans consultation des personnes concernées, sans véritable consentement et en secret. Les « accapareurs de terres » ignorent les éventuels impacts sociaux et environnementaux des transactions foncières qu’ils réalisent.
Quel est le problème avec les grandes transactions foncières ? L’investissement n’est-il pas une bonne chose ?
L’investissement responsable est un élément important de la lutte contre la pauvreté. Toutefois, les grandes transactions foncières se produisent si rapidement et à si grande échelle que les personnes pauvres se retrouvent plus exposées que jamais à l’accaparement des terres et à ses injustices.
Quelles sont les implications pour les personnes vivant de leurs terres ?
Là où les terres sont accaparées, les communautés perdent les terrains dont elles dépendaient pour produire leur nourriture et nourrir leur famille. On les prive de leur logement, de leur travail et de leurs moyens de subsistance, parfois avec violence, et elles n’ont aucun recours.
Pourquoi les terres sont-elles si recherchées ?
En raison du prix élevé des denrées alimentaires et de la demande pour de nouveaux types de carburants, les terres sont devenues un investissement plus rentable. Si l’on ajoute à cela l’augmentation de la demande alimentaire, les terres apparaissent alors comme un investissement des plus sûrs pour les investisseurs avisés.
Qui est impliqué ?
Du Guatemala à l’Indonésie et du Liberia au Soudan, les terres sont pillées par des investisseurs de tout acabit. Gouvernements, exportateurs de denrées alimentaires, prestataires de tourisme, spéculateurs de Wall Street.... la liste est longue !
Mais si les investisseurs utilisent les terres pour cultiver des denrées alimentaires, le résultat ne sera-t-il pas positif ?
Les pays en développement ont désespérément besoin d’investissements, mais pas d’investissements qui privent les personnes de leur accès aux terres et aux ressources naturelles. La plupart des investisseurs envisagent d’exporter à destination des pays riches les denrées qu’ils cultiveront. Les autres s’en serviront pour réaliser les objectifs démesurés de production d’agrocarburants pour les pays développés. Avec eux, le problème de la faim ne fait qu’empirer.
Y a-t-il une solution ?
Oui. Non seulement la Banque mondiale finance de grandes transactions foncières mais elle influence également la manière dont les terres sont achetées et vendues. Nous devons l’exhorter à geler les grandes transactions foncières mais aussi à établir des normes équitables, que les prochaines transactions devront respecter et qui protégeront les droits des personnes pauvres tout en encourageant des investissements propices à la lutte contre la pauvreté.
A vous d'agir : signez la pétition adressée au président de la Banque mondiale





