Nadia, académie de police de Kaboul. Photo : Ellie Kealey/Oxfam
Nadia est en formation à l'académie de police de Kaboul. Elle travaillera à un point de contrôle à Kaboul.

Afghane et fière d’être agent de police

“De même que la société a besoin de femmes en médecine, il faut des femmes dans la police.”
Nadia
Policière afghane

Généralement classé parmi les pays les plus dangereux pour les femmes, l’Afghanistan ne compte que 1 551 femmes agents de police, soit une pour 10 000 habitantes.

Les femmes qui intègrent les services de police afghane sont souvent rejetées par leur communauté, et même leur famille, du fait d’une stigmatisation qui a coûté la vie à plus d’une d’entre elles. Il est essentiel de recruter davantage de femmes dans la police et de lutter contre cette stigmatisation afin d’assurer la sécurité des Afghanes et de renforcer la stabilisation du pays.

Nadia et Tuba sont deux des 22 femmes agents de police du Kondôz, une province reculée de l’Afghanistan. Pour une population de plus de 820 000 habitants, cette province emploie 22 femmes agents de police. Si ce chiffre peut paraître bien maigre, il faut savoir que les provinces du Panshir et du Nouristan, dans le nord-est du pays, ne comportent absolument aucune femme dans leurs services de police.

« Quand j’ai intégré la police, raconte Nadia, j’ai dû faire face à beaucoup de difficultés, parce que notre société n’accepte pas qu’une femme fasse ce métier. Les gens ne se rendent pas compte de l’utilité des effectifs de police féminins ni de leur importance dans la société, surtout pour les autres femmes. J’ai même entendu des personnes cultivées traiter les policières de "femmes faciles". Ça m’a fait un choc, mais je suis bien obligée de continuer à travailler. De même que la société a besoin de femmes en médecine, il faut des femmes dans la police. »

Tuba souligne l’importance des effectifs de police féminins pour les Afghanes :

« La présence d’une femme agent de police est toujours indispensable pour sauvegarder le respect et la dignité des Afghanes. Il faut davantage sensibiliser et éduquer les gens. Les médias devraient faire valoir l’importance et le rôle des femmes agents de police dans la société. »

En collaboration avec l’association afghane RIWPS (Research Institute of Women, Peace and Security), Oxfam monte une campagne nationale destinée à faire valoir la nécessité et tout l’intérêt des effectifs de police féminins pour la communauté. Visant à lutter contre des préjugés profondément ancrés dans les mentalités et à réduire les risques courus par les femmes agents de police, cette campagne célèbrera le travail de ces femmes au service de la communauté.

« Le meilleur moyen de rapprocher ces femmes agents de police de la communauté consiste à montrer qu’elles sont tout aussi compétentes que leurs homologues masculins et que la morale ne s’oppose en rien à leur exercice de la profession, explique Wazhma Frogh, directrice générale de RIWPS. Elles doivent être érigées en modèles pour les autres femmes. »

À Kondôz, Tuba est tout à fait d’accord. « Il faut davantage parler des femmes agents de police et encourager plus de femmes à intégrer les rangs de la police. Je veux être respectée par la société. »

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Infographie - Les femmes et la police afghane

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