Rizicultrice, Laos. Photo : Oxfam
680 familles de riziculteurs ont participé à un projet de conservation et de gestion de la biodiversité

Semences paysannes, une richesse valorisée au Laos

“Beaucoup de variétés disparaissent car nous ne les utilisons pas et ne savons pas comment les conserver.”
Moonthong
Riziculteur

Le Laos est le deuxième pays au monde, après l’Inde, en terme de diversité de variétés de riz cultivées. 13 000 espèces y sont répertoriées et les paysans jouent un rôle crucial dans la conservation et l’utilisation de cette ressource génétique.

Depuis plus de dix ans, Oxfam coordonne un projet de conservation et de gestion de la biodiversité basé sur les besoins des communautés paysannes lao, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, le Centre national de recherches agricoles, des écoles d’agriculture, des ONG et bien sûr les paysans. Ce projet, nommé Bucap (Biodiversity Use and Conservation in Asia Program), est coordonné au niveau de l’Asie du Sud-Est par Searice, une ONG philippine qui défend le droit des paysans à conserver et utiliser leurs semences.

Sélectionner, produire et conserver ses propres semences

A travers les champs-écoles, les agriculteurs peuvent expérimenter et apprendre par eux-mêmes comment améliorer leur capacité à sélectionner, croiser, produire et conserver leurs semences. Depuis le lancement du projet, environ 680 familles paysannes ont pu en bénéficier. Moonthong et sa femme Khambang possèdent deux hectares consacrés à la culture du riz et à la production de semences dans la province de Vientiane. « Avant, nous utilisions nos propres techniques pour croiser les semences mais celles-ci étaient moins professionnelles. Nous sommes aussi maintenant davantage conscients des pertes en terme de biodiversité. Beaucoup de variétés disparaissent car nous ne les utilisons pas et ne savons pas comment les conserver. »

Pour une plus grande autonomie financière et de meilleurs rendements

En sélectionnant leurs semences, les paysans réalisent des économies substantielles. Certains consacrent même une partie de leurs terres à la production de semences qu’ils vendent ou troquent avec les autres paysans. Avant le projet Bucap, Moonthong et sa femme Khambang achetaient leurs semences auprès de l’industrie semencière. « Mais il y avait beaucoup d’échecs. Les variétés ne respectaient pas les promesses de rendement annoncés », précisent-ils. Les variétés développées par l’industrie semencière sont en effet très homogènes et ne prennent pas en compte les caractéristiques propres à chaque environnement, l’objectif des semenciers étant de pouvoir les distribuer à grande échelle. Cette logique nuit à la biodiversité et face au changement climatique, l’uniformité peut s’avérer dangereuse. Le projet Bucap soutient également le développement de nouvelles variétés adaptées au changement climatique. Les paysans ont déjà sélectionné des semences résistantes à la sécheresse ou aux inondations.

Fort de son succès, le projet vient d’être reconduit pour quatre ans dans neuf nouvelles provinces du Laos, à la grande satisfaction des paysans.

En savoir plus

Le travail d'Oxfam au Laos

Enjeux : Changement climatique et Agriculture à petite échelle

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