Distribution de repas dans un restaurant communautaire
Chaque restaurant propose 80 repas par jour

Haïti: Oxfam finance des restaurants communautaires

“Avec un minimum de fonds, je pourrais relancer mon commerce de produits alimentaires et prendre soin de ma famille.”
Clotide Anilus

Peleg Charles, responsable média d'Oxfam en Haïti, présente le projet pilote d'Oxfam qui permet de fournir de la nourriture et rétablir les moyens de subsistance dans le Haïti post-séisme.

Mercredi 03 mars 2010, nous sommes à Carrefour feuilles, une banlieue située au sud de la capitale haïtienne, ravagée il y a deux mois par un puissant tremblement de terre. Au milieu des badauds on aperçoit la silhouette de  Clotide Anilus, une mère de famille de 38 ans, elle se rend, avec trois assiettes dans un sac, chez Guerline Dimanche, responsable d’un restaurant communautaire financé par Oxfam.

Grâce à ce restaurant communautaire, Clotide arrive à donner un plat chaud à sa famille, dispersée ça et là dans la mégapole que représente Port-au-Prince. « Ce restaurant communautaire est tout ce qu’il nous reste pour survivre, moi et ma famille, déclare-t-elle d’un air détaché. Je n’ai jamais pu obtenir un ticket permettant l’accès à de la nourriture car tout ça n’est pas bien organisé, ce qui complique les choses pour mes trois enfants, mon mari malade, et moi-même. »

La situation de Clotide est similaire à celle de plusieurs milliers d’haïtiens qui ont tout perdu suite au tremblement de terre. Cependant, au milieu de toutes ces incertitudes, Oxfam finance 56 restaurants communautaires dans la localité de Carrefour Feuilles.

Partager un plat en deux

Ces restaurants permettent à Oxfam de distribuer des repas chauds à 4.500 rescapés de cette localité. Chaque restaurant propose 80 repas par jour. La priorité est donnée aux groupes les plus vulnérables, parmi lesquelles on trouve les femmes sans ressources, les personnes âgées et les personnes handicapées.

De plus, les bénéficiaires de ce programme de restaurants communautaires reçoivent une allocation de deux mille gourdes (l’équivalent de 50 dollars US) sur deux mois pour couvrir d’autres dépenses nécessaires telles que l’achat de médicaments ou de produits de toilette.

Malgré le fait qu’elle n’arrive à obtenir que quatre repas par jour pour son ménage qui compte 5 bouches à nourrir, Clotide se dit satisfaite de ce qu’elle reçoit. « On s’arrange pour partager un plat en deux. Ce n’est pas grave car il faut que les autres familles puissent aussi se nourrir », explique-t-elle, souriante.

Derrière ce sourire espiègle, elle reste très inquiète. Elle a dû fermer son petit commerce pour s’occupe de son mari, déjà atteint d’une maladie mentale et d’une paralysie avant le tremblement de terre. Aujourd’hui, elle doit trois mois à ses créanciers. Ses enfants passent la nuit dans un taudis alors qu’elle dort dans un camp de réfugiés. La maison de sa sœur, où elle habitait puisqu’elle ne pouvait plus payer son loyer, a été complètement détruite par le tremblement de terre. « Ce qui m’inquiète le plus aujourd’hui c’est que ce programme de restaurants communautaires ne va durer que deux mois. Qu’allons-nous faire après », se demande-t-elle, d’une voix angoissée.

Une solution durable

« Pour moi, avec un minimum de fonds, je pourrais relancer mon commerce de produits alimentaires et prendre soin de ma famille », dit la jeune femme d’un air rêveur.

C’est exactement cette idée qu’Oxfam veut mettre en œuvre dans le cadre de son nouveau plan d’urgence post-catastrophe.

« Je veux une solution durable pour tous les bénéficiaires. Je ne veux laisser personne les mains vides après le programme de restaurants communautaires », a déclaré Philippa Young, chef d’équipe pour le programme d’Oxfam de sécurité alimentaire et des moyens de subsistance à Port-au-Prince.

Á la fin du contrat des restaurants communautaires, Oxfam va intégrer les bénéficiaires à un programme et payer $125 US pour permettre aux gens de relancer leurs commerces. Ceci les aidera à devenir plus proactifs et autonome et petit à petit ne plus être assistés.

En savoir plus

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