Faroza est membre du comité d'hygiène de son village. Photo : Jane Beesley
Faroza, membre du comité d'hygiène de son village, raconte son histoire.

De retour au village : reportage au Pakistan après les inondations

“Quand nous sommes revenus au village, nous n’avions plus rien. Nous avons tout perdu dans les inondations. De toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de tel.”
Faroza

Soixante-quatre familles sont revenues dans leur village de Dildarsipar, dans le district de Jacobabad, au Pakistan, où Oxfam travaille avec l'association locale YAP (Youth Action for Pakistan). Des kits d’hygiène ont déjà été distribués et des comités d'hygiène ont été formés. Faroza, membre de l'un de ces comités, raconte l'histoire de ces familles.

Les inondations et le départ

"Nous avions entendu dire qu'il y avait des inondations et que l'eau risquait d'arriver jusqu'à nous. Nous espérions que l'eau ne monterait pas jusqu'ici mais elle est finalement venue, durant la nuit, alors que nous dormions. Il n’y avait qu'une seule chose à faire : prendre les enfants, rassembler les bêtes et partir en direction de la route.

Lorsque nous avons fui les inondations, nous n'avions pas de véhicule et nous avons donc dû marcher pendant 5 à 7 heures sous des trombes d’eau. Les gens étaient installés sur la route. Nous sommes restés là-bas pendant 2 mois et 14 jours, dans les camps montés par le gouvernement et par d'autres organisations. Dans les camps, les gens disposaient de latrines et recevaient un peu de nourriture, mais pas suffisamment. En tant que femmes, nous avions beaucoup de problèmes... Nous n'avions pas de linge ou de serviettes hygiéniques.

De retour à la maison

"Nous sommes rentrés le mois dernier, il y a environ quatre semaines. Au début, il y avait encore beaucoup de boue et d'eau partout. Nous en avions jusqu’en haut des jambes. C'était infesté de serpents, de moustiques et d'animaux morts. C'était affreux. On aurait dit l'apocalypse... Tout le monde pensait que la mort était proche... Nos enfants pleuraient parce que nos maisons avaient été détruites et tout le reste aussi. L'eau des crues stagne toujours autour du village.

Des conditions de vie terribles

Avant les inondations, nous avions des maisons mais désormais nous vivons sous des tentes. Nos bêtes - des buffles et des vaches - sont mortes lors des inondations. Nous n'avons pu emporter que très peu de choses avec nous et maintenant nos conditions de vie sont terribles. Le froid commence à gagner le village et, la nuit, les moustiques piquent. Avant, notre système d’eau était en bon état. Maintenant, notre eau est salée. Mais nous remercions Dieu d'avoir épargné nos enfants et de nous avoir sauvé la vie. Inchallah, nous pourrons faire quelque chose de notre avenir !

Des kits d'hygiène bienvenus

Une semaine après notre retour, nous avons reçu des kits d'hygiène qui contiennent des serviettes hygiéniques, deux serviettes de toilette, quinze savonnettes pour la toilette, deux savons pour la vaisselle et six pour la lessive, une glacière et un seau.

Les savons pour se laver et ceux pour faire la lessive sont particulièrement utiles. Nos vêtements étaient tellement sales, nos enfants se salissaient mais nous n'avions pas d’argent pour acheter ces choses-là. Avant de recevoir ces kits, nous étions tellement noirs de boue qu’on aurait dit des ramoneurs ! Nous étions tout le temps sales, sales, sales ! Maintenant nous avons du savon pour nous laver les mains, pour faire notre toilette et pour laver nos bébés.

Le savon aide aussi à prévenir les maladies de peau, les éruptions cutanées et d'autres maladies, comme la diarrhée. Mon bébé avait souvent la diarrhée mais après avoir reçu les kits d'hygiène, j’ai pu lui faire sa toilette et la diarrhée s’est arrêtée.

Une sensibilisation aux règles d'hygiène

Nous avons appris notamment que les mamans devaient plutôt nourrir leurs bébés au sein, qu’il fallait se laver les mains après avoir utilisé les latrines, après avoir fait la toilette des bébés, après nous être occupés des bêtes, avant un repas et avant de faire la cuisine.

Des "comités d'hygiène" actifs

Je suis membre du comité d'hygiène des femmes. Nous sommes sept. Notre responsabilité consiste à sensibiliser les villageois aux règles d'hygiène, à inciter les gens à utiliser les latrines plutôt que de faire leurs besoins n'importe où et à les encourager à veiller à la propreté des lieux.
 
Nous sommes très heureux que vous soyez venus nous donner des kits d'hygiène et des abris. Quand nous sommes revenus au village, nous n’avions plus rien. Nous avons tout perdu dans les inondations. De toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de tel."

Ce reportage a été réalisé avec l’aide financière du ministère britannique du Développement international, qui veille à subvenir aux besoins en eau, assainissement et sensibilisation à l’hygiène auprès de 315 000 personnes (45 000 familles) dans le Haut-Sindh, au Pakistan.

À ce jour, Oxfam a pu toucher plus de 225 000 personnes.

En savoir plus

Inondations au Pakistan en 2010 : le travail d'Oxfam sur place 

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