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Inondations au Pakistan: Famida Ghancha décrit sa situation

 Caroline Gluck/OxfamTrois mois après que les inondations aient dévasté le Pakistan, les maladies se propagent et, dans région la plus touchée, la province de Sindh au sud du pays, de nombreuses zones sont encore sous les eaux. De plus, les financements alloués à l’appel de l’ONU pour les inondations sont en train de s’épuiser, ce qui fait peser une menace sur l’aide et les efforts de reconstruction. L’hiver approche et ce sont encore sept millions de personnes qui demeurent sans abri adéquat. Pour Oxfam, Caroline Gluck s’est entretenue avec une femme, Famida Ghancha, qui décrit la situation à laquelle elle et sa famille sont confrontées.

Famida Ghancha, la trentaine, a six enfants (trois filles et trois garçons). Son plus jeune fils a trois ans. Son mari possèdait un magasin d’électroménager dans le village de Khushal, dans le district de Dadu. Elle décrit sa situation actuelle :

« Après les inondations, mon fils est tombé malade. Il avait de la fièvre, de la diarrhée et il était vraiment faible. Moi aussi je suis tombée malade. »

« Les inondations sont survenues en pleine nuit, pendant que tout le monde dormait. L’eau a envahi la maison et nos lits ont commencé à flotter. Nous nous sommes immédiatement précipités à l’extérieur et avons abandonné la maison. Tout ce que nous avions, c’était des couvertures. Nous n’avions pas de bétail. « Le gouvernement avait envoyé des véhicules et nous sommes restés plusieurs jours sur le bord du fleuve. Nous sommes partis ensuite  nous réfugier dans une école à cinq kilomètres d’ici. Nous nous sommes installés dans une classe et n’avions rien d’autre que du riz distribué par le gouvernement. »

« Mais ensuite, on nous a demandé de quitter l’école. Ils voulaient que nous partions pour rouvrir les classes. Et puis, ils ont arrêté mon mari parce qu’il était resté dans l’école. Il ne pouvait être libéré que si nous partions. De toutes façons je ne m’y sentais pas bien, des employés masculins y étaient installés and nous n’avions aucune intimité, ce qui était très pénible. »

« Nous sommes arrivés dans ce camp
hier soir. Nous ne pouvons pas encore rentrer chez nous, nous savons qu’un mètre et demi d'eau recouvre toujours notre village. Nous nous renseignons régulièrement pour savoir si l’eau s’est retirée. »

« Nous nous sommes installés ici avec une vingtaine d’autres personnes. Un autre groupe, plus petit, et resté derrière mais va arriver aussi. »

« C’est très dur de bouger autant. Hier soir j’ai dû aller à l’hôpital parce que j’étais malade. Ma tension était trop élevée et je souffre d’anémie. »

« Mon plus grand problème, c’est de ne pas avoir de toit. Nous sommes entourés d’étrangers et je trouve très difficile de devoir vivre avec eux. J’ai l’habitude de vivre à l'intérieur de la maison,mais désormais, tout le monde peut nous voir. Nous n’avons aucune intimité. Avant je n’allais nulle part, je restais toujours chez moi. C’est vraiment humiliant de vivre de la sorte. »

« Nous avons de quoi nous acheter à manger mais nous manquons d’ustensiles, nous n’avons pas de marmite, de casserole, de cuillères, pourtant nous en avons besoin. Je n’attendais rien et n’attends toujours rien du gouvernement. Pendant les inondations, nous avons pensé peut-être recevoir de l’aide mais tout ce que je vois, c’est de l’eau et de la nourriture fournie par des organisations humanitaires ».

Oxfam appelle les donateurs de la communauté internationale à financer le Pakistan en cette période difficile et aider ainsi les interventions d'urgence dans le sud du pays ainsi que les efforts de reconstruction dans les zones touchées par les inondations.

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Réponse humanitaire d'Oxfam aux inondations au Pakistan

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