Zanat remplit le réservoir pour se laver les mains. Photo : Jane Beesley/Oxfam
"Il faudra attendre encore six mois avant de pouvoir rentrer chez nous car il y a encore de l'eau"

Inondations au Pakistan : la vie dans un camp à Dadu

Dans la ville de Dadu, Oxfam et son partenaire local SAFWCO (Organisation de coordination des ouvriers forestiers agricoles de Sindh), assurent l'approvisionnement en eau, la fourniture d'équipements sanitaires et la promotion de l'hygiène dans plusieurs camps, avec le soutien de l'Unicef. Zarina et Janat vivent toutes les deux dans l'un de ces camps, où stationnaient autrefois des autobus.

L'histoire de Zarina

Avant les inondations, Zarina et sa famille travaillaient la terre mais tout a été détruit par l'eau. La famille, comme tant d'autres, a dû se réfugier dans des camps et en bordure des routes. "Nous sommes douze dans ma famille. J'ai six filles et quatre fils. Deux de mes fils sont mariés."

Zarina et Janat vivent dans un camp, autrefois aire de stationnement de bus.

Zarina et Janat vivent dans un camp, autrefois aire de stationnement de bus. Photo: Jane Beesley/Oxfam.

Tandis que quelques familles sont parties et que d'autres prévoient de le faire bientôt, Zarina dit que la sienne devra attendre encore longtemps avant de pouvoir rentrer chez elle. "Il faudra attendre encore six mois avant de pouvoir rentrer chez nous car il y a encore de l'eau. La dernière fois que quelqu'un y est allé, il y a quelques jours de cela, il y avait encore 30 cm d'eau et on ne pouvait circuler qu'en bateau. La terre est saturée, ce qui veut dire qu’elle mettra longtemps à sécher." Avec l'arrivée de l'hiver, cela prendra encore plus de temps.

L'entretien des latrines

Même si la vie dans le camp est difficile et les conditions pénibles, Zarina assume la responsabilité de l’entretien des latrines qu'elle et ses voisins utilisent, soit six familles. Ces latrines sont rudimentaires mais propres. Interrogée sur la raison d'une telle propreté alors que tant de personnes les utilisent, elle répond : "Si quelqu'un vient les utiliser, je reviens vérifier si elles sont propres. Si elles ne sont pas propres, je ne laisse pas la personne partir tant qu'elles ne sont pas nettoyées. Je ne peux pas les utiliser si elles ne sont pas propres." Elle poursuit en disant : "Nous n'avons pas de latrines comme celles-ci chez nous... C'est la première fois que nous en avons. C'est une bonne chose. Elles me plaisent parce qu'elles nous donnent de l'intimité et j'aimerais en avoir quand nous rentrerons chez nous."

Remarquant que le réservoir pour se laver les mains va bientôt manquer d'eau, elle le remplit. "Normalement, mon fils s'occupe de l'eau mais il n'est pas là aujourd'hui, donc je le fais". Et lorsqu'on lui demande où est le savon, elle explique : "Normalement, chacun apporte son savon parce que si on le laisse ici, quelqu'un le prendra."

L'histoire de Janat

Janat, tenant la glacière qui lui a été donnée.

Janat, tenant la glacière qui lui a été donnée. Photo: Jane Beesley/Oxfam.

Dans une tente pas très loin de Zarina, se trouve Janat. "Nous sommes treize dans ma famille. Nous avons onze enfants : deux fils et neuf filles." Comme Zarina, ils vivaient aussi de la terre avant l'inondation mais aujourd'hui, "il ne nous reste rien et nous n'avons pas de ressources chez nous. Je ne sais pas ce que nous ferons à notre retour. Nous sommes ici depuis deux mois et demi mais nous espérons rentrer chez nous dans dix jours, après l'Aïd. Nous n'avons plus de maison au village... Elle a été emportée par les eaux... Donc nous avons besoin d'un abri car l'hiver arrive."

Janat raconte qu'étant donné leur peu de possessions, le kit d'hygiène leur a été très utile : "Il y avait un seau, une glacière, du savon pour les vêtements, des ustensiles et du savon pour la toilette, des serviettes, du linge hygiénique. Ce kit nous a rendu la vie plus facile. Avant, nous n'avions rien pour stocker l'eau, donc la glacière est très utile... Mais tout ce qu'il y a dans le kit est très important pour nous parce que nous n'avions pas tout ça et nous n'avions pas d'argent pour l'acheter."

L'action d'Oxfam à Dadu

Les opérations d'Oxfam de fourniture d'eau et d'équipements sanitaires et de promotion de l'hygiène à Dadu bénéficient du soutien de l'Unicef. Jusqu'à présent, Oxfam et son partenaire SAFWCO ont : 

  • Construit 76 latrines d'urgence,
  • distribué 7 000 kits d'hygiène,
  • assuré des sessions de promotion de l'hygiène auprès de 26 000 personnes,
  • fourni de l'eau potable à plus de 39 000 personnes par le biais de citernes et l'installation de pompes manuelles.

En savoir plus

Les opérations humanitaires d'Oxfam en réaction aux inondations au Pakistan

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