« Il y a de l'eau partout à l'endroit où était ma maison »
« Il y a de l'eau partout à l'endroit où était ma maison »

Pakistan: Voix des personnes frappées par les inondations

Le Pakistan fait face à une des pires inondations du siècle. Beaucoup ont perdu leurs proches, leurs maisons, leurs récoltes et leurs effets personnels. Tariq Malik d'Oxfam nous fait entendre les voix des personnes frappées par les inondations de Mithankot, une région de la province de Punjab.

Des inondations ont été provoquées par le débordement de l'Indus, et les torrents de montagne du massif de Sulaiman ont rompu les digues de terre au sud-est de Mithankot, dans la province de Punjab, vendredi soir, inondant les villages environnants, la partie occidentale de la ville et faisant des milliers sans-abri.

« J'ai cinquante ans, et je n'ai jamais vu d'inondation à Mithankot. Je n'en ai même jamais entendu parler », dit Jam Bugho, un petit producteur de coton. « En piétinant avec de l'eau jusqu'aux genoux, et en transportant deux de mes neveux sur mes épaules, j'ai réussi à sortir du village avec ma femme. Avant cela [que nous partions] mon fils est allé chercher les vaches, juste pour voir s'il pouvait en emmener quelques-unes, même si ce n'était pas tout le troupeau, mais il n'est pas revenu. Nous avons décidé de ne pas l'attendre et nous avons rejoint les autres. »

« Est-ce qu'il y a un moyen de savoir ce qui est arrivé à mon fils ? À mes buffles, mes vaches et mes chèvres ? » – demande Bugho.

Mohammad Naeem, 27 ans, du village de Wasti Kallar, était aussi là avec toute sa famille. « Je me suis marié il y a juste quatre ans. J'ai trois enfants petits, une mère malade et un père aveugle. Ma femme est enceinte. Il y a de l'eau partout à l'endroit où était ma maison. J'ai perdu 40 ares de ma récolte de coton, et quatre ares de canne à sucre. L'eau a balayé tout le grain que nous avions dans les greniers. J'ai perdu mes vaches et aussi mes chèvres. Quand j'ai demandé au propriétaire du bateau de m'aider à récupérer mon bétail et du grain dans la maison qui n'était pas encore effondrée, il m'a demandé 10 000 roupies.

« Je n'avais pas d'argent, même pas le tiers de ce qu'il réclamait. Je lui ai offert une chèvre, mais il a totalement refusé. Puis j'ai contacté les gens de l'agence de sauvetage du gouvernement, qui ont aussi refusé du fait que mon village n'est pas dans leur zone d'opération. Alors maintenant, nous voilà, devant vous, les mains vides. Regardez le ciel, et les nuages qui arrivent – je n'ai nulle part où abriter mes enfants innocents et mes vieux parents, s'il se met à pleuvoir. »

En savoir plus

La réponse humanitaire d'Oxfam aux inondations au Pakistan

Permalink: http://oxf.am/ZAU