République démocratique du Congo : « Nous n'osons pas rentrer chez nous »
30 juillet 2012. Des milliers de personnes tentent de trouver refuge à Kibati, sur le territoire de Nyiragongo, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma, en République démocratique du Congo. Oxfam va acheminer de l’eau potable par camion-citerne pour aider la population du camp de Kibati à faire face à cette situation.
Ce récent afflux de personnes déplacées est la conséquence directe du conflit qui continue de déchirer le pays.
D’après les Nations unies, plus de deux millions de personnes sont actuellement déplacées dans l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, un chiffre que le pays n’avait pas connu depuis 2009. Des centaines de personnes continuent d’arriver chaque jour à Kibati.
Marie Cacace, d’Oxfam, s’est rendue sur place pour témoigner de la situation.
Photos : Marie Cacace/Oxfam
Déjà surpeuplé, le camp de fortune de Kibati voit arriver des flots ininterrompus de personnes déplacées. Elles portent avec elles les rares effets personnels qu’elles ont réussi à sauver au moment de quitter leurs maisons.
« Nous travaillions aux champs quand nous avons entendu des tirs et des balles siffler près de nous. Nous sommes partis en courant avec les seuls vêtements que nous portions. 4 de nos voisins qui tentaient de retourner chez eux pour récupérer des affaires ont été tués. Nous n’osons pas rentrer chez nous. Mon mari, nos 3 enfants et moi avons mis 2 jours pour arriver ici. Nous n’avons rien mangé depuis notre arrivée. Nous ne savons pas ce que nous allons faire », confie Jeanne, 26 ans.
Si certaines personnes ont pu trouver refuge dans les écoles, les églises ou au sein de familles d’accueil, de nombreuses autres à qui nous avons parlé passent la nuit à la belle étoile. Seuls 13% des besoins en eau sont actuellement couverts dans le camp et ces mauvaises conditions rendent les risques de propagation de maladies quasi certains.
« La pluie, la nuit dernière, nous a sauvé. Nous avons eu de la chance. Sans cette averse, nous n’aurions rien eu à un boire, un jour de plus », raconte un groupe de personnes installées dans l’école locale.
Avec l’arrivée récente de milliers de personnes, l'unique centre de santé destiné aux 23 770 personnes vivant dans cette zone, saturé en temps normal, ne parvient plus à faire face aux besoins. De nombreux enfants arrivent avec de graves formes de diarrhées, explique un médecin qui juge très probable l'apparition de cas de choléra, le manque de nourriture et de sources d’eau potable laissant craindre le pire.
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