Séparation des moutons dans l’exploitation de Simon Nairiamu
Le gouvernement a expulsé les pasteurs car leurs mauvaises techniques agricoles

Initiative commune d’Oxfam sur les moyens de subsistance, et expulsions de pasteurs en Tanzanie

Fin 2006, environ 1 000 familles de pasteurs furent expulsées par le gouvernement dans la vallée de l’Ihefu, dans le sud de la Tanzanie. Ces expulsions ont été motivées par le fait que les pasteurs dégradaient considérablement la région d’un point de vue environnemental, ce qui provoqua précisément une baisse de la disponibilité de l’eau alimentant d’importantes stations hydroélectriques. La plupart de ces pasteurs vivaient dans cette région depuis les années 1970.

La procédure utilisée pour expulser les pasteurs fut surtout arbitraire. Faire appel ne fut pas possible et les familles eurent peu ou pas de temps pour préparer leur déménagement. De plus, la région vers laquelle elles furent déplacées n’était pas adaptée au pastoralisme. Ces expulsions sont une violation des droits de l’homme au plus haut niveau et ont conduit à la perte de vies humaines, à d’importants dommages sur les moyens de subsistance ainsi qu’à la pauvreté et à la destitution de nombreuses familles. Les expulsions ont également soulevé de nombreuses questions quant à savoir dans quelle mesure les principes de bonne gouvernance s’appliquent aux questions relatives au bien-être et à la situation des pasteurs en Tanzanie.

En réaction à cela, l’initiative commune d’Oxfam sur les moyens de subsistance en Tanzanie (JOLIT, Joint Oxfam Livelihoods Initiative in Tanzania) et ses associés du Pastoralism and Land Group ont mis en place une campagne. Le gouvernement a déclaré avoir expulsé les pasteurs car leurs mauvaises techniques agricoles et d’irrigation contribuaient à la rareté de l’eau, qu’ils stockaient audelà de leurs capacités de charge, et qu’ils occasionnaient des conflits entre les différents groupes d’utilisateurs des terres. Mais une étude de la JOLIT, des ONG partenaires de pasteurs autochtones et du LARRRI a révélé que la réduction des quantités d’eau dans cette région remonte au milieu des années 1970 et est liée à l’établissement d’un vaste système d’irrigation moderne pour les rizières du bassin.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, une importante réduction du bétail a eu lieu et il n’existe donc pas de preuves scientifiques concluantes liant le pastoralisme à cette dégradation. En avril 2007, la campagne a conduit à l’établissement d’une Commission présidentielle d’enquête pour analyser ces expulsions.