Les producteurs d'olive palestiniens savent qu'il est difficile de planifier l'avenir. Crédit: Oxfam
Les producteurs d'olive palestiniens savent qu'il est difficile de planifier l'avenir

L’huile d’olive palestinienne arrive sur la scène internationale

Depuis des siècles, les cultures agricoles comme la production d’olives sont la principale source de revenus pour de nombreux Palestiniens. Aujourd’hui, la rentabilité de cette activité s’avère plus que médiocre. Entre les confiscations de terres, l’incapacité d’accéder aux marchés en raison des nombreux postes de contrôle et des fermetures, et la pénurie d’eau, les agriculteurs en Cisjordanie ont du mal à payer leurs frais et à joindre les deux bouts.

Les producteurs d’olives ont été touchés le plus durement. Malgré leur capacité à produire des quantités excédentaires, il est difficile d'exporter l'huile d'olive en raison du coût d’exportation élevé des produits palestiniens.

Tael Misaf, un agriculteur du village cisjordanien de Beni Zeid, déclare qu’il y a seulement 7 ans, il devait stocker son huile d’olive à la maison. « Après la seconde intifada, il ne me vint même pas à l’esprit de vendre mon huile car tous les marchés étaient fermés », explique-t-il. « Je stockais l’huile jusqu’à ce qu’elle soit gâchée, et ensuite j’ai pensé tout arrêter », ajoute-t-il.

Toutefois, au lieu d’abandonner ses arbres, Tael et 31 autres agriculteurs du même village se sont regroupés pour fonder la Coopérative Beni Zeid pour la Production d’huile d’olive biologique. Aujourd’hui, l’huile d’olive de Tael se vend en Grande-Bretagne, bien que ce soit en quantités limitées, dans les boutiques spécialisées, les épiceries fines et autres marchés d’alimentation.

Une huile vendue à prix d’or sur les marchés du monde entier

Bassem Safir, Coopérative Bani Zeid : « Parce que la coopérative est certifiée "de commerce équitable" j'obtiens des prix plus élevés. Avec l'argent je veux construire une citerne pour l'irrigation ».

Grâce au financement de la Commission européenne et en partenariat avec le Syndicat des agriculteurs palestiniens et le Centre de développement du commerce équitable de l’Université de Bethléem, Oxfam GB a mis en œuvre un projet de deux ans, fournissant une assistance technique et des conseils à 30 coopératives comme celle de Tael, pour que leurs produits puissent obtenir le statut « issu du commerce équitable » et la certification biologique. Grâce à la marque « Commerce équitable », leur huile peut accéder aux marchés mondiaux et atteindre des prix élevés.

Beaucoup de petits exploitants du monde entier bénéficient depuis longtemps du commerce équitable mais ce projet est le premier de ce genre en Palestine. Ce projet est d’autant plus passionnant que, à la fin de l’année 2008, cette huile d’olive produite par les producteurs palestiniens fut la première au monde à obtenir la certification internationale de la FLO (Fairtrade Labeling Organization International). Cette huile tant prisée est aujourd’hui commercialisée par Zaytoun, une entreprise de négoce britannique responsable qui a conclu un contrat de longue durée avec les agriculteurs pour leur acheter toute l’huile d’olive qu’ils souhaiteront vendre.

Un avantage concurrentiel

Jamil Hijzin, coordinateur de projet au sein du Centre de développement du commerce équitable, déclare que le plus important pour les producteurs d’huile d’olive palestiniens est que la marque « Commerce équitable » offre de nouvelles compétences aux agriculteurs, pouvant leur permettre de devenir indépendants financièrement. Tout au long du projet, les agriculteurs reçoivent des formations en marketing, gestion, établissement des prix et reporting. En association avec un produit de qualité supérieure, ces outils peuvent les aider à obtenir un avantage concurrentiel, quel que soit le lieu de vente.

Néanmoins, les producteurs d’olives savent qu’il est difficile de planifier à long terme. Les obstacles comme la barrière de séparation israélienne ont séparé de nombreux agriculteurs de leurs terres. D’autres sont victimes de harcèlement de la part des colons israéliens. En juillet 2009, les colons brûlèrent 1 500 oliviers lors d'un seul incident dans le village palestinien de Burin, situé juste à l’extérieur de Nablus, la deuxième région la plus importante pour la production d’olives. Des centaines d'agriculteurs se retrouvèrent sans rien à récolter.

Il y a beaucoup de choses que les producteurs d’olives palestiniens ne peuvent pas contrôler mais Jamil est convaincu que, avec le soutien nécessaire au secteur de l'huile d'olive, la quantité et la qualité de l'huile d'olive palestinienne peuvent continuer à croître.

« L’huile d’olive étant un moyen de subsistance tellement important pour les Palestiniens, cette initiative est pour moi plus qu’un projet », déclare Jamil.

Texte original: sur le site d'Oxfam Grande-Bretagne

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