Photos : comment des communautés de Turkana font face à la sécheresse
Le photographe Alejandro Chaskielberg s’est rendu avec Oxfam dans la région de Turkana, au nord du Kenya, afin de rencontrer les communautés pastorales et de témoigner de leur combat quotidien pour faire face à la sécheresse.
Oxfam développe plusieurs projets destinés à aider ces communautés à s’adapter sur du long terme, en reconstituant leurs troupeaux ou en proposant de nouvelles activités et nouvelles sources de revenus. Un programme développé dans les villages de Riokomor, Karebur et Nayenaeemeyan, au nord de la région du Turkana permet ainsi à 400 familles d’augmenter leurs revenus et d’améliorer la qualité de leur alimentation en créant des parcelles de terre adaptées à la culture de légumes. Légumes que les familles peuvent consommer directement et vendre sur les marchés. Oxfam fournit aux bénéficiaires de ces programmes houes, râteaux, arrosoirs, matériaux pour fabriquer des clôtures et graines. Les parcelles sont irriguées grâce à des petits points d'eau, puits ou pompes manuelles, situées à proximité des jardins.
Les photographies d’Alejandro Chaskielberg ont été réalisées de nuit, au clair de lune et avec l'ajout dans certains cas de lumière artificielle, selon un procédé que le photographe argentin avait déjà utilisé lors de précédents reportages et qui met en valeur la force de ces communautés.
John vit près du village de Lomekui, sur les bords du lac Turkana, avec ses 2 femmes et leurs 10 enfants. La sécheresse a décimé la plupart de son bétail. Il a reçu 4 chameaux et 20 chèvres dans le cadre d’un programme de réapprovisionnement d’Oxfam. « Vivre ici pendant la sécheresse est un véritable défi, le bétail ne produit plus rien et il y a peu d’alternatives. Quand Oxfam m’a donné ce bétail, c’était le plus beau jour de ma vie. J’ai envie d’agrandir mon troupeau et d’élever mes bêtes. »
Elisabeth et ses huit enfants vivent dans le village de Natoo, dans le Nord du Turkana, près de Lokitaung. Le mari d'Elisabeth est mort des suites d'une maladie, et elle doit désormais subvenir seule aux besoins de ses enfants. « J'aime le mode de vie pastoral, mais élever des animaux n'est plus viable. En cas de sécheresse, les animaux meurent, et vous vous retrouvez sans rien. Si je pouvais, j'aurais ma propre affaire pour avoir une source de revenus. »
Des femmes posent devant leur jardin, développé dans le cadre d’un projet d’Oxfam. Ce programme de création de jardin leur permet d'améliorer le régime nutritionnel de leurs enfants, tandis que la vente des récoltes excédentaires leur fournit une petite source de revenus supplémentaires, qui peuvent être affectés à d'autres dépenses domestiques et à l'éducation. 88% des bénéficiaires de ce programme sont des femmes.
La famille de Mary Abato possédait plus de 100 chèvres avant la sécheresse. Il ne lui en reste plus que 10. Elle avait également une petite boutique, mais elle a été détruite par une inondation soudaine. Aujourd'hui, elle survit uniquement grâce à l'aide alimentaire et à la vente de charbon. Oxfam a mis en place des distributions de nourriture pendant 6 mois dans le village de Kaalatum.
Tioko Korima, 20 ans, arrose les légumes qu'elle cultive dans son jardin, développé avec l'aide d'Oxfam.
Rebecca est née sur les hauteurs, mais s'est installée dans le village de Natoo quand ça famille a été tuée au cours d'une attaque.Rebecca et son mari ont perdu tout leur bétail durant la sécheresse. Aujourd'hui Rebecca bénéficie du programme de création de jardins d'Oxfam et espère avoir sa propre exploitation. « Quand ce programme de jardins a commencé, ça a vraiment changé ma vie. Je peux désormais donner des légumes à manger à mes enfants et les envoyer à l'école. »
Enfants du village de Katiko, dans la région du Turkana.
Napva Kaanyang, 22 ans (à gauche) et Losike Kangirwa, 21 ans (à droite) puisent l'eau à la pompe du village de Natoo, pour que les femmes puissent arroser les jardins.
Village de Kaalatum. Imanna, 15 ans (à gauche), et son jeune frère Lopili, 7 ans (au milieu), emmènent leurs dernières chèvres s'abreuver au lac. Leur famille possédait plus de 100 chèvres, mais il ne leur en reste plus que 10, à cause de la sécheresse. A droite, Julias Lotortin, 35 ans.
Peter Lokonyi travaille comme pêcheur sur le lac de Turkana. "Je rêve d’être propriétaire de ma propre affaire, pour subvenir aux besoins de ma famille", explique-t-il.
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