OMC: Un an après Hong Kong, les négociations restent bloquées, aucun progrès en matière de développement

Publié le : 12 Décembre 2006

Un an après la fort peu concluante Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Hong Kong, les négociateurs n’ont pas réussi à progresser vers un accord portant sur les réformes commerciales destinées à promouvoir le développement. Et la pression sur les pays en voie de développement s’accentue, déclare l’organisation internationale Oxfam.

Malgré leur affirmation d’engagement continu au cours des négociations multilatérales, l’Union européenne et les Etats-Unis n’ont guère amélioré leurs propositions faites à Hong Kong. Au contraire, ils ont recentré leur attention sur un agenda régional et bilatéral agressif, protégeant avec zèle leurs subventions à l’agriculture et leurs barrières tarifaires tout en poussant les pays en développement à ouvrir leurs marchés.

Céline Charveriat, Directrice de la campagne d’Oxfam International “Pour un commerce équitable” : “Il est difficile d’identifier des progrès, car aucune des puissances majeures n’a marqué la moindre volonté de changer en profondeur ses propositions. Nous sommes encore bien loin d’un accord pour le développement, pourtant absolument nécessaire.”

Selon Oxfam, les négociations sur le commerce devraient reprendre pour de bon, mais seulement si les membres acceptent de se re-concentrer sur le mandat initial, donnant la priorité aux réformes permettant de promouvoir le développement. Les pays pauvres ne devraient pas être forcés d’accepter un mauvais accord sous prétexte de satisfaire des délais artificiels, comme l’expiration de l’Autorité pour la Promotion du Commerce des Etats-Unis. “Les négociations doivent être réorientées vers les priorités des pays en développement et respecter leurs préoccupations légitimes. Le pire résultat imaginable serait un accord adopté pour simplement respecter les délais, entraîçnant des sacrifices dommageables pour les pays pauvres », déclare Charveriat.

Ces derniers mois, les Etats-Unis ont fait pression sur le G33, un groupe de pays en développement qui cherche à obtenir une certaine flexibilité dans les politiques commerciales afin de promouvoir la sécurité alimentaire et de meilleurs revenus dans les campagnes. Les Etats-Unis se sont surtout focalisés sur l’accès au marché Indien pour quatre denrées : le riz, le maïs, le blé et le soja. Ces productions, fortement subventionnées aux Etats-Unis, sont primordiales pour les cultivateurs pauvres en Inde.

Oxfam considère que les Etats-Unis devraient diminuer la pression. Il faut qu’ils fassent preuve de leur volonté de négocier, en acceptant de réformer les subventions à effets de distorsion inclues dans leur Loi Agricole (Farm Bill), qui sera revue en 2007. Céline Charveriat : « La Loi Agricole de 2002 constitue un problème majeur dans les négociations commerciales. Le Congrès des Etats-Unis pourrait permettre de débloquer ces négociations en approuvant, dès l’année prochaine, une réforme de la Loi Agricole favorable au développement. »

Oxfam a également appelé l’Europe à améliorer son offre à l’OMC concernant l’accès au marché agricole, plus particulièrement pour les produits intéressants pour les pays en développement. Dans les négociations sur le commerce régional, l’UE doit également tempérer ses exigences, agressives et défavorables au développement.

En l’absence de progrès significatifs vers un nouvel accord à l’OMC, les pays riches devraient agir immédiatement pour aider les pays en développement à davantage bénéficier du commerce, en approuvant la création d’un programme substantiel d’aide au commerce et en proposant un accès sans droits de douane ni contingents à tous les marchés des pays développés pour les pays les plus pauvres.

Charveriat : “Si, comme il l’a confirmé la semaine dernière, le Brésil peut offrir un accès en franchise de droits aux pays les plus pauvres, pourquoi les Etats-Unis ou le Japon ne le pourraient-ils pas ? Les pays pauvres ne doivent pas payer le prix fort pour des retards de négociation entièrement dus à l’intransigeance des pays riches. »

Oxfam a affirmé que l’OMC était toujours la meilleure enceinte pour négocier les réformes commerciales mais a néanmoins insisté sur le fait que chaque membre doit respecter le mandat et s’engager à suivre la voie d’un processus transparent et non exclusif.

Contacts

Pour toute information
Veuillez contacter: Amy Barry au Brésil au +556133214044, Romain Benicchio à Genève au +41223212372, ou Matt Grainger à Oxford on +441865339128

En savoir plus sur :