La violence armée décourage des Haïtiens d’aller voter aux élections présidentielles

Publié le : 7 Février 2006

Selon des candidats aux élections haïtiennes, la livraison d’armes dans le pays doit absolument cesser. De nombreux Haïtiens risquent de ne pas aller voter aux élections présidentielles qui auront lieu le mardi 7 février par crainte de la violence armée, a prévenu aujourd’hui l’organisme d’aide internationale Oxfam.

Selon des candidats aux élections haïtiennes, la livraison d’armes dans le pays doit absolument cesser. De nombreux Haïtiens risquent de ne pas aller voter aux élections présidentielles qui auront lieu le mardi 7 février par crainte de la violence armée, a prévenu aujourd’hui l’organisme d’aide internationale Oxfam.

La violence armée qui a cours à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, est alimentée par quelque 210 000 armes en circulation qui proviennent pour la plupart de l’étranger. Les autorités haïtiennes ont mis sur pied de grands bureaux de scrutin centralisés qui doivent accueillir des milliers d’électeurs. De nombreux Haïtiens auront donc des kilomètres à franchir pour prendre part aux élections, les premières depuis le départ du président Aristide en février 2004. Bon nombre de personnes ont cependant confié à Oxfam qu’elles n’iraient pas voter de crainte d’être victimes de la violence armée.

« De nombreux résidants de Port-au-Prince nous ont dit qu’ils avaient bien trop peur pour se rendre au bureau de scrutin mardi. Depuis deux ans, une vague de violence fait d’innocentes victimes à Haïti. », a déclaré Yolette Étienne, représentante d’Oxfam en Haïti.

Oxfam International prépare une campagne nationale contre la violence armée en Haïti. L’organisme aide à mettre sur pied un comité formé d’organisations nationales et internationales pour mener cette campagne et conjuguera ses efforts à ceux d’un millier de jeunes gens dans les régions les plus frappées par la violence armée.

« À Port-au-Prince, c’est le règne de la violence en dépit de la présence des forces de maintien de la paix de l’ONU. Et ce sont les gens les plus démunis, ceux qui vivent dans des bidonvilles comme Cité Soleil, qui souffrent le plus. Vaincre la violence n’est pas chose facile. Et il y a beaucoup à faire en Haïti. Les États membres de l’ONU, y compris le Canada, peuvent jouer un rôle crucial en lançant cette année les négociations visant l’adoption d’un traité sur le commerce des armes », a ajouté Yolette Étienne.

Des négociations visant la conclusion d’un traité sur le commerce des armes, qui interdirait la vente d’armes aux pays où elles risquent d’être utilisées en contravention des droits de la personne, devront commencer cette année après une conférence historique de l’ONU sur le contrôle des armes légères en juin.

Haïti ne fabrique pas d’armes à feu, exception faite des fusils « créoles » de facture artisanale. Tous les groupes armés disparates du pays dépendent en majeure partie, pour leur approvisionnement en armes, du transfert clandestin d’armes en provenance de pays de la région. 

Contacts

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Stefaan Declercq, secrétaire général Oxfam-Solidarité, Tèl. +32(0)2-501 67 08 - gsm 0476-46 30 53

Ka Aneca, responsable Haïti - Oxfam-Solidarité - Tél. +32(0)2-501 67 45

Oxfam a déjà publié un rapport, le 9 janvier dernier, intitulé « The call for tough arms controls, Voices from Haiti ».

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