Ne plus avoir peur

Une action régionale pour protéger les civils dans les zones affectées par la LRA

Publié le : 22 Octobre 2010

Au moment où, le 7 octobre 2010, le Groupe de Contact des bailleurs de fonds de la région des Grands Lacs se prépare à débattre du problème de l’Armée de résistance du Seigneur (en anglais Lord’s Resistance Army, LRA), les souffrances terribles des communautés directement affectées exigent que les participants à cette réunion tiennent compte de trois dures réalités:

  1. La LRA constitue un problème régional et dès lors requiert une réponse régionale et internationale concertée.

  2. Le problème est urgent et ne va pas décroissant : ne pas y consacrer dès maintenant les efforts et ressources nécessaires ne fera que reporter à demain la gestion d’une catastrophe humaine encore plus grande.

  3. Les efforts actuels sont insuffisants pour protéger les civils et peuvent même involontairement les mettre encore plus en péril : la protection des civils ne peut être laissée au hasard – ni aux communautés elles-mêmes.

Que le gouvernement des Etats-Unis, la Banque mondiale, l'ONU, l'UA et l'UE aient récemment porté une attention accrue à la problématique de la LRA constitue potentiellement une bonne nouvelle pour les nombreuses communautés affectées par la milice. Faire de ce potentiel une réalité demandera toutefois une volonté politique, une concertation et une vision à long terme bien supérieures à celles qui ont jusque-là caractérisé la réponse internationale et régionale à la LRA.

Recommandations

Les membres du Groupe de Contact devront promouvoir une action concertée au niveau national et international pour faire face à la menace que présente la LRA pour les populations civiles à travers la région.

  • Mieux tirer profit des ressources existantes : les missions de maintien de la paix doivent revoir leurs stratégies face à la menace de la LRA et établir une coordination efficace entre les missions pour la protection des civils ; leur coordination avec les acteurs humanitaires en matière de sécurité doit être renforcée pour permettre une extension de l’assistance ; les armées nationales doivent être adéquatement appuyées et disciplinées pour proposer une protection renforcée aux populations ; le rôle d’Envoyé(e) spécial(e) de l’UA ou de l’ONU aux zones affectées par la LRA doit être renouvelé dans le cadre d’une action non militaire accrue pour promouvoir le désarmement.
  • Accroître les ressources en lien avec les besoins : les effectifs d’acteurs de protection internationaux et nationaux doivent être accrus dans les zones où la population civile se trouve le plus à risque ; le volume de l’assistance humanitaire doit être augmenté de manière significative ; un programme ciblé de construction et de réhabilitation de routes et une extension majeure de l’infrastructure de communication (téléphonie mobile) sont nécessaires pour pallier les vulnérabilités structurelles des zones affectées ; des mécanismes d’alerte précoce liés à une capacité de réponse renforcée doivent être mis en place en tenant compte des risques accrus qu’ils peuvent présenter pour les civils.
  • Tenir compte des risques de toute action militaire : la protection des populations doit être au centre de l’action internationale et régionale pour faire face à la menace de la LRA, dans le cadre d’une stratégie commune impliquant les forces armées nationales et les missions de maintien de la paix dans la région et tenant compte de leurs capacités respectives.