L'UE peut-elle montrer le chemin ?

Il est temps de faire sortir de l'impasse les pourparlers sur le climat

Publié le : 28 Mai 2009

Il est terriblement important pour le monde entier, et particulièrement pour ses habitants les plus pauvres, que les pourparlers de l'ONU à Copenhague, en décembre, débouchent sur un accord concernant le climat. Le changement climatique a déjà des conséquences sur la vie des populations des pays en développement : multiplication des inondations et des sécheresses, montée du niveau des mers, changement de la structure des précipitations et diminution des récoltes – les populations ont ainsi de plus en plus de difficultés à échapper à la pauvreté.

Lorsque les dirigeants européens se rencontreront pour le Sommet européen les 18 et 19 juin, il ne restera que 172 jours avant la réunion de Copenhague. L'absence de leadership européen pour catalyser dès à présent les négociations mondiales est source de frustration et de préoccupation pour tous ceux qui savent qu'un accord sur le climat est une condition indispensable pour la réduction de la pauvreté, la justice et le futur de notre planète.

L'UE peut et doit redonner au climat une position prioritaire, sinon il sera difficile d'espérer qu'un accord soit conclu en décembre. Lors du Sommet européen de juin, les dirigeants de l'UE devront relever les défis politiques qui accompagnent les pourparlers sur le climat et saisir la balle au bond. Lors du sommet de juin, il faut que l'UE : 

  • Donne une indication claire et spécifique du montant du financement des mesures d'adaptation et d'atténuation que les pays développés devraient offrir aux pays en développement, dans le cadre d'un accord à Copenhague (c'est-à-dire faire de ce montant une condition sine qua non de l'accord). Cela devrait se situer autour de 110 milliards de dollars annuels, au bas mot.
  • S'engage à ce que l'Europe paie la part qui lui revient – Selon Oxfam, il s'agit environ d'un tiers du montant total, en se basant sur le degré de responsabilité et les capacités, sous condition que les autres parties paient aussi la part qui leur revient.
  • S'engage à ce que son offre de financement des mesures d'adaptation et d'atténuation vienne véritablement compléter les objectifs d’aide publique au développement et les financements existants ;
  • Donne une indication claire et spécifique du montant du financement des mesures d'adaptation, de foresterie et d'atténuation que les pays développés devraient offrir aux pays en développement, dans le cadre d'un accord à Copenhague.
  • Spécifie quels sont les mécanismes envisagés par l'UE pour rassembler les fonds. Ceux-ci pourraient inclure un engagement plus contraignant vis-à-vis des revenus générés par la mise aux enchères des quotas d’émission.
  • Rende immédiatement disponibles des fonds importants destinés à l'adaptation pour un usage pré-2012 ; les pays les moins avancés demandent actuellement que 2 milliards de dollars leur soit octroyés pour répondre à leurs besoins urgents d'adaptation. De cette manière, l’UE montrerait qu’elle reconnaît l'impact que le changement climatique a déjà eu ainsi que la part de responsabilité des pays riches. Cela permettrait aussi d'établir une relation de confiance avec les pays en développement, qui fait aujourd'hui cruellement défaut.
  • Formule clairement sa position concernant la gouvernance des fonds réservés au changement climatique, qui doit s'accompagner d'un soutien pour la réforme du système actuel et se départir de la mentalité de donateur-bénéficiaire, et au centre de laquelle doit se trouver l'ONU, avec une représentation égale des pays en développement.