Climat : Doha débute sans aucune garantie sur le respect des engagements financiers pris à Copenhague

“Il y a un vrai danger que les financements climat soient réduits en 2013 alors qu’ils devraient au contraire être augmentés.”
Tim Gore
Conseiller d’Oxfam sur les changements climatiques
Publié le : 25 Novembre 2012

La plupart des promesses de financements climatiques réalisées jusqu’ici sont des prêts ou des fonds recyclés

Selon une note publiée par Oxfam en amont de la conférence de Doha sur le climat, les pays en développement n’ont toujours aucune certitude quant aux financements qu’ils vont obtenir à partir de 2013 pour réduire leurs émissions de CO2 et s’adapter aux impacts dévastateurs du changement climatique.

Durant les discussions de Copenhague en 2009, les pays développés s‘étaient engagés à financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 les financements climat et ont effectué un premier versement de 30 milliards de dollars entre 2010 et 2012, appelé « financement précoce ». Dans un peu plus d’un mois, cet engagement va expirer, alors que les caisses du Fonds vert pour le climat restent vides.

Oxfam publie ce dimanche 25 novembre une note sur les engagements des pays développés au titre des financements précoces. Malgré le fait que l’accord conclu à Copenhague indique que les financements climat seraient « nouveaux et additionnels », Oxfam estime que seulement 33% du financement précoce peut être considéré comme nouveau – le reste des financements ayant été promis avant la conférence de Copenhague – et que 24% tout au plus était additionnel aux promesses d’aide antérieures.

Des financements sous forme de prêts

Seulement 43% du financement précoce a été versé sous forme de subventions. Celui-ci est en fait en grande partie constitué de prêts que les pays en développement devront rembourser avec différents niveaux d’intérêts. A peine 21% des fonds sont réservés au soutien aux programmes d’adaptation, afin d’aider les communautés à devenir plus résilientes face aux impacts du changement climatique.

Pour Tim Gore, conseiller d’Oxfam sur les changements climatiques, « ces déficits de financements, les évènements météorologiques extrêmes et la fin des financements précoces en décembre prochain devraient pousser les dirigeants politiques à travailler de toute urgence pour augmenter les financements climat à Doha ».

« Alors que l’année 2012 s’achève, les pays en développement n’ont aucune certitude quant à la façon dont ils seront soutenus pour s’adapter au changement climatique », ajoute Tim Gore.

A la recherche de nouvelles sources de financement

« Il y a un vrai danger que les financements climat soient réduits en 2013 alors qu’ils devraient au contraire être augmentés.

« Les négociations climatiques de cette année ont lieu juste après la tempête Sandy, un désastre aggravé par le changement climatique. Les sécheresses qui ont eu lieu en 2012 aux Etats-Unis et en Russie, provoquant une flambée des prix alimentaires et fragilisant l’accès à la nourriture pour les ménages les plus pauvres dans les pays en développement, ont démontré l’urgence des financements climat.

« Les pays développés doivent trouver de nouvelles sources de financement en complément des budgets d’aide publique au développement afin d’honorer leur engagement de 100 milliards de dollars sans avoir à détourner cet argent d’autres priorités liées à la lutte contre la pauvreté, comme la santé ou l’éducation. »

Le protocole de Kyoto à la croisée des chemins

« Les dirigeants politiques doivent véritablement étudier les nouvelles sources de financements, comme un mécanisme sur les émissions du transport maritime ou de nouvelles taxes sur les transactions financières afin de générer des revenus pour le Fonds vert de l’ONU pour le climat. »

« Si les dirigeants réunis à Doha ne fournissent pas de nouveaux financements, le Fonds verts pour le climat risque de rester une coquille vide pour les trois ans à venir » conclut Tim Gore.

Le protocole de Kyoto, dont la première période d’engagement finit en 2012, est lui aussi à la croisée des chemins. Oxfam appelle la communauté internationale à adopter et finaliser une seconde période d’engagement, avec des règles rigoureuses et de nouvelles mesures pour réduire les émissions.

En savoir plus

Télécharger le rapport (en anglais) : The looming climate ‘fiscal cliff’: An evaluation of Fast Start Finance and its lessons for the future

Contacts

Les membres de la délégation d'Oxfam présents à Doha sont disponibles pour toutes informations et demandes d'interviews :

Sunita Bose, responsable média - Justice économique, Oxfam : +1 650 353 1936

Permalink: http://oxf.am/3xc